Chacun doit être l'aide-jardinier de sa propre âme.
Il n'y a qu'une souffrance, une seule, il n'en existe autre qui lui soit comparable. C'est de ne pas être libre de disposer de soi-même!
Surmenage. Trouble grave qui affecte de hauts fonctionnaires publics quand ils veulent partir à la pêche.
Les hommes sont comme les lions, comme toutes les bêtes, comme tous les êtres vivants. La faim les rend féroces. Et qu'est-ce que la pauvreté, sinon une faim généralisée ?
L'hippopotame est monogame. On peut penser, quand on le voit que c'est déjà beaucoup.
Il abuse de la permission qu'ont les hommes d'être laids.
Ce qu'une femme appelle avoir raison, c'est n'avoir pas tous les torts.
Les jeunes épouses des vieux maris ont coutume de penser de bonne heure à choisir celui qui essuiera leurs larmes de veuves.
L'amour a raison de tout, sauf de la pauvreté et du mal de dents.
Nous faisons chambre à part, nous allons dîner chacun de notre côté, nous prenons nos vacances séparément ; nous faisons tout ce que nous pouvons pour sauvegarder notre mariage.
Les hommes, ne sont ni dieux ni bêtes : ce sont les petits artisans d'un système et d'un bien-être.
Les pays où l'on s'habille le mieux sont ceux où l'on se déshabille le plus.
L'art du comédien consiste à empêcher les gens d'éternuer.
La joie de croire que l'on rencontre chez certains a quelque chose parfois de contagieux.
La satiété engendre le dégoût.
La simplicité que je recherche est tout à côté de la complication et cette frontière est si mince, si fragile.
Au cinéma, le mauvais temps est terriblement photogénique, parce qu'il est dangereux.
L'homme orgueilleux seul croit qu'il vivra toujours.
Les grands hommes n'ont ni aïeuls ni ascendants ; ils composent seuls toute leur race.
Attribuer une haute valeur à l'opinion des hommes, c'est leur faire trop d'honneur.
C'est plus difficile pour moi de jouer en trichant. J'aimerais mieux jouer avec du jeu.
Chacun n'est devenu tout à fait soi-même que le jour où ses parents sont morts.
C'est celui qui se perd qui trouve les voies nouvelles.
Il y a deux sortes de journalistes : ceux qui s'intéressent à ce qui intéresse le public ; et ceux qui intéressent le public à ce qui les intéresse - et ce sont les grands.
Pour un homme, le savoir avant la vertu ; pour une femme, la vertu avant le savoir.
Les autres ne sont pas seulement le lieu où l'on s'aime soi-même mais aussi celui où l'on se hait.
Si tu ne sais pas porter ton péché, ce n'est pas la faute de ton péché : si tu renies ton péché, ce n'est pas toujours ton péché qui est indigne de toi, mais toi de lui.
Les cadeaux sont comme les Muses : ils aiment les chants alternés.
Le nerf de la guerre, le principe de la liberté dans un état bourgeois : l'argent.
Si l'on y prend garde, on est porté à condamner les malheureux.
Les vertus domestiques ont un parfum peu odorant.
Un écrivain est éternellement seul, il est le premier à exprimer le monde.
Si ce n'est pas expressément interdit, c'est permis.
La foi consiste à construire avec ce qui est là, afin d'atteindre ce qui est ailleurs.
De soi aussi On a besoin.
On n'a qu'une chose à soi, c'est son désir.
Les vrais secrets ne sont-ils pas ceux qui refusent qu'on les confie, quand même on voudrait s'en décharger.
Il n'y a que ce satané souvenir (le sien ou celui des autres) qui arrive à confirmer la réalité d'une existence.
Les idées scandaleuses sont de vieilles rengaines qui passent inaperçues en s'abritant sous des habitudes.
Il n'y a pas une seule vertu qui n'ait quelque alliage de vice ; et guère de vice, sinon même aucun vice, qui n'ait pas en lui un petit grain de vertu.
Dans les dîners d'hommes, il y a une tendance à parler de l'immortalité de l'âme au dessert.
De ce qu'à moi, ou à tout le monde, il semble ainsi, il ne s'ensuit pas qu'il en est ainsi. Mais ce que l'on peut fort bien se demander, c'est s'il y a sens à en douter.
Celui qui est absolument aimé ne peut être misérable.
Il y a des idées qui sont comme un attentat.
A travers tous les trafics, manipulations ou transmutations génétiques de l'espèce, on est arrivé à un point de non-retour où l'on ne peut plus déterminer ce qui est humain ou non humain.
Seuls le désir et l'oisiveté nous rendent tristes.
Si les terroristes avaient des dons d'orateur et des micros, ils poseraient moins de bombes.
Ceux qui prisent trop leur noblesse ne prisent pas assez ce qui en est à l'origine.
Si on n'avait pas ce qui est rude, comment saurait-on ce qui est doux ?
Devant les réformes religieuses, les dieux sont toujours restés passifs.