Ceux qui ont quitté la vie anonymement, sans actes dignes de mémoire, ne diffèrent pas de ceux qui ne sont jamais nés.
Il y a deux sortes de problèmes : ceux qu'on ne résout jamais et ceux qui se résolvent tout seuls.
Celui qui a la force entre les mains a le monde à ses pieds.
Si je devais faire un cadeau à la génération suivante, je lui apprendrais à ne pas se prendre au sérieux.
Ne rien dire, surtout en parlant, c'est la moitié de cet art qu'on appelle la diplomatie.
L'histoire se répète, les historiens aussi.
L'esclave qui obéit choisit d'obéir.
Quatre-vingts ans c'est l'âge de la puberté académique.
Deux étions et n'avions qu'un coeur.
Il vaut mieux tard que mal, et cela en tout genre.
La terre est une colonie pénitentiaire où nous avons à subir une peine pour des crimes commis dans une existence antérieure.
On aime mieux dire du mal de soi-même que de n'en point parler.
Rien ne peut être fait dans la solitude.
Lorsqu'un gouvernement se prépare à la guerre, il décrit ses adversaires comme des monstres.
Dieu est ce qui survit à l'évidence que rien ne mérite d'être pensé.
En se taisant, le sot est sage et le sage est sot.
Comme les rêves sont cruels, qui nous laissent entrevoir des merveilles pour mieux nous en priver !
Le travail s'allonge de façon à remplir la durée prévue pour son exécution.
Toute époque a toujours été la pire. Et s'il y en a qui furent vraiment pires, c'est elles qui enfantèrent les plus grandes choses.
Les hommes ont inventé des choses qu'ils disent sérieuses. Le principal c'est le divertissement. Ce qui est sérieux n'est pas à notre portée.
On a beau se donner du mal, l'ordre est le plus fort et retrouve toujours ses droits.
Les choses et les êtres que nous aimons sont pour nous une souffrance, ne serait-ce que par la crainte perpétuelle de les perdre.
On demande volontiers au polyglotte : "En quelle langue pensez-vous ?" Je lui pose plutôt cette question : "En quelle langue souffrez-vous ?" Celle-là, c'est la vraie, la maternelle.
Quand nulle bête n'a d'autre choix que vivre son instinct, chaque être humain reçoit la faculté de choisir ; et c'est ce qui le distingue à l'intérieur du règne animal, et c'est ce qu'on nomme intelligence.
L'étiquette ne doit pas être plus grosse que le sac.
Trois choses fixent la valeur d'un présent : le sentiment, l'à-propos et la manière.
Chaque fois qu'on observe un animal, on a l'impression qu'il y a là un être humain en train de se foutre de nous.
Exerce-toi à changer souvent d'opinion politique. C'est le seul moyen d'avoir un jour une véritable conviction.
Aucune mâchoire de bouledogue n'est plus tenace que les doigts d'une femme qui hait.
A quoi cela sert-il de se faire couper les cheveux, puisqu'ils repoussent.
La vanité des femmes est telle que pour paraître aimées, elles se passeraient fort bien de l'être.
L'âge n'est qu'un simulacre. Au plus profond de soi, il n'y a de vif et de vrai que son enfance et sa jeunesse.
Il y a des gens qui trouvent le moyen d'être heureux toute leur vie, rien qu'en faisant des bêtises avec décision.
Pour apprendre à aimer, il faut avoir haï.
Le pouvoir n'existe plus que comme un simulacre.
C'est très délicat, la garde d'un amant. C'est aussi compliqué que la garde et l'éducation d'un enfant.
Une bataille est un drame en trois actes. On commence par s'ennuyer ferme, puis on est terrifié et pour finir on est mort.
La maladie rend mystique, tous les fiévreux vous le confirmeront.
La mort n'est peut-être qu'une absence totale d'amour, qu'une sursaturation de haine.
Rien n'est plus offensant pour un homme qu'un échec qui touche son côté mâle.
Ce n'est pas tout de lire, il faut remonter loin dans la vie du créateur et dans celle du pays pour reconnaître le comment de la beauté.
Sans doute l'oeuvre naît-elle du tourment d'être homme ; mais encore faut-il à ce tourment l'illusion du moins de la durée...
Mourir à une tâche irréalisable est préférable à vivre sans heurt comme un incliné.
Le fâcheux, c'est d'être né, et l'on peut pourtant dire de ce malheur-là que le remède est pire que le mal.
La mort se débite dans le monde à la machine. On fabrique des cadavres comme on fabrique des boulons.
L'intelligence, c'est l'imprévisible.
Dans la vie en général, il ne paraît jamais naturel ni mérité d'être aimé. C'est un honneur.
Le roman naît de vos passions personnelles mais il ne peut réellement prendre son essor que lorsque vous avez coupé le cordon ombilical avec votre vie et que vous commencez à interroger non pas votre vie mais la vie même.
Les yeux et tous nos sens ne sont que des messagers d'erreurs et des courriers de mensonges. Ils nous abusent plus qu'ils ne nous instruisent.
Allons où je n'aurai que vous pour souveraine, Où vos bras amoureux seront ma seule chaîne.