Le monde d'aujourd'hui est, pour les hommes, un harem, et pour les femmes, un haras.
Un idéal n'est souvent qu'une vision flamboyante de la réalité.
La vie à deux adoucit l'égoïsme en le dédoublant.
La plupart des époux ne trompent leur femme que pour mieux la désirer.
Alliance au doigt : on est un pigeon bagué.
Mes amis deviennent de plus en plus rares. Il y en a qui meurent, et c'est à leur enterrement que j'ai le plaisir de voir les autres.
Le plus grand mal que fait un ministre n'est pas de ruiner son peuple, il y en a un autre mille fois plus dangereux : c'est le mauvais exemple qu'il donne.
En déchiffrant les secrets de la nature, l'homme ne prouve nullement que Dieu n'existe pas, il cesse d'éprouver le besoin de Dieu.
Dieu n'est jamais autant Dieu que lorsqu'il me manque.
Si tu n'avances que les jours de soleil, tu n'atteindras jamais ton but.
La joie, nous la portons en nous-mêmes, indépendamment de l'extérieur.
Communiquer ! Le grand mot, mais comme on en abuse ! Il signifie donner : on en fait le synonyme d'échanger.
Le bonheur prêté aux autres se résume souvent à un malheur soigneusement dissimulé.
Les études ne sont bonnes que pour les pauvres qui n'arrivent pas, autrement, à se faire un nom.
La facilité que nous possédons de nous abuser sur notre propre compte ne peut se corriger que par le dépit, la peine que nous éprouvons à chacune de nos déceptions.
Le mariage est le miracle qui transforme le baiser d'un plaisir à un devoir.
Les yeux : les seuls points d'eau dans le désert de la viande.
Les rats nous observent dans l'ombre de leurs égouts. Ils se lissent les moustaches de joie car ils n'ignorent pas que notre civilisation fermera bientôt son guichet.
Ce qu'il faut à l'écrivain, comme au peintre, au musicien, c'est l'infini de la vie et l'errance...
Le miracle est l'enfant chéri de la foi.
Les hommes passionnés aiment souvent, les femmes passionnées aiment longtemps.
Les lois suivent toujours la vie, elles ne la précèdent jamais. Quand on les sanctionne, le mal est fait.
A quoi de mieux peut servir une femme qu'à accueillir au plus chaud d'elle-même un ancien bébé qui a un peu froid ?
Quand on tient à ses souvenirs, on devrait fuir comme la peste les endroits où l'on a été heureux.
Nulle solitude n'est plus grande que celle, peuplée hier, qui s'offre aujourd'hui vidée de ses présences.
Dans chacun de nous il y a un peu de tous les autres ; c'est ça qui est intolérable. On ne peut pas être vraiment soi.
Les idées qui bouleversent le monde marchent à pas de colombes.
La difficulté, ce n'est pas de rêver, mais d'accepter et de comprendre les rêves des autres.
Le politicien est un acteur contrarié, toujours en quête de bravos ; le poète est un spectateur implacable toujours prêt à siffler.
Un homme ennuyeux est un homme incapable de s'ennuyer.
La pudeur des femmes n'est que leur politique ; tout ce qu'elles cachent ou déguisent n'est caché ou déguisé que pour en augmenter le prix quand elles le révèlent.
La communication d'émission est une démission de la communication.
La vraie justice, c'est peut-être ça : être capable de dire merci à ceux qui vous ont fait du bien et de ne pas lécher la main de ceux qui vous ont nui.
Nous ne connaîtrons l'homme que lorsque le dernier homme sera mort.
C'est la vie, ça... Tous les jours des innocents meurent, sans savoir pourquoi...
Quatre beaux vers valent mieux dans une pièce qu'un régiment de cavalerie.
Si l'on ne peut plus rire de la mort, autant se flinguer.
Mauvaise question ? Mauvaise réponse !
Oh, le beau triomphe que de casser l'aile au rêves !
Il faudrait pouvoir voyager avec sa bibliothèque comme un escargot avec sa coquille.
Le fatigant supplice de dire non pendant une heure à un monsieur qui voudrait vous faire dire oui.
Le théâtre tragique a le grand inconvénient moral de mettre trop d'importance à la vie et à la mort.
Au fond... la vie est une sorte de machine à voyager dans le temps.
Avec moi, le ménage c'est aussi taudis aussitôt fait.
Aimer, ce n'est pas s'installer une fois pour toutes au sommet de ses certitudes. C'est douter toujours, trembler toujours. Et puis, demeurer vigilant pour éviter que le poison mortel de l'habitude ne s'insinue et nous tue, ou pire : nous anesthésie.
Il vaut mieux déceler une faiblesse que se laisser soupçonner d'un vice.
Il y aura toujours des gens pour faire leurs courses au milieu des bombes, valser tandis que le Titanic s'enfonce, faire l'amour pendant que le Vésuve entre en éruption.
La division est toujours nuisible.
Ce qui cicatrise les plaies, c'est le manque de constance de la mémoire, non le temps.
Le plus terrible secret de ce monde serait qu'il n'y ait aucun secret.