Penser sans écrire, c'est comme parler sans réfléchir.
Dans les plis de leur dogme ils ont la sombre nuit.
Quand une oeuvre d'art vous donne le vertige, souvenez-vous que ce qui donne le mieux le vertige, c'est le vide.
Ni l'intelligence ni le jugement ne sont créateurs.
Il n'a pas inventé le film à couper le souffle !
On ne peut être juste tout seul, à l'être tout seul on cesse de l'être.
Il ne faut point d'esprit pour être homme de guerre.
On devient parfois bizarre, en vieillissant, et l'on se raccroche aux lubies les plus aberrantes.
On passe la moitié de sa vie à retenir sans comprendre, et l'autre moitié à comprendre sans retenir.
Il est indispensable d'aller au collège. C'est le seul moyen d'apprendre ce qui n'a aucune importance.
Sachez que dans la vie l'homme doit traverser un pont très, très étroit, mais ce qui est essentiel, le plus essentiel, c'est qu'il n'ait pas peur. Pas peur du tout.
Toute société, pour se maintenir et vivre, a besoin absolument de respecter quelqu'un et quelque chose.
Les touristes, en général, se renseignent auprès des autres touristes, qui ne connaissent guère mieux leur chemin. Cela complique toujours tout. Surtout quand on ne parle pas la même langue.
Le nerf optique est celui qui amène les idées lumineuses au cerveau.
Il y a des journalistes qui ont appris leur métier à l'école hôtelière. Ils posent les questions comme on passe les plats.
Je voudrais que l'intelligence fût reprise au démon et rendue à Dieu.
La loi et l'équité sont deux choses que l'homme a unies, mais que l'homme a séparées.
Pourquoi faut-il que nous ayons assez de mémoire pour retenir jusqu'aux moindres particularités de ce qui nous est arrivé et que nous n'en ayons pas assez pour nous souvenir combien de fois nous les avons contées à une même personne.
Les îles sont de petits continents en abrégé.
Dieu voulut qu'Adam dormît , quand il forma Eve de sa côte, parce qu'en recevant une femme il allait perdre tout repos...
On peut vénérer Dieu profondément et ne pas croire à son existence.
On ne sait jamais rien pour les autres.
En Amérique, on se donne l'importance de sa voiture.
Une trop grande joie est épuisante.
Quand on ne peut pas avoir, on détruit.
Les leçons de l'infortune sont presque toujours un bienfait. Elles ne sont funestes qu'aux âmes viles qu'elles paralysent pour toujours.
C'est l'ensemble de la vie individuelle que l'on devrait nommer "destin" et non pas ce futur tangible qui, d'une heure sur l'autre, remet tout en question, fait de nous une épave ou un héros.
Les hommes ne parleraient pas tant du ciel, si ce port fantôme les attendait vraiment au terme de leur odyssée. Le ciel n'a de réalité que celle de notre mal qui l'appelle.
Le monde est irrémédiablement divisé en deux : ceux qui sont en haut, et ceux qui sont en bas.
L'amour ? Suppuration sentimentale et physique !
Aimer, c'est un jeu si subtil quand on se connaît à peine, soi-même...
Tous ceux-là qui prétendent avoir quelque chose à dire ne comprennent jamais ce qu'on leur dit.
Lorsque dans une société, la force organisée n'est nulle part, le despotisme est partout.
Les héros ont réponse à tout.
Comment la femme pourrait-elle échapper à ses penchants serviles et perfides quand l'éducation l'a façonnée dès l'enfance à étouffer son caractère pour se plier à celui du premier venu que le hasard, l'intrigue ou l'avarice lui choisiront pour époux ?
Dans les livres, les enfants cherchent les secrets des adultes.
Même lorsqu'on se croit heureux, le seul fait d'écrire nous fait voir ce bonheur-là comme une illusion...
On ne choisit pas l'amour. C'est lui qui nous prend, nous subjugue, nous arrache à nous-mêmes. A-t-on du mérite à se donner quand on ne peut pas faire autrement.
Est-ce parce qu'ils ont pris de la bouteille que certains êtres sont bouchés ?
Il faut à une vie, une religion laïque ou mystique, une grande idée, une foi, même si cette foi est faite d'un universel doute... ou bien, il faut être tout à fait un imbécile et les imbéciles sont très malheureux.
La morale n'entend que le langage des faits.
Il y a peu de mensonges qui résistent à l'usure.
Quand un ministre s'exprime à la télé, on a toujours l'impression qu'il commence à s'excuser.
On nous inflige Des désirs qui nous affligent.
La vie en société c'est quand tout le monde est là et qu'il n'y a personne. La vie en société c'est quand tous obéissent à ce que personne ne veut.
Les vivants sont trop bien unis aux vivants pour que j'accepte les frontières fermées.
Si le mariage était une folie comme l'amour, je le hasarderais plus volontiers.
Au frontispice de tous les théâtres, il faudrait écrire : ici n'entre pas l'homme de lettres.
Il y a trop d'eau, trop de froid et pas assez de pétrole dans les pays froids et pas assez d'eau, trop de chaleur et plein de pétrole dans les pays chauds. A part ça, Dieu n'est pas alcoolique.
Toute chose qui est, si elle n'était, serait énormément improbable.