Dieu sait faire que parfois l'oraison ait un tel goût qu'on y aille comme à la danse, et d'autres fois qu'elle soit telle qu'on y aille comme au combat.
Le silence de l'homme attire le silence de Dieu.
Attends pour nier Dieu qu'on ait bien prouvé qu'il n'existe pas !
Pour ne plaire qu'à un seul, une femme est toujours assez parée.
Nos souvenirs ce sont des tombes ; là aussi sont nos secrets.
Qui donne sa parole légèrement, y manque de même.
L'art tragique tient les âmes en alerte.
Il n'est pas vrai que rien soit jamais effacé, Le passé n'est jamais tout à fait le passé.
Entre l'homme et l'animal, il y a cette différence que le premier, ayant reçu l'usage de la parole, peut plaider en vers et en prose, pour les bas instincts qu'il partage avec le second...
Les femmes aiment les hommes qui n'ont pas besoin d'elles.
L'amour que l'on refuse aux uns finit tôt ou tard par manquer à tous les autres, même à celui ou celle que l'on croit adorer.
C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité de vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe.
Adhérer, ce n'est pas admettre une idéologie. C'est entrer dans un être collectif et développer en soi une seconde nature.
Les explications relèvent toujours d'une mauvaise conscience.
La société, qui rapetisse beaucoup les hommes, réduit les femmes à rien.
C'est en rêve seulement que les êtres nous sont doux et qu'il est bon de les avoir près de nous... dans la vie réelle ils sont les pierres aux angles aigus desquels on se heurte et l'on se blesse.
Si on ne peut avoir la réalité, un rêve vaut tout autant.
Les seules personnes qui devraient gouverner sont celles qui s'intéressent plus aux gens qu'au pouvoir.
Ce ne sont jamais les excès qui tuent, mais ce qui les contrarie.
L'exil, c'est la nudité du droit.
Aussi habile qu'on puisse être à simuler la maîtrise de soi, un front, une lèvre trahissent quand même un état d'âme.
La vie n'est pas ce qu'on pense, mais ce qu'on dépense.
On ne refait pas sa vie à soixante-quinze ans, non, mais on peut bien la commencer.
Tout reste fondé sur le défi et la révolte. Le "donné" est, et sera toujours humainement inacceptable.
L'ivresse, comme la peinture, comporte une partie mécanique et une partie poétique ; l'amour aussi d'ailleurs.
Une législation permissive est la caractéristique d'un peuple libre.
Ce qui rend les femmes vulnérables, c'est leur sexe, ce grand orifice dans lequel même les insectes peuvent ramper.
C'est en faisant confiance aux possibilités des acteurs de générer des sens beaucoup plus larges que l'on peut avoir une maîtrise de l'espace qui ne soit pas rétrécissante.
Un savoir multiple n'enseigne pas la sagesse.
Le public aime souffrir par procuration.
Les nombres ont-ils un mode d'existence en dehors de la tête de celui qui les pense ?
Les philosophes péripatéticiens et les théologiens chrétiens ne croient pas plus à l'égalité des péchés dans le mal qu'à celle des vertus dans le bien.
Le bonheur se distingue du plaisir : ce dernier n'est pas lié au sentiment de l'existence, on ne s'y oublie pas en tant qu'être singulier. Ici se loge la deuxième raison qui peut expliquer la rareté de ce bonheur en littérature.
Ne craignez point de prendre des partis trop rudes et trop difficiles, quelqu'affreux qu'ils vous paraissent d'abord : ils seront plus doux dans les suites que les malheurs d'une galanterie.
Femme. C'est pire que paysan - semis, arrosage, arrachage... Jambes à épiler, aisselles à raser, ongles à limer... Un programme si rigoureusement exigeant qu'il suffit de se laisser aller quelques jours pour se retrouver en jachère.
Les masses peuvent être magnétisées mais le social les enveloppe comme une électricité statique et la plupart du temps elles font masse, c'est-à-dire qu'elles absorbent toute l'électricité du social et du politique.
Nous-autres savants, c'est dans la nuit des temps que nous cherchons nos preuves.
L'obscurité suspend tout. Il n'y a rien qui puisse, dans l'obscurité, devenir vrai.
Cet air emprunté, un jour, il faudra le rendre.
Sentiment. Le plus beau des bouquets offerts ne peut remplacer les sentiments ; des bijoux au moins sont nécessaires.
La langue laissée au panthéon des écritures et des politiques est une langue morte.
Nul ne sait ce qu'est la guerre, s'il n'y a son fils.
Pour courir, on n'a souvent besoin que d'un but.
Les pires mensonges sont ceux qu'on se murmure à soi-même.
Dans certains théâtres d'essai, on serait tenté de prendre parfois la rampe de scène pour un garde-fou.
Oui, on meurt tous de manière différente. Mais on naît tous de la même manière, nuance, étrange, non ?
Demain, c'est le pays du hasard.
On est assez mièvre pour s'écrier devant les nouveau-nés : Ah qu'il est mignon ! Il ne sont jamais beaux, il n'y a que la naissance en elle-même qui soit belle.
Ce n'est pas parce qu'on fait partie d'un peuple martyrisé qu'on est pas aussi des hommes comme les autres.
La cornemuse sonne exactement de la même façon après dix ans de pratique que le premier jour où vous en avez joué.