On a beau reconnaître que nos joies sont fabriquées de chimères, elles ont quand même cet avantage de nous réconforter comme des rayons de soleil. Et pourvu que l'on se sente rayonnant, on ne regarde plus de quel côté vient la lumière.
L'erreur des démocrates est de croire que leur vérité en soit une pour tout le monde, et force l'adhésion.
Il y a dans la nature française un principe d'indestructibilité qui tient à la fois à la fierté de l'esprit et à la gloire du langage.
Le coeur et l'estomac communiquent ; on réconforte celui-là en comblant celui-ci.
Le courage est un état de calme et de tranquillité en présence d'un danger, état rigoureusement pareil à celui où l'on se trouve quand il n'y a pas de danger.
Dormir. Légitime défense du parlementaire.
Les spéculations purement intellectuelles dépouillent l'univers de son manteau sacré.
Il n'est pas important d'être heureux, il suffit d'y croire.
Une danseuse qui lève la jambe sera toujours préférable à un caissier qui lève le pied.
C'est en rêve seulement que les êtres nous sont doux et qu'il est bon de les avoir près de nous... dans la vie réelle ils sont les pierres aux angles aigus desquels on se heurte et l'on se blesse.
Je crois que la vie est plus intelligente que la littérature.
Aujourd'hui la vertu est devenue si rare que ne rien faire de mal, ne faire du tout est vertueux.
La neige, ce n'est rien, du néant que nous passons notre vie à déplacer entre deux courts étés.
Pour faire le bonheur de son mari, il faut croire son mari et ne pas croire au bonheur.
Le processus d'apaisement bien féminin : pleurer.
Dans la vie, quand on pense le dernier acte arrivé, on s'aperçoit souvent que la pièce ne se comprend pas sans son épilogue.
Le temps est un enfant qui ne se laisse pas étreindre.
Entre gens de même sincérité, point besoin de serments. Il suffit d'une phrase fermement dite.
Les robes sont comme les femmes ; elles ont l'âge qu'elles paraissent.
Les gens vivent sans souffler mot de peur d'avoir à garder le silence !
Peut-être la cravate est-elle le modèle pour adulte du bavoir ?
L'imprévisible apparaît comme un défi scandaleux lancé à la face d'un monde dont le coeur bat chaque jour davantage au rythme des ordinateurs.
Celui qui invoque l'histoire est toujours en sécurité, les morts ne se lèveront pas pour témoigner contre lui.
Dans une dictature, le passé et le présent sont des frères siamois qu'il vaut mieux ne pas séparer si on veut maintenir l'ordre au dehors et l'harmonie au dedans.
Un banquet sans confettis ? Aussi sinistre qu'une femme sans poitrine.
C'est en faisant confiance aux possibilités des acteurs de générer des sens beaucoup plus larges que l'on peut avoir une maîtrise de l'espace qui ne soit pas rétrécissante.
Même la mante religieuse est capable de se débarrasser de ses pinces quand elle n'arrive pas à se dégager.
Qu'est-ce que "longtemps" pour une vie d'homme ?
A Los Angeles, ils ne jettent pas leurs ordures. Ils en font des émissions de variétés pour la télévision.
Les femmes, me semble-t-il, aiment qu'on les capture dans un filet de phrases.
Fais des bébés, fais des bébés Ca fera peut-être des cadavres pour leurs saletés de bombes Mais aussi des cerveaux pour ne pas qu'elles tombent.
Toutes les preuves conduisent inévitablement à des propositions qui n'ont pas de preuve ! Toutes choses sont connues parce que nous voulons croire en elles !
Un romancier est un preux chevalier qui à force d'affronter ses fantômes apprend à distinguer les causes d'envergure des farces qui finissent en queue de poisson.
Les oies mangent de la neige. C'est peut-être ce qui les rend si blanches.
On vit le plus souvent dans le gris ou on s'en étonne de moins en moins.
Le cinéma, c'est comme le foot : un jeu simple compliqué par des idiots.
Apparu, disparu, c'est toute l'histoire d'un homme, comme celle d'un monde et celle d'un infusoire.
Toutes les chutes sont mauvaises... sauf les chutes de reins.
J'aime bien les ennemis : on est sûr, avec eux, de ne pouvoir se brouiller.
L'aiguille de la couturière picore comme une poule minutieuse.
Amitié ou amour, il ne faut pas s'entendre sur l'essentiel, soit qu'on craigne d'en venir aux mains, soit qu'on redoute de s'ennuyer.
Il y a de la lumière dans les frigos pour que les aliments voient en permanence la date avant laquelle ils n'ont pas le droit de pourrir.
Il existe deux sortes de combattants. Ceux qui conçoivent des stratégies et ceux qui ne sont jamais départis de la tendance enfantine à briser des objets.
Dans le palais des émotions il y a beaucoup de chambres.
Un ami qui vous connaît depuis que vous avez quatre ans vous connaît vraiment, tandis que vos parents croient seulement vous connaître.
Ici et maintenant, je ne résiste plus, je lâche prise et j'apprends à faire confiance à l'Univers. J'avance avec patience, car je sais que tout arrive au bon moment sur mon chemin.
Le vrai métier d'un homme est de trouver son chemin vers lui-même.
Une société saine combat nécessairement l'individualisme. Elle cherche l'excellence, et ceci est incompatible avec l'individualisme.
Je suis intimement convaincue qu'il est essentiel de commencer par apprendre aux enfants à être respectueux envers toute vie.
Je ne suis pas un profond jurisconsulte, mais je crois véritablement que si le gouvernement était renfermé dans les limites dont je parle, et que toute la force de son intelligence, de sa capacité fût dirigée sur ce point-là : [...] ► Lire la suite