La vertu n'a besoin que d'elle-même ; elle rend l'homme aimable durant sa vie, et mémorable après sa mort.
Le puritanisme est la crainte épouvantable que quelqu'un puisse être heureux quelque part.
Principal résultat de l'instruction obligatoire : les graffiti sur les monuments publics.
L'acteur est un sculpteur de neige.
On ne doit pas plus exhiber sa culture que ses biceps. Il faut qu'elle saille sous la phrase comme les muscles sous le vêtement.
Il en est de l'esprit comme de la musique ; plus on l'entend, plus on exige de subtiles nuances.
Le mot "concret" a ceci de particulier que plus on l'évoque, plus il est "abstrait".
Pour l'athée, l'hypothèse de l'existence de Dieu n'est pas à retenir : celle de l'existence du diable reste à considérer. En tout cas des deux hypothèses la deuxième lui paraîtra la moins déraisonnable.
Le succès flatteur est de conquérir et non de conserver.
Il faut finir par se convertir à l'homme, un jour ou l'autre, et au bon Dieu ensuite.
Bien des gens commentent les horreurs qui frappent les autres comme s'ils étaient très soucieux de les aider, alors qu'en réalité ils se complaisent à la souffrance d'autrui, par ce qu'elle leur permet de croire qu'ils sont heureux.
On a tort de craindre la supériorité de l'esprit et de l'âme ; elle est très morale cette supériorité, car tout comprendre rend très indulgent, et sentir profondément inspire une grande bonté.
Tous les crimes sont venus de la tyrannie, qui fut le premier de tous.
La richesse de la pensée est rarement menacée de nationalisation.
L'esclavage nous est quelquefois un bien plus cher que la liberté.
Aimer quelqu'un n'est-ce pas mettre sa félicité dans la sienne ?
La perfection est impossible à atteindre ? Il y en a pourtant qui la détruisent.
Un professeur de lycée, après tout, est une personne que nous avons désignée pour expliquer aux jeunes dans quelle sorte de monde ils vivent, comment s'en défendre, et, si possible, le rôle que leurs ainés y jouent.
Peut-on assurer le bonheur de tous au détriment de chacun ?
Les apparences extérieures n'ont jamais trompé personne.
Les plaisirs de l'amour sont toujours en proportion de la crainte.
On a beaucoup discuté la question de savoir si la femme n'était pas un être radicalement débile. Sa débilité n'est qu'apparente ; elle a, en effet, de meilleurs principes de vie que l'homme.
Les hommes politiques finissent toujours par se convaincre plus ou moins de ce qu'ils veulent faire croire à leurs électeurs.
Les livres enseignent tout. Excepté la vie. Celle-ci ne s'apprend qu'en vivant.
On ne guérit pas d'un mal en s'en occupant tout le temps.
On ne trouve jamais complètement désagréable ou inintéressant quelqu'un à qui l'on plaît.
La politique, hélas ! est une jungle, trop souvent une brousse fétide, l'enchevêtrement des intérêts brouille la perspective.
Il est difficile, ici-bas, surtout quand on vit longtemps, de ne point encombrer sa conscience d'un petit péché par-ci, d'un petit péché par-là, plus ou moins consciemment.
Un sot qui a un moment d'esprit étonne et scandalise, comme des chevaux de fiacre au galop.
Assis au carrefour de l'art et de la nature, j'essaie d'élucider où finit Hollywood et où commence le delirium tremens.
Notre monde parviendra un jour à un raffinement tel qu'il sera aussi ridicule de croire en Dieu qu'aujourd'hui de croire aux fantômes.
A la télévision, tout mot doit être utile.
Si les révolutions traînent en longueur, c'est parce qu'on ne prend jamais que des demi-mesures.
A quoi sert de rapiécer les pieds si la tête est ravagée.
Enseigner, c'est toujours jouer aux Danaïdes : ce qui est acquis aujourd'hui est perdu demain.
Le comédien sait très bien ce qu'il apporte, parfois de manière géniale, ne dure que le temps de la représentation. Seul subsiste me souvenir. L'auteur, lui, existe grâce à cette trace qu'est l'écrit.
Le théâtre demeure un des rares espaces où il est encore possible de réfléchir devant et avec les autres.
Le coq a un bec trop petit pour souffler dans une trompette.
L'art est l'expression sacrée de forces invisibles et surnaturelles scellées par les génies.
Le brigand qu'on persécute, l'homme exalté qui injurie, le peuple trompé qui assassine, suivent leur instinct et font leur métier. Mais, l'homme en place qui les tolère, sous quelque prétexte que ce soit, est à jamais déshonoré.
Un génie est un homme comme un autre.
Dans le subconscient des anciens, où naquirent tous les mythes, on ne pouvait croire que la plante et les fleurs ne fussent autre chose que l'apparence que les dieux voulaient bien nous en montrer.
Le flirt avec l'avenir est le pire des conformismes, la lâche flatterie du plus fort. Car l'avenir est toujours plus fort que le présent. C'est bien lui, en effet, qui nous jugera. Et certainement sans aucune compétence.
Personne ne peut ressusciter les morts ni compléter leur destin.
Penser la violence comme une exception, comme une anecdote, c'est une erreur totale.
Déicide : s'indigner contre, bien que le crime ne soit pas fréquent.
La vie est un éternel problème, et l'histoire aussi, et tout. Il s'ajoute sans cesse des chiffres à l'addition. D'une roue qui tourne, comment pouvez-vous compter les rayons ?
La contradiction est la sauvegarde de l'éternité
Dans la mesure où l'éthique naît du désir de dire quelque chose de la signification ultime de la vie, du bien absolu, de ce qui a une valeur absolue, l'éthique ne peut pas être une science.
Le public est un con, le grand public est un grand con.