La langue propre à chaque peuple peut devenir un grand pont pour son propre avenir.
La bêtise ne franchit jamais les frontières ; là où elle met le pied, se trouve son territoire.
Plus le corps est faible, plus la pensée agit fortement.
La pauvreté met une sourdine à toutes les activités humaines, sans excepter celle de l'esprit.
Les hommes, ne sont ni dieux ni bêtes : ce sont les petits artisans d'un système et d'un bien-être.
Pour se faire un ami, il faut savoir fermer un oeil. Pour le garder, les deux.
Quand le pain est mouillé, il faut le boire.
Les courtisans sont des pauvres, enrichis par la mendicité.
C'est souvent en compagnie des êtres avec qui l'on pense le moins apprendre qu'on apprend le plus.
Un ami, c'est un être qui ne doute jamais de vous, qui ne vous demande rien et qui est prêt à tout vous donner... C'est un coeur large qui oublie et pardonne... Un ami, c'est la perle au fond des mers.
Suicide de Judas ? Par remords ? Ou parce que trahir Dieu, ce n'était donc que cela ?
C'est le degré de culture et de prévoyance plus que le degré d'aisance qui paraît régler la restriction des naissances.
On peut citer de mauvais vers, quand ils sont d'un grand poète.
La nature organique n'a pas d'histoire.
Tout ce qui est injuste nous blesse, lorsqu'il ne nous profite pas directement.
Ce qui est magique dans la vie des hommes, c'est moins leurs souffrances que leurs échecs.
La plupart des hommes ont un moment dans leur vie où ils peuvent faire de grandes choses, c'est celui où rien ne leur semble impossible.
La grande nature admirée ensemble est le plus bel accompagnement d'un noble amour.
Il y a plusieurs remèdes qui guérissent de l'amour, mais il n'y en a point d'infaillibles.
Vouloir appliquer le mot trop à Dieu, c'est déjà blasphémer.
L'instruction améliore les bons et gâte les mauvais.
L'histoire enseigne comment il faut la falsifier.
La logique précède toute expérience. Elle précède le Comment, non le Quoi.
Ceux qui nient l'immortalité de l'âme se rendent justice.
Les documents humains font les bons livres.
Ce sont les oiseaux les plus mal bigarrés qui chantent le plus mal.
Toute pensée est une sensation contrariée.
Les prophètes prédisent, en se lamentant, l'histoire ancienne.
Les grands auteurs n'ont écrit que pour nous élever jusqu'à eux ; mais parce que nous négligeons de les lire, ils ne font que nous dominer.
Il faut parfois puiser sa fortune au-dedans de soi.
Il n'y a que ce satané souvenir (le sien ou celui des autres) qui arrive à confirmer la réalité d'une existence.
L'hostie est une pilule pour la foi.
La tragédie est le lieu où on se tue à nous le dire.
C'est une bonne chose que les femmes mangent, elles aussi, il n'y a pas de raison, elles sont comme nous, finalement, en tout cas manger les rapprochent de nous, ça les rend plus humaines.
On ne résout jamais un problème en jouant sur les mots.
On dit qu'il faut s'efforcer de retrancher tous les jours de nos besoins. C'est surtout aux besoins de l'amour-propre qu'il faut appliquer cette maxime. Ce sont les plus tyranniques, et qu'on doit le plus combattre.
La gloire et les millions ne peuvent consoler de la jeunesse à jamais envolée.
Théâtre. Ces espèces de pièces où c'est la façon dont ce n'est pas dit qui est drôle.
Que sont nos sentiments ? Des nouvelles qui nous parlent de nous-mêmes.
Bien rares sont les gens qui savent vraiment écouter.
J'ai d'abord aimé, comme tout le monde, l'effet de la lègère ivresse, puis très bientôt j'ai aimé ce qui est au-delà de la violente ivresse, quand on a franchi ce stade : une paix magnifique et terrible, le vrai goût du passage du temps.
Pour être humains, nous devons toujours être prêts à prononcer cette déclaration sage, ingénieuse et modeste "je ne sais pas".
Oui, je ne veux pas, comme la plupart des gens, avoir vécu pour rien.
Le bonheur humain, s'il s'élève assez haut, ne meurt pas stérile ; de la prospérité naît un insatiable malheur.
Ma première idée était que peut-être l'« étant », le « quelque chose » qu'on peut désigner du doigt, correspond à une maîtrise de l'« il y a » qui effraie dans l'être.
Comme la magie, la poésie est noire ou blanche, selon qu'elle sert le sous-humain ou le surhumain.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encoreDe la splendeur du jour et de tous ses présents.Si nous ne dormons pas, c'est pour guetter l'auroreQui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.
Ma vie est une somme de futurs antérieurs destinée à ne rien perdre, une façon comme une autre d'envisager l'avenir sans vraiment s'y soumettre. Se projeter en avant pour revenir en arrière.
Quand il entend les autres prononcer le mot de « chance », il dit : « Ah oui ! Voilà comme les faibles appellent le courage. »
La prise d'une position importante peut rendre une modeste victoire très importante.