C'est un tort égal de pécher par excès ou par défaut.
La lecture encombre la mémoire et empêche de penser.
Est-ce donc nuire aux gens que de leur donner la liberté d'esprit ?
Il faut être deux pour être trois.
Les choses ne sont pas bonnes parce qu'elles sont anciennes ; elles sont anciennes parce qu'elles sont bonnes.
Ne donnez jamais rien à vos enfants si vous voulez être sûr qu'ils vous le rendent un jour.
Oui : ce seul mot qui cimente tous les mariages n'est peut-être si court que parce qu'on craint la réflexion.
Le sport est bien affaire de frissons.
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.
Le monothéisme est plus répandu que la monogamie parce qu'il est plus facile de se contenter d'un seul dieu que d'une seule femme.
Dieu est une pensée qui rend courbe ce qui est droit, fait tourner ce qui est immobile.
L'innocence prend toujours l'accent violent de la candeur.
Il te restera toujours assez de temps à perdre si tu n'en donnes pas à des sottises.
Il faut être bien féroce, ou bien loyal envers soi, pour n'être pas égalitaire quand on est riche.
Tout prend, à mesure qu'on vieillit, l'allure du souvenir, même le présent. On se considère soi-même comme déjà passé.
Tenir un journal. Une manière comme une autre de récapituler, de savoir où on en est rendu. Ça aide des fois à trouver la solution plus vite.
Errer est humain, persévérer dans l'erreur est diabolique.
L'audacieux préfère son risque à la vie, et même à la gloire.
Ecrire, c'est espérer. Ecrire, c'est transformer une chose en une autre. C'est se solidariser avec les autres. Ecrire, c'est l'essentiel dans sa pureté.
Rien ne vaut l'expérimentation quand on se met à douter du réel ce qui revient, assez paradoxalement, au même qu'à douter de la fiction.
Regarde avec tes oreilles.
Si un homme de l'âge de pierre avait dû réfléchir sur un sourire, cela l'aurait exténué.
On ne fraye jamais avec un homme célèbre, une personnalité comme ils disent, sans être tenté d'en profiter un peu.
Aucun héritage n'est beau Mais n'est-ce pas survivre un peu ? Non, c'est mourir davantage.
La vie crée des motifs aléatoires. Ils sont chaotiques et emprunts d'une beauté que j'essaie de capturer lorsqu'ils passent, car qui sait s'ils reviendront un jour.
Notre destin n'est vraiment qu'un assemblage d'images folles auquel nous sommes parfois forcés, aussi fous qu'elles, de donner corps.
La multitude de ceux qui se livrent au plaisir sans respect a plus fait pour le déshonorer que ceux qui le condamnent et s'en abstiennent.
La médiocrité obtient plus en s'appliquant que la supériorité qui ne s'applique pas.
L'espace est ce qui fait que tout n'est pas à la même place. Le langage est ce qui fait que tout ne signifie pas la même chose.
Mieux vaut la froideur que la comédie.
C'est le déclin quand l'homme se dit "Que va-t-il se passer ?", au lieu de dire "Que vais-je faire ?"
Les cicatrices psychiques laissées par le simple fait de se croire laide marquent à jamais la personnalité.
Juger la vie n'est pas la refuser, c'est au contraire l'accepter en plénitude.
Le silence est comme l'ébauche de mille métamorphoses.
Dans les grandes émotions, la solitude est parfois salutaire.
Les parents ne devraient jamais se réjouir d'avoir des enfants trop sages. Ce n'est jamais qu'une façon de déserter.
Les physiciens peuvent enterrer leurs erreurs, les architectes seulement conseiller à leurs clients de planter des plantes grimpantes. Aussi devraient-ils aller le plus loin possible de chez eux pour édifier leurs premières constructions.
Garder son argent dans sa poche est le meilleur moyen de ne pas le dépenser.
Le théâtre doit faire des propositions qui permettent d'appréhender le chaos de la langue des médias et des modes. Sa langue doit être un foyer de réflexion.
Sous le doux miel se cachent de cruels poisons.
Le féminisme ne peut être une question de sexe puisque le Français est plus femme que l'Anglaise.
Nous sentons et expérimentons que nous sommes éternels.
La pensée doit passer par le coeur pour être rendue active et prendre un sens.
La vraie justice, c'est peut-être ça : être capable de dire merci à ceux qui vous ont fait du bien et de ne pas lécher la main de ceux qui vous ont nui.
C'est bizarre, un voeu. Ça meurt, comme un flocon sur le doigt. Au début c'est inoffensif et les dieux ne se vengent pas.
La parodie n'est-elle pas le destin éternel de l'homme ?
Le combat est aussi l'ultime recours de ceux sur qui pèsent le plus durement le poids des violences institutionnelles.
Tout n'est qu'apparence, non ?
Il y a tant de choses à voir.
Une théorie ne ressemble pas plus à un fait qu'une photographie ne ressemble à son modèle.