Nous sommes des animaux étranges : les défauts que nous condamnons le plus sévèrement chez les autres sont ceux dont nous ne pouvons nous corriger.
Le bonheur ? Probablement une invention pour les hommes...
Ecarquiller les yeux n'a jamais amélioré le regard... et les fermer non plus.
On ne chérit jamais autant sa chance que lorsqu'on écoute le récit des malheurs d'autrui.
La liberté n'a pas de prix. On paye la rançon qui nous a été demandée - fût-ce notre chair - le jour où l'on a compris qu'on ne pouvait vivre sans elle.
La vie c'est ce que tu vois : de la membrane, de la tripe, un trou sans fond qui exige d'être rempli. La vie est ce tuyau qui avale et qui reste vide.
On essaie en vain de rattraper sa vie. Le passé, présence hallucinante qui fut quand on veut la rejoindre.
Le processus d'apaisement bien féminin : pleurer.
Fielleux comme souvent le sont ceux dont on dit qu'ils ont de l'humour.
Dans une dictature, le passé et le présent sont des frères siamois qu'il vaut mieux ne pas séparer si on veut maintenir l'ordre au dehors et l'harmonie au dedans.
On ne peut traverser à gué un fleuve aux courants dangereux. Mais il est toujours possible d'y puiser pour étancher la soif.
Tirez la leçon des malheurs des autres, afin que les autres n'aient pas à tirer la leçon de vos malheurs.
S'il n'y avait pas les socialistes, le socialisme gouvernerait le monde entier.
Où se posaient les hirondelles avant l'invention du téléphone ?
Toutes les croyances procèdent de la pensée mythique quand même elles se réclameraient de sa fin. Et c'est par leur mise en scène que lesdites croyances acquièrent les différences qui les distinguent.
Quand tout est permis, il y a peu de conflits.
L'abus de l'impôt tue le présent, l'abus du crédit dévore l'avenir.
Il y a eu des peintres pour être spécifiquement et profondément des poètes, dont l'enseignement, la valeur d'exemple, sont irremplaçables pour qui écrit.
La superstition est le fond de la religion, la seule vraie, celle qui survit sous toutes les autres.
La radio est une voix qui parle à une oreille. C'est par les mots seuls que l'idée fait son chemin jusqu'à l'esprit de l'auditeur. Puisque les mots portent la pensée, il n'y a pas d'interférence entre la pensée exprimée et l'esprit qui la reçoit.
La mort de l'autre, c'est ça : ce mur, ce sens interdit contre lequel on se cogne tous les jours.
Notre esprit, une pauvre petite flamme retenue par un corps de suif.
Elle dévisagea sa soeur, puis la dépoitrina et enfin la déjamba.
Il n'est pire sourd que ventre affamé.
Le coeur découvre, la tête invente.
Ô mon dieu, comme il est difficle d'être le père d'une jeune fille.
Si on veut qu'une chose soit faite, il y a trois façons de s'y prendre : le faire soi-même, demander à quelqu'un de le faire, ou interdire à ses enfants de le faire.
La paix, la paix à tout prix, nous clament tant de braves gens qui, en se conjoignant, aux lâches, aux amis des brutes et aux antisémites ordinaires peuvent s'ils n'y prennent garde, assurer le triomphe des forces du mal et de la régression.
Faire de la peinture, ou de la littérature, ce serait donc bien apprendre à mourir, trouver le moyen de ne pas mourir dans la sottise de cette mort que les autres avaient en réserve pour nous et qui ne nous convient nullement.
Le bonheur est une sensation, ou quelque chose qui vient du ciel, pas une façon d'être. Ca monte et ça descend, ça descend et ça monte, et parfois ça fait des bleus.
En politique, c'est quand on croit tout avoir qu'on n'a plus rien.
Si quelqu'un dans un jardin bien arrosé brise la violette, le pavot Et le lys hérissé de langues jaunes, Les fleurs fanées laissent soudain tomber leur tête flétrie, Ne se tiennent plus et regardent, de leur cime, la terre.
Il n'y a de paix véritable que si chacun peut s'épanouir et prospérer à l'abri de la faim, de la pauvreté et de l'oppression.
Le dictateur m'avait jeté à la porte de mon pays. Pour y retourner, je passe par la fenêtre du roman.
Beaucoup de faux pas ont été faits en restant immobile.
La vie est un chapelet de petites misères que le philosophe égrène en riant.
Puis m'ont montré un parchemin écrit,Où n'y avait seul mot de Jésus-Christ :Il ne parlait tout que de plaiderie.
Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d'opinions, ou bien si tard, que ça n'en vaut pas la peine.
Il est dangereux de ne pas correspondre à l'idée que le monde se fait de nous car il ne recule pas volontiers dans ses avis.
Une femme, c'est une présence, une odeur, un geste, un poudrier qui claque, le bruit de ses talons - plats, forcément - ou de son sac à main quand elle fouille dedans.
Le fantastique est une ressemblance abstraite des choses par l'imagination.
Jamais les jaloux ne savourent leur bonheur : ils ne font que le surveiller.
L'histoire moderne a montré à maintes reprises que les alliances entre le trône et l'autel ne peuvent que discréditer les deux.
C'est bizarre comment vous pouvez apprendre quelque chose de manière incorrecte.
Le contraire de la légèreté, c'est la lourdeur, pas la gravité.
Ne jugez pas la richesse ou la piété des hommes par leur apparence dominicale.
Pour réussir quoi que ce soit dans ce jeu, vous devez être prêt à vous aventurer dans les limites du désastre.
Celui qui suit ses leçons goûte une paix profonde, et regarde tout le monde comme une botte de fumier.
La vertu de la science qui l'empêche de sombrer dans le délire, c'est que sans arrêt des données nouvelles arrivent et l'aménent à modifier ses visions et ses idées.
Ne chauffez pas une fournaise pour votre ennemi au point de vous brûler.