La règle d'or, c'est qu'il n'y a pas de règles d'or.
La crédulité est la faiblesse de l'homme, mais la force de l'enfant.
La maladie de l'adolescence est de ne pas savoir ce que l'on veut et de le vouloir cependant à tout prix.
On ne corrige pas celui qu'on prend, on corrige les autres par lui.
Toute révolution est commencée par des idéalistes, poursuivie par des démolisseurs et achevée par un tyran.
Aimer, c'est être embêtant, tatillon, exigeant, c'est vouloir qu'on soit mieux qu'on est, c'est empoisonner l'existence de l'être qu'on aime.
Tout est artificiel, car la nature est le fruit de l'art de Dieu.
Il y a plus de bonheur à donner des coups de pieds au cul qu'à en recevoir.
L'optimiste est un homme qui s'abrite sous une fourchette le jour où il va pleuvoir des petits pois.
La mort n'existe que pour ceux qui restent.
Il est dans la nature des choses que tout homme ait pitié de lui-même. Mais aujourd'hui, il est temps d'avoir pitié de Dieu.
Les chevaux de guerre naissent sur les frontières.
La logique remplit le monde : les limites du monde sont aussi ses propres limites.
Ceux qui font de leurs vêtements l'essentiel de leur personnalité finissent en général par ne valoir guère mieux qu'eux.
Ce sont les faiblesses du coeur qui sont les plus belles défaillances.
Le temps est le péché de l'éternité.
Vieillir, si l'on sait, ce n'est pas tout ce qu'on croit. Ce n'est pas du tout diminuer, mais grandir.
Il n'est pas de vertu que la calomnie ne sache atteindre.
Sur sa branche, une fleur se croit toujours immortelle, même fanée. Comme nous.
Il y a dans l'aveu public des angoisses du coeur, et de ses voluptés non moins amères, une vanité et une profanation gratuites.
On se voit d'un autre oeil qu'on ne voit son prochain.
Si les hommes mouraient à quarante ans, et les femmes à seize, la vertu ne serait plus un mot.
Il faut être jeune pour savoir vivre sans nostalgie. Plus tard, on se raccroche à toutes sortes de sentiments : des bons, des mauvais. A ce qui n'est pas très sain. Un renouveau.
La seule richesse d'un fonctionnaire c'est sa réputation.
Ne force pas qui veut les portes de l'enfer.
La mémoire croit avant que la connaissance ne se rappelle.
C'est en soi qu'il faut cultiver la flamme qui réchauffe. C'est sur soi seul qu'il faut s'appuyer.
C'est une vie exquise, celle qui se maintient en ordre, jusque dans son privé.
Mourir n'est rien si cachée au fond de l'âme, on emporte la satisfaction de s'être donné brutalement sans considération de retour ou de gratification, se donner tout simplement par la force de l'amour.
La perception du temps est sans doute liée aux moyens techniques dont l'homme se sert pour gagner du temps ou le tuer.
Tout paraît simple à qui est transfiguré par sa vie intérieure.
Le rire est meilleur que la prière pour le salut de l'âme.
Celui qui dit : "J'agirai ainsi dans la mesure du possible" révèle ou bien son orgueil, ou bien sa faiblesse.
Si le poisson est dans la nasse, le menu fretin s'en est échappé.
Les jumeaux se fabriquent dans les lits du même nom.
Le chasseur à l'affût, s'immobilise parfois pour s'orienter.
Eduquer, c'est déformer patiemment les pauvres gosses pour les façonner à notre image.
On ne fait jamais d'erreur sans se tromper.
Aimer, écrire sont les seuls remparts que j'aie trouvés contre l'omniprésence de la mort et de la dépression.
Je voudrais, par un effort infini, élever cette vie jusqu'à l'éternité.
Comme une grande musique qu'on peut réécouter sans fin, les grands romans eux aussi sont faits pour des lectures répétées.
En vérité l'homme qui veut contempler en face la gloire de Dieu sur la terre doit contempler cette gloire dans la solitude.
Quand on s'obstine dans l'erreur, on finit toujours par ne pas avoir tort.
Le sommeil fait partie de la vie privée.
Comme l'a dit Saint Jérôme, qu'importent les chemins par lesquels on vient à la Vérité, pourvu qu'on donne à la quête.r
Tous les cosmonautes sont formels : les couilles ne pendent pas en apesanteur. Elles flottent.
La nature du roman, c'est la survie.
Un miracle, c'est un événement qui crée la foi.
C'est l'instinct qui nous permet de trouver les réponses. La raison nous permet de les justifier.
L'homme est l'animal qui met le plus de temps à se nourrir par lui-même.