Même s'il porte un bât brodé d'or, un âne est toujours un âne.
La supériorité des occidentaux tient, en dernière analyse, au capitalisme, c'est-à-dire à la longue accumulation de l'épargne. C'est l'absence de capitaux qui rend les peuples sujets.
La question est de savoir si l'on donne au public quelque chose qui vise à le rendre plus heureux, ou quelque chose qui corresponde à la vérité du sujet.
Accepter l'idée d'une défaite, c'est être vaincu.
Tu vois ce qu'il y a de pire, c'est de rester silencieux quand les vieux disent des sottises...
Les vrais vaincus de la guerre, ce sont les morts.
Qui ne sent point son mal est d'autant plus malade.
Nul n'est si vieux qu'il ne croie vivre un an de plus.
Abrège ton discours, beaucoup de choses en peu de mots.
Nos vertus ne sont, le plus souvent, que des vices déguisés.
J'en connais qui passent pour des sages uniquement parce qu'ils ne disent rien.
Un bossu a l'air d'un humoriste qui se moque de nous et dont nous ne pouvons nous moquer, parce que ce serait ignoble.
Les femmes d'aujourd'hui ne nous pardonnent plus nos fautes : elles ne nous pardonnent même pas les leurs.
Le monde est aussi un livre qui nous parle de Dieu. Et ce livre est le seul dont disposait l'humanité païenne.
L'homme est le seul animal qui se moque de lui-même.
Les hommes, tous les hommes, même les plus charmants, sont un peu tyrans et fats.
On peut se demander si la politique ne favorise pas essentiellement des travers masculins chez les femmes.
Babel est sans cesse à rebâtir. Elle n'atteint jamais le ciel. Témoignage de la grandeur et de la stérilité de l'intelligence.
L'art, c'est la divinisation même des belles choses, comme le péché. Aussi longtemps que le péché reste caché.
A part le doute, c'est le doute de croire qui fait le plus souffrir.
Le rêve est une allusion.
L'amour est toujours secret, il ne se dit pas, il ne peut pas se dire.
L'occulte a toujours fasciné l'inculte.
Les politiques grecs ne reconnaissent d'autre force que celle de la vertu. Ceux d'aujourd'hui ne vous parlent que de manufactures, de commerce, de finances, de richesses et de luxe même.
Lorsque dans une société, la force organisée n'est nulle part, le despotisme est partout.
Les pilotes comptent leur vie au nombre d'heures passées dans les airs, comme si les autres ne valaient rien.
La prostituée est d'abord une mal-aimée.
Les parents. Ils ont déjà pensé à tout. Pas moyen de réfléchir et de décider soi-même.
La vie, ça bouge, ça bourdonne, ça construit et démolit, ça avance et ça recule, ça danse. Et ça meurt.
Il y a toutes sortes de suicides. Se laisser mourir est sans doute le plus commun de tous. Se laisser vivre revient peut-être au même. Ça dépend du tempérament. Les gens actifs se tuent, les autres sont trop paresseux.
Tout Français appartient, officiellement ou de coeur et d'esprit, à une minorité qui se désole de ne pas avoir accès au petit écran.
L'art est un holocauste : où c'est l'humanité entière qu'on voudrait détruire, pour le bien même de l'homme.
Au frontispice de tous les théâtres, il faudrait écrire : ici n'entre pas l'homme de lettres.
Puisque vous renierez plus tard pourquoi ne pas renier tout de suite ?
Si la femme, dit le poète, est l'avenir de l'homme, il arrive parfois, loin des chansons, que l'enfant soit le passé de la femme.
Voyager, comme raconter ou vivre, revient à choisir donc à omettre.
Tout pardon a sa récompense.
Connaissez-vous beaucoup d'hommes qui attribuent leurs échecs à leur incapacité ?
La vraie vie pour un romancier, c'est d'en fabriquer de fausses.
La fidélité à ses convictions est nécessaire à la démocratie.
Ceux qui bénéficient du système le déplorent moins que ceux qui en pâtissent.
Sans destination, il n'est pas de destinée.
Il est très rare que les gens qui font tant d'affaires aient de l'argent. S'ils en avaient, ils seraient plus méfiants.
Seul le créateur est libre, et lui seul peut l'être car il est en dehors de tout.
C'est l'échec qui est facile. Le succès est toujours difficile.
Toi, le bon Dieu, au lieu de te donner un cerveau, il aurait mieux fait de te creuser un deuxième trou du cul, parce que tu chies plus que tu penses !
Je n'aime pas le travail-personne ne l'aime-mais j'aime ce que le travail recèle-la chance de se trouver.
Je veux que la réalité m'apparaisse comme un rêve et vivre dans un monde de visions.
Peut-être y a-t-il dans la vie de tout homme un échec, quelque affaire non résolue, qui a pour lui plus d'importance que tous ses succès ?
L'amour n'a pas meilleur complice que l'occasion.