La grosse truie ne sait pas pourquoi, en la regardant, la maigre rigole.
Le bonheur, c'est une station sur la route entre le pas assez et le trop.
Plus j'avance dans la connaissance de mon "moi", plus je m'approche de la connaissance de Dieu.
L'artiste doit se faire regretter déjà de son vivant !
Qui juge lentement juge sûrement.
Un cinéaste, ça se demande comment va le monde. S'il ne pose pas cette question, il fait du cinéma qui se prend le pouls.
Le peintre doit tendre à l'universalité.
Ce qui importe par-dessus tout dans une oeuvre d'art, c'est la profondeur vitale de laquelle elle a pu jaillir.
Une fois n'est pas coutume.
Au moindre revers funeste, Le masque tombe ; l'homme reste ; et le héros s'évanouit.
On tait tout à l'homme qui se tait ; on lui rend son silence.
Les contraires s'accordent.
La bouillabaisse, c'est du poisson avec du soleil.
La mode est la plus excellente des farces, celle où personne ne rit car tout le monde y joue.
Les discours des hommes ne sont que des masques qu'ils appliquent sur leurs actions.
Ce n'est pas un crime de savoir plusieurs langues, c'est plutôt un malheur.
Croire en Dieu, c'est vivre par quelque chose qui n'existe d'aucune manière dans le monde, sinon dans le langage ambigu de ces phénomènes que nous appelons chiffres ou symboles de la transcendance.
Pour l'athée, l'hypothèse de l'existence de Dieu n'est pas à retenir : celle de l'existence du diable reste à considérer. En tout cas des deux hypothèses la deuxième lui paraîtra la moins déraisonnable.
Lorsque Dieu créa le monde Où tant d'bien et d'mal abonde, L'paradis fut habité D'abord par la liberté.
Le pauvre accepterait bien le rhumatisme du riche.
Nous devons considérer que tous les événements qui nous arrivent sont des événements heureux.
Les admirations de bien des gens donnent la mesure de leur taille. Ils admirent ce qui les dépasse comme le gazon la pâquerette.
Le psychologue : une crème de menthe qui voudrait passer pour une absinthe.
De la vérité l'homme n'est pas capable, aussi n'y a-t-il pas d'erreur plus grave que de croire la tenir.
Les conjurations, lors même qu'elles réussissent, ont le plus souvent de très funestes conséquences, parce qu'elles se font presque toujours contre le tyran et non contre la tyrannie.
Il suffit d'ouvrir un manuel de littérature grecque ou latine pour constater que les belles époques littéraires sont d'un demi-siècle alors que les littératures dites de décadence durent six cent ans.
Il faut se garder de vouloir uniformiser les mentalités.
Dans la vie, il faut choisir : être riche ou bachelier.
Ecrire, c'est une liaison d'amour avec soi et les choses, et les moments et les gens. Ecrire, c'est comme vivre une vie parallèle à sa vie de chaque jour ; c'est le vase purificateur de l'âme et de ses mouvances.
La Bible assure que lorsque Dieu eut fabriqué l'homme et la femme, il en pleura. Comme on le comprend !
La supériorité de la guerre civile sur l'autre, c'est qu'on connaît ceux que l'on tue.
Les attitudes politiques sont fondamentalement une affaire de tripes.
Les grandes trahisons sont toujours effacées par l'histoire.
La mémoire la plus profonde est une mémoire de toute notre destinée.
Conservateur, voilà un mot qui commence bien mal.
Le mal, cette chose qui détruit, comme la rouille.
Quand on commence à poser des questions, on commence à mourir.
L'homme pense pour retenir la pensée qui d'elle-même se dissout.
Il est difficile de rester neutre lorsqu'on est victorieux.
Nulle jouissance n'égale peut-être celle de se posséder dans la sagesse.
Les aubes sont navrantes, le temps n'a point de rives, il coule et nous passons.
La religion commence peut-être au bord de la détresse.
On dirait parfois que les romanciers ignorent les problèmes réels de la vie : ils volent au-dessus d'eux comme des oiseaux au-dessus des pays.
La seule justification du péché c'est qu'il fait du bien par où il passe.
La vie du désir n'a aucune raison de vieillir.
Il n'y a pas de libéralité bien placée, pourvu qu'elle le soit sans calcul et sans ostentation, qui ne vaille mieux qu'une économie.
Le théâtre demeure un des rares espaces où il est encore possible de réfléchir devant et avec les autres.
Tout auteur dramatique digne de ce nom nous met sous le nez l'horreur et la grâce d'exister.
Mourir, c'est aller voir dans l'au-delà si on y est.
L'inventeur des dédicaces n'a pu être qu'un mendiant.