Il n'est, je le vois bien, si poltron sur la terre, Qui ne puisse trouver un plus poltron que soi.
Malheur à ceux qui se croient des sages et s'estiment très malins.
C'est la différence d'opinion qui fait les courses de chevaux.
Quoique l'ambition soit un vice, elle est pourtant la mère et la cause de toutes les vertus.
Celui qui n'a pas subi les sévérités d'un maître subira les sévérités de la vie.
Oubli : une éponge qu'on ne trouve jamais quand on en a besoin.
Tant qu'on peut se parer de son propre mérite, on n'emprunte pas celui de ses ancêtres.
La médisance est encore le plus grand lien des sociétés.
Il y a beaucoup d'hommes qui se marient, comme on devient fonctionnaire.
Les trois quarts des folies ne sont que des sottises.
Il y a tellement de rebondissements dans mes livres qu'on les croirait en caoutchouc.
Un écrivain ne lit pas ses confrères, il les surveille.
Les mauvais livres sont ceux qu'on prête en craignant qu'on vous les rende.
On peut changer d'idée alors qu'il est impossible de changer de Dieu. En ce sens, ce Dieu-là me paraît inaccessible.
On aime toujours être vu parmi les gens importants.
Les petits vices font les grands plaisirs.
Pauvreté n'est pas vice. Parbleu ! Un vice est agréable.
Quand une institution démarre, ceux qui la composent se demandent ce qu'ils peuvent faire pour elle ; puis ce qu'elle peut faire pour eux.
L'inconstance est souvent la marque d'une grande puissance de passions.
L'Antiquité conseille de se connaître, l'Eglise de s'oublier... Ce n'est pas contradictoire : on ne se possède qu'en se quittant, et c'est chez les autres qu'on se découvre.
On aime éternellement ceux qu'on aime. On les aime quand ils sont là, parce qu'ils partiront pour vivre autre chose que nous. On les aime quand ils nous quittent, parce qu'ils reviendront nous vivre.
N'est pas heureux qui veut l'être.
La charité. Ce sentiment qu'aime éprouver le riche pour le pauvre.
Mais l'amour... ben l'amour ça ressemble à de l'eau, ça n'a aucune consistance et ça vous fuit entre les doigts, au moment où l'on s'y attend le moins.
Connaître une langue à fond cela signifie connaître à fond le peuple qui la parle.
La mémoire, ce fléau des malheureux.
Afin d'apprécier le vrai bonheur, nous devons voyager vers des pays très lointains, hors de nous-mêmes.
Les circonstances sont les maîtresses des faibles et les outils des sages.
Il y a des livres dangereux comme il y a des amis dangereux. Peut-être faut-il découvrir les uns comme les autres ?
A quoi sert le succès sinon à séduire son père ?
Les ordinateurs modernes se situent quelque part entre l'obsolescence et le néant.
Notre mort n'est que très simple. Celle des autres est insupportable.
Les historiens ressemblent à ces gens sourds qui entreprennent de répondre à des questions qui ne leur ont pas été posées.
C'est une générosité très française que celle que l'on fait sur le dos des autres.
On dirait qu'une fois que les gens ont grandi, ils ne savent plus ce qui est cool.
Le caprice est une couverture qui ne peut couvrir tous les lits.
L'homme, du fait qu'il écrit des livres, se change en univers et le propre d'un univers c'est justement d'être unique. L'existence d'un autre univers le menace dans son essence même.
Sur cent milliardaires, il y a quatre-vingt-dix-neuf fripouilles. Quant au centième, si on remonte son passé, il est pas blanc.
Les mecs, quand tu les as pas sur le ventre, tu les as sur le dos.
Tu n'es pas assez mûr, dis-tu. Attends-tu donc que tu pourrisses ?
Il faut tout dire : le travail donne une satisfaction un peu béate. Il y a dans la paresse un état d'inquiétude qui n'est pas vulgaire, et auquel l'esprit doit peut-être ses plus fines trouvailles.
Folie pour folie, prenons les plus nobles.
Comme la mode fait l'agrément aussi fait-elle la justice.
Les morts ont forcément le dernier mot, ils ne lâchent jamais prise, ils sont en vous désormais.
En même temps, si on était mort, on ne pourrait pas se plaindre de la vie.
Il vaut mieux être infidèle avec l'homme que l'on aime que fidèle avec un homme que l'on aime pas.
Les mots peuvent causer de la confusion et créer des enchevêtrements ; mais l'absence de mots engendre une obscurité totale.
Quand on a reçu un don, on a des obligations. Souviens-toi de la parabole des talents dans l'Évangile. Tu imagines la tête du père de Mozart si, à vingt ans, Wolfgang lui avait dit « J'arrête la musique, je voudrais être footballeur » ?
L'université est une matrice où l'on se sent mal à l'aise, mais où règne une certaine sécurité.
Mon père était ingénieur des eaux et forêts attaché au ministère de l'Agriculture. Donc j'ai passé beaucoup de temps dans les bois. Et les bois, pour un enfant, c'est magique.