Vous pouvez détester des gens sans avoir une raison. C'est chimique.
Quand une lueur apparaît dans le regard d'une blonde c'est qu'on éclaire son oreille.
C'est toujours par l'ennui et ses folies que l'ordre social est rompu.
Je ne comprends décidément pas pourquoi il est plus glorieux de bombarder de projectiles une ville assiégée que d'assassiner quelqu'un à coups de hache.
Aujourd'hui, la censure a changé de visage. Ce n'est plus le manque qui agit mais l'abondance.
On n'écoute plus ce que les gens disent. On se contente de regarder comment ils le disent, quel regard ils ont en le disant, et si leur cravate est assortie à leur pochette.
L'amour n'est pas aveugle, il est atteint de presbytie. La preuve c'est qu'il ne commence à distinguer les défauts que lorsqu'il s'éloigne.
Quiconque veut être en bons termes avec tous perdra rapidement le sens du droit chemin.
C'est très reposant d'être sourd. On ne vous dit que l'essentiel.
La lune est pleine et on ne sait pas qui l'a mise dans cet état.
Rien ne sèche plus vite qu'une larme.
L'âme vile est enflée d'orgueil dans la prospérité et abattue dans l'adversité.
C'est un poids bien lourd pour un seul coeur de souffrir pour deux.
Celui qui peut dire combien il aime n'a qu'une petite ardeur.
Quand on dit d'un homme qu'il a fait un beau mariage, on peut affirmer presque à coup sûr que sa femme en a fait un mauvais.
Les pauvres sont si malheureux que quand ça sera la mode de chier de l'argent, eux, ils seront constipés.
Il y a des moments où l'absence d'ogres se fait cruellement sentir.
Si l'argent est tout ce que tu aimes, alors c'est ce que tu recevras.
La mort est un moissonneur qui ne fait pas la sieste.
Celui qui désire quelque chose perd ce qu'il désire, à savoir, Dieu, qui est toutes choses.
Les bonnes nouvelles peuvent être dites à quelque moment que ce soit, mais les mauvaises seulement le matin.
Au-delà de toute sainteté règne l'innocence astucieuse et cruelle des bêtes et des fous.
Le premier cas de la sagesse est de tout accuser. Le dernier : de tout concilier.
Qui a jamais demandé à la thèse et à l'antithèse si elles étaient d'accord pour devenir synthèse ?
Croire que la religion dans laquelle on a été élevé est fort bonne et pratiquer tous les vices qu'elle défend sont des choses extrêmement compatibles, aussi bien dans le grand monde que par le peuple.
Ecrire exige tant de lucidité. Et sais-tu bien que la plupart du temps, ce sont des fous qui écrivent...
A chaque sépulture, il y a un homme qui reçoit le fardeau de la main de l'homme qui va se reposer.
S'arrêter, lorsque l'on est sur une bicyclette, cela revient à tomber.
Tout état doit se créer une utopie lorsqu'il a perdu le contact avec le mythe.
Le soleil ne gagnerait rien en beauté s'il ne se montrait qu'une fois l'an.
L'air désuet, souvent ridicule que prennent si facilement nos bonheurs quand ils sont finis.
En apprenant à connaître les maux de la nature, on méprise la mort ; en apprenant à connaître ceux de la société, on méprise la vie.
La faute est grande comme celui qui la commet.
La nature fournit tout ce qui est nécessaire, mais elle ne donne rien ; il faut se servir soi-même.
Si l'on savait ce que rapporte la maternité, on hésiterait davantage à mettre des enfants au monde !
Il y a des problèmes aux confins du courage et du désespoir, que la raison ne peut affronter sans y risquer son existence.
Les gens de la terre : ils comprennent avec leur coeur et ils ont confiance en la nature humaine
La perfection dans le détail conduit à la perfection même de la vie.
Il y a des gens qui font l'amour sans esprit, comme ils boivent et mangent.
Notre vérité, c'est la précision avec laquelle nous apercevons l'état et la situation des êtres et des choses dont nous sommes, et parmi lesquels nous évoluons.
Les années comptent peu pour la terre et elle enseigne à ceux qui dépendent d'elle que se presser n'avance à rien.
C'est uniquement à travers le roman qu'on peut réellement découvrir les véritables aspirations d'un peuple en devenir. C'est en même temps la seule façon de comprendre ses réactions.
A quoi sert l'argent s'il faut travailler pour en avoir ?
J'ai découvert ce qui faisait de toi un esclave : tu es ton propre argousin. Tu es seul et unique responsable de ton esclavage. Toi et personne d'autre. Moi, je te dis : ton seul libérateur c'est toi !
Les hommes ne sont pas nés du caprice ou de la volonté des dieux, au contraire, les dieux doivent leur existence à la croyance des hommes. Que cette foi s'éteigne et les dieux meurent.
Le venin insidieux du passé se mêle au présent et l'empoisonne.
Adieu poète ! Il faut que les mots enterrent les mots.
Si l'homme a besoin du langage, ce n'est pas seulement pour communiquer du sens, c'est en même temps pour écouter et reconnaître son existence.
Il ne faut pas lâcher le poisson que l'on a dans la main pour capturer celui qui nous chatouille l'oeil.
Toute pensée qui se bornera aux combinaisons de l'économie politique sera infailliblement trompée dans les grandes affaires humaines.