La vertu n'irait pas si loin, si la vanité ne lui tenait compagnie.
Il y a toujours dans notre enfance, un moment où la porte s'ouvre et laisse entrer l'avenir.
Nous pardonnons souvent à ceux qui nous ennuient, mais nous ne pouvons pardonner à ceux que nous ennuyons.
Ce besoin de remords qui précède le mal, que dis-je ! qui le crée...
La passion nous persuade toujours qu'elle fait nos affaires, et ne fait jamais que les siennes.
Pourquoi l'Europe est-elle si économiquement nécessaire et si profondément ennuyeuse ?
Si tous les parjures demandaient l'assistance de Jupiter, il n'y aurait pas assez de place au Capitole.
Dis-moi, quelle nécessité y a-t-il à l'existence de Dieu, du monde et de tout ? Pourquoi doit-il y avoir quelque chose ? Ne crois-tu pas que cette idée de nécessité n'est que la forme suprême que prend le hasard dans nos esprits ?
Les cocktails, dans les soirées, c'est ce qu'on a inventé de pire depuis l'huile de foie de morue !
Le neuf suscite la colère des habitudes.
C'est bien plus facile de noter ses états d'âme dans un journal secret que de les exprimer ouvertement. Quelle belle fuite du réel !
Paris finit toujours par vous nourrir.
Un génie qui boit trop est un ivrogne.
On appelle les comédiens des cabots, parce qu'ils se sauvent quand on les siffle.
Ne jetez point vos perles devant les pourceaux.
Il n'y a que les faibles qui sombrent dans le malheur.
L'homme qui se croit Dieu tue le dieu qu'il porte en lui. L'homme qui ne pense plus aussi loin que Dieu tue la création qu'il porte en lui. L'homme qui ne se soucie plus de sa divinité ferme la porte à sa félicité.
Il n'est nul besoin d'apparence pour aimer. C'est une foi qui accepte de ne pas interroger.
Il vaut mieux dater d'un siècle que d'une saison.
Ce qui a été compris n'existe plus.
Ce n'est pas la perfection des crimes qui manque, mais la véritable intelligence des criminels.
Tout désir, même celui de parler, est un désir de vivre.
Cela prend parfois beaucoup d'hommes pour en remplacer un seul.
Bonne renommée vaut mieux que l'huile précieuse.
Les innovateurs sont presque toujours des persécutés ; en religion, ce sont des hérétiques ; en philosophie, des crânes fêlés ; en science, des gens qui parlent au diable ; en politique, généralement des imbéciles, parfois des idoles.
Les générations ne communiquent guère entre elles et ne le désirent pas.
Les prunes noires sont blanches, quand elles sont encore vertes.
Sur la terre, un homme n'a besoin et envie que d'aimer, mais on supporte toutes les servitudes, excepté celles de l'amour.
Si nous réussissons, nous sommes des exploiteurs ; si nous échouons, des salauds doublés d'incapables.
Il faut qu'en premier lieu, tu observes tes propres défauts et les qualités d'autrui plutôt que le contraire.
Une idée imprécise a toujours de l'avenir.
Les chats suivent le principe selon lequel on ne blesse personne à demander ce que l'on veut.
Comme ils doivent se sentir utiles, ceux qui conçoivent les cerveaux électroniques. Enfants, apprenez à concevoir des machines qui remplaceront vos pères !
Un livre est un monde, un monde fait, un monde avec un commencement et une fin.
Quand on commence à poser des questions, on commence à mourir.
En affaires, la moitié du plaisir vient de la parlote.
Vivre et mourir sont les maillons d'une même chaîne.
On est toujours responsable de ses malheurs.
L'amour, c'est quand on ne dit rien - qu'est-ce qu'on pourrait dire qui vaille ?
Les principes, les systèmes sont des armes pour lutter contre la vie.
"Demander" est un verbe qui porte malheur.
Il n'y a personne qui n'ait plus d'ennemis dans le monde qu'un homme droit, fier et sensible, disposé à laisser les personnes et les choses pour ce qu'elles sont, plutôt qu'à les prendre pour ce qu'elles ne sont pas.
Le journaliste ne travaille pas continuellement dans l'exceptionnel : il doit avoir la modestie de se frotter au tout venant de l'actualité en espérant que les occasions de s'enthousiasmer seront plus nombreuses que celles de râler.
Tu te croyais laide ; mais si tu savais comme le plaisir pare pour une femme !
La première semaine après une guerre est plus dangereuse que les dernières semaines de la guerre elle-même.
Le théâtre, c'est le temps que chacun s'octroie pour se mesurer à l'aune de l'autre.
Au théâtre, le tragique s'exprime principalement au travers des textes publiés dans le programme.
Tout auteur dramatique digne de ce nom nous met sous le nez l'horreur et la grâce d'exister.
L'homme est un être difficile qui se crée ses propres tourments.
D'emblée dans la vie la fatigue touche aux deux portes sacrées : l'amour, le sommeil. L'amour qu'elle use comme de l'eau sur la pierre. Le sommeil qu'elle entasse comme de l'eau sur de l'eau.