Il n'y a qu'un remède à l'amour : la fuite.
Les gens, principalement ceux qui sont fortunés, aiment mieux n'avoir qu'un enfant et le faire riche.
Ne mens pas pour le plaisir de parler.
Il y a plus dans les forêts que dans les livres.
La parole dont la simplicité est à la portée de tout le monde et dont le sens est profond est la meilleure.
Nul n'est si vieux qu'il ne croie vivre un an de plus.
Les mondanités consistent à parler, quand on n'a rien à dire, avec des gens qu'on n'est pas obligé de rencontrer.
Quand je regarde l'Histoire, j'y vois des heures de liberté et des siècles de servitude.
L'animal qui a le plus profité de la compagnie de l'homme est le microbe.
Tous les objets sont pour les grands des miroirs où leur grandeur se réfléchit. Voilà pourquoi ils aiment souvent leurs inférieurs.
L'attention est le burin de la mémoire.
Le charme : ce qui dans les autres nous rend plus contents de nous-mêmes.
Quand tu verras Dieu, redonne-lui vite l'adresse du monde : je crois bien qu'il a dû la perdre...
IL y a les pauvres de Dieu et ceux du Diable.
Ce qui est vrai, c'est ce qui réussit.
L'art étant devenu une des occupations recherchées des riches, les expositions se suivent avec un égal succès, quelles que soient ce qu'on exhibe, pourvu que les négociants de la presse s'en mêlent et que les étalages aient lieu dans une galerie connue.
Il n'y a sans doute rien à espérer de l'avenir.
Une trop grande joie est épuisante.
Les plus douces joies de mes sens ont été des soifs étanchées.
Le bonheur est moins absorbant que la plus petite des souffrances.
L'amour n'échappe pas à la courbe de toute crise, avec son crescendo nécessaire, son éclatement et son decrescendo.
La honte que cause l'amour est comme sa douleur : on ne l'éprouve qu'une fois. On peut encore la feindre après ; mais on ne la sent plus. Cependant le plaisir reste, et c'est bien quelque chose.
Les saints vont en enfer.
Il n'y a pas de simplicité véritable. Il n'y a que des simplifications.
Rien de plus pathétique que le dérisoire.
S'il ne restait que deux hommes au monde, le plus fort n'hésiterait pas une minute, à défaut de suif pour frotter ses bottes, à tuer son unique compagnon afin d'en prendre la graisse.
Le spectacle de la mort, chez les jeunes gens, exalte la passion de vivre.
Que c'est donc vite fait, la mort des autres.
Toute loi est une chose morte et le propre du vivant est de vivre.
Le plaisir sans l'intelligence deviendrait facilement une chose vulgaire et limitée.
Il n'y a rien de plus grand que l'homme, et rien de plus petit. Il n'y a rien de plus grand quand on regarde son âme, rien de plus petit quand on regarde son corps.
Il y a toutes sortes de suicides. Se laisser mourir est sans doute le plus commun de tous. Se laisser vivre revient peut-être au même. Ça dépend du tempérament. Les gens actifs se tuent, les autres sont trop paresseux.
La rudesse du combat contre les choses pousse l'homme vers lui-même.
Le remords est un sentiment de pauvre.
Le plus sûr moyen de tromper les hommes et de perpétuer leurs préjugés, c'est de les tromper dans l'enfance.
Un des plus beaux présents que la nature puisse faire à un comédien, c'est la mémoire : si elle lui est infidèle, le personnage qu'il représente disparaît ; on ne voit plus que l'acteur.
On a souvent parlé de la couleur et de la saveur des mots. Mais on n'a jamais rien dit de leur tension, de l'état de tension de l'esprit qui les profère, dont ils sont l'indice et l'index, de leur chargement.
Quels sont les livres qui valent l'arbre de leur papier ?
L'imaginaire porte en lui un mépris de la réalité.
Si on ne sait pas faire de l'amour cet absolu auprès de quoi toute autre histoire disparaît, on ne devrait jamais se hasarder à aimer, même pas si on se mariait dix fois.
Si tu tiens dix minutes de silence sans être dégoûté, c'est que t'as le béguin ; si tu tiens une heure, c'est que t'es amoureux ; et si tu tiens dix ans, c'est que t'es marié !
On finit toujours par mépriser ceux qui sont trop facilement de notre avis.
La nature du roman est l'infini.
Manger est humain, digérer est divin
On veut une solution. Oh ! orgueil humain. Une solution ! Le but, la cause ! Mais nous serions Dieu, si nous tenions la cause.
Les âmes humaines veulent être accouplées pour valoir tout leur prix.
Les polissons sont "amoureux", mais les poètes sont "idolâtres".
Le beau, est ce qui paraît abominable aux yeux sans éducation.
Contrairement à la croyance populaire, les Anglaises ne portent pas de chemises de nuit en tweed.
Il n'y a pas d'hommes impuissants. Il n'y a que des femmes feignantes.