Lorsque les plaisirs nous ont épuisé, nous croyons avoir épuisé les plaisirs ; et nous disons que rien ne peut remplir le coeur de l'homme.
Autrefois les fous, victimes de Dieu, souffraient de délire religieux. Aujourd'hui, victimes du bonheur obligatoire, ils souffrent de leur sexe.
Seuls les riches peuvent être ruinés, Seuls les malades peuvent guérir ; Voilà encore deux grandes injustices de la vie.
La dernière fois est toujours une fois de trop.
Quand le fanatisme entre dans la cervelle d'un homme de parti, il n'y a que la mort qui puisse le délivrer.
La politique est une entreprise d'autant plus facile qu'elle consiste à tromper des gens qui se doutent qu'on les trompe.
Si la liberté grise, la famille rassure.
Le romancier s'inspire de sa vie ou de celle des autres, il raconte des histoires vécues en lui ou autour de lui. Le reste est littérature, syntaxe et stylistique.
Il y aura toujours des femmes trompées, des hommes trahis, le pacte conjugal n'est pas plus solide qu'un traité entre nations.
Presque toute vie d'homme est corrompue par le besoin qu'il a de justifier son existence.
Rien n'étonne plus les hommes que le bon sens.
Une autre définition du bonheur : la solitude auprès d'un être cher.
Le mariage est le miracle qui transforme le baiser d'un plaisir à un devoir.
Que soient nombreux ceux que tu salues, mais pour tes conseillers n'en aie qu'un entre mille.
Quand nous trompons nos femmes, si nous avions autant de remords que de plaisir, la vie ne serait plus tenable.
Il n'y a rien de vivant dans une cellule sauf l'ensemble.
La mer profonde peut être sondée. Mais qui peut vraiment connaître le coeur de l'homme ?
Pour bien arriver, il faut d'abord arriver soi-même, puis, que les autres n'arrivent pas.
La mort elle aussi brille par son absence.
La dictature n'est rien d'autre qu'une machine à fabriquer du passé avec de l'avenir.
Dans les grands jours, les enfants sont des hommes.
L'aristocratie n'existant plus, l'étrange pouvoir qui reste paradoxalement le sien, c'est le privilège de mesurer la hiérarchie des illusions.
Pourquoi avoir peur du bonheur ?
Notre destinée sera ce que nous l'aurons faite. Il ne faut pas attendre que les autres nous la construisent.
La tendresse et le ridicule ont parfois un air de famille.
Rien n'est plus important pour soi que soi-même.
La sagesse suprême, c'est de regarder le monde comme un message publicitaire.
La crétinerie est une qualité essentielle au tennis.
Les sentiers battus n'offrent guère de richesse ; les autres en sont pleins.
L'homme, depuis sa naissance, est coincé entre deux mirages : l'un qui le pousse dans le dos et qui est la mort, l'autre étant l'horizon de la vie qui recule sans cesse.
Un homme ennuyeux est un homme incapable de s'ennuyer.
Il est difficile de dire qui vous cause le plus de tort, des ennemis animés des pires intentions, ou des amis animés des meilleurs.
La mort. Cela ne s'apprend pas. On ne peut apprendre que ce qu'on peut répéter. La mort est un fait unique et un fait brut. A partir du moment où on ne croit pas à un au-delà ou à une réincarnation, il ne reste plus qu'à accepter le néant.
Les acteurs devraient être traités comme du bétail.
Un homme couvert de crimes est toujours intéressant. C'est une cible pour la miséricorde.
Une rupture est toujours douloureuse, au moins permet-elle de sauvegarder l'essentiel : conserver l'estime de l'autre, éviter le pourrissement dû à l'exaspération, raviver le désir qu'on éprouve pour le monde.
Chaque vers, chaque mot court à l'évènement.
Sans dissidents la fraternité manque de mordant.
La haine soutenant mieux que l'amitié, si l'on pouvait haïr ses amis on leur serait plus utile.
Le fils de l'avare est prodigue, le fils du prodigue avare.
Un tombeau reste toujours la meilleure fortification contre les tempêtes du destin.
Savetier, borne ta critique à la chaussure !
Si vous avez des points noirs sur le nez, ne vous regardez pas dans une glace et ils disparaîtront.
Confrontés au fameux "vertige de la page blanche", certains auteurs sont manifestement tombés dans le vide !
Il est probable que la mort soit moins pénible que la vie.
Je mène la vie d'un oisif en action.
Deux angoisses de l'écriture : ne plus rien avoir à dire, n'avoir jamais fini de dire.
Je n'ai pas de problèmes avec mon physique de jeune premier.
Nous savons maintenant que rêver est une nécessité biologique. Je pense que c'est ce que font les artistes - ils rêvent pour les autres.
Enfant mâle, l'enfant-roi.