La pitié n'a qu'un tort, regarder de haut.
L'homme ne saurait apercevoir l'ordre qui règne dans la création, sans éprouver quelque chose de la joie d'un fils qui retrouverait la trace de son père.
On n'est pas un homme tant qu'on n'a pas trouvé quelque chose pour quoi on accepterait de mourir.
Heureux ceux qui meurent au berceau, ils n'ont connu que les baisers et les sourires d'une mère.
Il est à peu près évident que ceux qui soutiennent la peine de mort ont plus d'affinités avec les assassins que ceux qui la combattent.
Les plus heureux des amants sont ceux qui prennent une femme pour une divinité ou une cruche. Les plus à plaindre, ceux qui la prennent pour ce qu'elle est.
Il n'y a pas de dureté plus implacable que celle des regards qui sont revenus de la tendresse.
On rencontre des hommes si vaniteux qu'ils arrivent à être fiers de ceux qui les font cocus.
Quand un Français a des idées, il veut les imposer aux autres. Quand il n'en a pas, il le veut tout de même.
Quand les enfants ne font rien, ils font des bêtises.
Il serait normal que les assassins signalent les crimes. Après tout, ils sont les premiers informés.
Vivre les mots au-delà de leur sens. Vivre les sens au-delà de leurs maux.
Si vous réussissez enfin à marquer après avoir dominé pendant les 3/4 du jeu, l'adversaire égalisera dans les arrêts de jeu.
En politique on ne discute plus, on insulte.
Quand on est en péril de mort toutes les armes sont bonnes pour se défendre.
Rien n'est peut-être plus égoïste que le pardon.
Pour être heureux dans le monde littéraire, il faut avoir quelque chose et ne pas tenir à grand chose.
Les fleurs de l'amour ne se fanent pas ; celles qu'on dépose sur sa tombe sont toujours fraîches.
On ne voit bien le mal de ce monde qu'à condition de l'exagérer.
Le temps, quelle merveilleuse gomme à effacer.
L'histoire est pleine, jusqu'à ce jour, de l'imbécillité des rois et de celle des gouvernants. C'est une classe de gens à prendre en pitié, car ils ne savent pas ce qu'ils doivent faire.
Pour donner au peuple un sentiment national on doit idéaliser l'histoire.
Un vrai baiser engendre tant de chaleur qu'il détruit les microbes.
Le bonheur n'est pas fait pour les humains, selon toute apparence : s'il entre chez eux par une porte, ils s'empressent de le chasser par une autre porte.
Que peut-on bien boire là-haut d'où il ne tombe que de l'eau ?
D'où vient à l'homme la plus durable des jouissances de son coeur, cette volupté de la mélancolie, ce charme plein de secrets, qui le fait vivre de ses douleurs et s'aimer encore dans le sentiment de sa ruine ?
Pour s'attirer et conserver l'estime des hommes, il ne suffit pas de posséder simplement richesse ou pouvoir, il faut encore les mettre en évidence, car c'est à l'évidence seule que va l'estime.
Les yeux : les seuls points d'eau dans le désert de la viande.
Un artiste ne peint jamais la vie tout à fait telle qu'elle est. Il la colore de sa personnalité et de ses désirs.
Révolution : c'est retourner le sablier.
Les plaisirs sans fin du contact avec la nature ne sont pas réservés aux scientifiques, mais accessibles à tous ceux qui se placent sous l'influence de la terre, de la mer, du ciel, et de leur existence surprenante.
Il y a des femmes tellement précoces que l'on est tenté de se demander si elles ont été jamais vierges.
Les gens adoptent inconsciemment une attitude appropriée aux circonstances. Ainsi la même personne observée dans différents milieux offrirait une succession d'êtres n'ayant presque rien de commun avec eux.
Les lois sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses.
Dans un monde où les croyances religieuses s'effritent, où les idéologies négligent la recherche de l'absolu, la psychanalyse remplace peut-être la quête du Graal.
Heureusement que, quoi qu'il arrive, on ne peut avoir qu'une mère.
La noblesse, autant que la veulerie, est une possibilité humaine.
Qu'est-ce que la lâcheté ? Il y a peut-être la conscience du prix que chaque individu paie à la mort, avec plus ou moins de noblesse.
Travailler, comme vivre, comme aimer, n'était-ce pas avant tout apprendre à s'ouvrir aux autres...
Le suicide n'alimente pas l'orgueil : c'est là son seul défaut.
L'histoire s'est toujours écrite dans le sang des hommes et des femmes prêts à le verser.
Le chant des oiseaux est le même en forêt et dans les champs ; il est le même devant le wigwam et devant le château ; il est toujours le même, qu'ils s'adressent au sauvage ou au sage, au chef ou au roi.
Qui vante la pitié vante la terreur.
N'est ce pas dans le langage même que les plus violentes, les plus sanglantes batailles se livrent, entre les forces de Vie et de Mort ?
Tous les chiens mangent de la crotte et l'on ne chasse que celui qui s'en met sur le museau.
Oublier de respirer reste la seule distraction fatale.
Il est de ces êtres qui ont le privilège de s'affirmer en se niant et de se retrouver en se reniant.
Un nouveau-né, c'est un futur mort...
Les Anglais n'ont qu'une idée : paraître. Ils blanchissent les marches de leur perron, badigeonnent la façade de leur cottage, lavent leurs vitres, mettent des rideaux brodés à leurs fenêtres et ont des draps sales.
Heureux les chauves, qui sont les seuls à ne plus perdre leurs cheveux.