Tout homme a vu le mur qui borne son esprit.
Il y a plus de fous que de sages, et dans le sage même, il y plus de folie que de sagesse.
Les voyageurs parlent d'une espèce d'hommes sauvages, qui soufflent au passant des aiguilles empoisonnées. C'est l'image de nos critiques.
L'espérance est la plus grande de nos folies.
Ne soyez ni obstinés dans le maintien de ce qui s'écroule, ni trop pressés dans l'établissement de ce qui semble s'annoncer.
Un chef avisé montre sa force et dissimule ses points faibles.
La race est la pierre angulaire sur laquelle repose l'équilibre des nations. Elle représente ce qu'il y a de plus stable dans la vie d'un peuple.
Il en est de nos passions comme du feu et de l'eau ; ce sont de bons serviteurs, mais de mauvais maîtres.
Dans les meetings, jadis, j'expliquais que 2 x 2 égale parfois 5. Quelquefois, lorsqu'on se trompe, ça peut faire 3.
La bouillabaisse, c'est du poisson avec du soleil.
La charité est un plaisir dont il faut savoir se passer.
Vouloir tard, ce n'est pas vouloir.
Il est aussi inutile de mettre plusieurs épithètes à un même mot que de payer plusieurs fois la même facture.
Dieu ayant créé le monde ne s'en est pas retiré mais continue à le maintenir à l'être par son souffle créateur, faute de quoi dans la seconde même toutes choses retourneraient au néant.
Une vie qui cherche sa vie n'est pas une vie.
Le pauvre accepterait bien le rhumatisme du riche.
Les plaisirs sont faits pour les gens qui ne s'amusent pas.
Mon père ne m'a jamais expliquer la vie, il vivait, et me laissait le regarder.
Le hasard est une loi que tout le monde applique sans le savoir.
Le vice est un goût que l'on ne partage pas.
Ce que j'appelle vivre n'est pas autre chose que la conscience que l'humanité a d'elle-même.
Assurément les sentiments aussi vieillissent ; il est des modes jusque dans la façon de souffrir ou d'aimer.
Il suffit d'ouvrir un manuel de littérature grecque ou latine pour constater que les belles époques littéraires sont d'un demi-siècle alors que les littératures dites de décadence durent six cent ans.
Il est impossible de contrefaire les choses pour s'inventer la joie.
Quand il gèle et qu'on n'a pas de gants, on supporte l'alliance.
Qui accepte de se frotter aux renards pouilleux consent déjà à se gratter.
On a des femmes bien de l'agrément, à condition qu'on les sorte l'après-midi, qu'on les amuse le soir, qu'on les caresse la nuit et qu'on leur fiche la paix le matin.
Imaginez une société dans laquelle il n'y aurait aucune loi à transgresser. Il est probable qu'on y mourrait rapidement d'ennui.
Les grands philosophes ne réussissent pas mieux que les autres gens auprès des dames.
La vie nous console de mourir, et la mort de vivre.
L'aisance est exigeante et ne cherche qu'à s'accroître : la misère se partage.
Vivre trop vieux, c'est perdre jusqu'à ses souvenirs.
On a beaucoup discuté la question de savoir si la femme n'était pas un être radicalement débile. Sa débilité n'est qu'apparente ; elle a, en effet, de meilleurs principes de vie que l'homme.
Si ténus et si vagues que soient nos rapports avec autrui, on réalise par la suite l'erreur qui nous ferme une porte.
Il faut se défier de la femme qui aime à se laisser dire : - je vous adore, de crainte que, prenant son rôle de divinité au sérieux, et s'autorisant de ce sacrilège, elle ne veuille encore se faire toute-puissante.
La télévision ne connaît pas la nuit. Elle est le jour perpétuel.
Il faut naître à quelque chose tous les jours et c'est toujours aussi douloureux que la première fois.
Rappelez-vous que la liberté n'est belle que dans la mesure où l'on en fait bon usage.
La politique et la guerre sont de bien mauvaises épouses et elles sont toujours infidèles... Elles trompent ceux qui ont un coeur pur et il n'y a que les crapules qui peuvent les défier car eux aussi sont infidèles.
La vraie peur ne défigure pas mais martèle les traits et les durcit.
En se plaignant du peu qu'on a on ne l'augmente pas. On se le gâte, on le perd.
La pitié exclut l'amour.
Les plus grandes réussites sont dues à d'illustres ratés qui n'ont bien tourné qu'après leur mort.
L'amour des possessions est une faiblesse à surmonter. Il s'attache à la part matérielle de l'existence et, si on le laisse prendre de l'importance, il risque de perturber l'équilibre spirituel.
L'occupation de l'humanité n'est qu'une entreprise universelle de démolition. Je parle de l'humanité mâle.
Une bibliothèque est fondée sur le double-registre : "j'ai lu et aimé - je relirai", "j'ai appris - j'aurai besoin", "j'ai annoté et souligné - je profiterai du travail déjà fait".
On ne meurt pas d'un peu de patience supplémentaire.
A quoi sert de rapiécer les pieds si la tête est ravagée.
Il n'y a pas de libéralité bien placée, pourvu qu'elle le soit sans calcul et sans ostentation, qui ne vaille mieux qu'une économie.
Le langage de l'art du théâtre est un langage de proximité. A la mesure de l'homme.