L'amour seul connaît le secret de s'enrichir en donnant.
Tout le secret de l'art est peut-être de savoir ordonner des émotions désordonnées, mais de les ordonner de telle façon qu'on en fasse sentir encore mieux le désordre.
Quand la perte est vengée, on n'a plus rien perdu.
C'est un devoir aussi envers les autres que d'être heureux.
Les grandes âmes ne sont pas soupçonnées ; elles se cachent ; ordinairement, il ne paraît qu'un peu d'originalité. Il y a de plus grandes âmes qu'on ne le croirait.
Le chagrin n'est pas un état mais un processus.
Evite que ta parole ne devance ta pensée.
Le plus souvent, nous ne jugeons pas les autres, mais nous jugeons nos propres facultés dans les autres.
C'est le fils, qui à sa majorité, devrait reconnaître son père, à condition qu'il l'en juge digne.
Un écrivain traduit est un écrivain en exil dans une langue étrangère.
Elle est affreuse, mais elle a trois millions de dot ou, si vous voulez ; de dommages-intérêts.
L'homme est le seul animal qui injurie sa compagne.
L'envie a le teint livide et les discours calomnieux.
Les lots de consolation ne consolent jamais.
Aussitôt qu'un homme a le nécessaire, il ne lui faut que de l'élévation dans l'âme pour se passer du superflu.
Le hasard peut-être une poussière dans l'ordre des choses.
Les petites pluies sont longues, les tempêtes soudaines sont courtes.
L'erreur est humaine, mais elle a quelque chose de divin.
Un acteur, sur la scène, n'a pas de famille. Il appartient à la curiosité de la foule.
La vie n'a de complaisance que pour ceux qui abusent d'elle.
N'essayez pas d'avoir le dernier mot. Vous pourriez l'avoir.
Si nous ne pouvons rien sur les événements, nous pouvons les modifier par les manières dont nous les acceptons.
L'idiotie est l'essence des hommes.
C'est à cet instant qu'on reconnaît précisément le collectionneur. Il se fiche de la mode. Il transcende le temps.
L'illusion est une foi démesurée.
Combien il est plus aisé de critiquer que d'avoir raison.
Une femme reflète plus entièrement son époque qu'un homme.
L'avance que prennent les femmes changera le vécu de l'amour aujourd'hui plein d'erreurs, en fera une relation qui unisse un être humain à un autre être humain, et non plus un homme à une femme.
La Bible assure que lorsque Dieu eut fabriqué l'homme et la femme, il en pleura. Comme on le comprend !
Les grandes fortunes ne se font pas sur les chemins de la vertu.
La paresse est un vice très agréable puisqu'il nous traîne tous les autres à sa suite.
Plus une société a besoin de services, plus elle est imparfaite, précaire et exposée à périr.
Les plus grandes réussites sont dues à d'illustres ratés qui n'ont bien tourné qu'après leur mort.
On dirait parfois que les romanciers ignorent les problèmes réels de la vie : ils volent au-dessus d'eux comme des oiseaux au-dessus des pays.
Les empires ne périssent pas sous les coups de leurs ennemis mais par leur propre épuisement et par la démission des forces qui les soutiennent. Il en va de même de nos amours et de notre vie.
Le sexe mène à la violence ou à la mélancolie.
Soyez sans crainte, le talent n'est pas contagieux.
Le gros problème avec les hommes, c'est qu'ils ne savent pas s'y prendre avec les femmes.
Le christianisme en France est en train de devenir folklorique.
Essuie-glace : collectionneur de papillons.
Le théâtre en tant que forme d'art ne peut pas disparaître, pour la simple raison que les gens en ont besoin.
Les monuments aux morts des guerres que l'on perd sont moins laids que les monuments aux morts des guerres que l'on gagne.
Les auteurs modernes font des livres tellement petits qu'on ne peut plus mettre des fleurs à sécher dedans.
Il n'y a de vraiment bon que les femmes qu'on n'a pas eues.
Le roman policier peut être en prise directe sur la vie, permettre à un auteur de traiter sous forme de roman de grandes affaires criminelles mettant en cause de hauts personnages, d'en montrer les implications politiques et policières.
L'écriture est une occupation solitaire qui accapare votre vie. Dans un certain sens, un écrivain n'a pas de vie propre. Même lorsqu'il est là il n'est pas vraiment là.
Je n'ai jamais compris les gens qui, sans se connaître, trouvent des sujets de conversation. Je crois qu'il faut se taire, se regarder en silence. Ou bien parler beaucoup parce que cela revient au même.
C'est ça la culture, c'est un peu chiant, c'est bien ; chacun est renvoyé à son propre néant.
Il ne nous est pas donné de nous substituer à autrui. De le rencontrer parfois, seulement, à la faveur d'une coïncidence fragile...
Les gens n'existent qu'en s'assemblant, dans l'espace de leur entre-deux. Les corps sont vides, leur substance tient toute dans leur liaison.