Le désir d'un meilleur état est la source de tout le mal dans le monde.
On se plaint de la brièveté de la vie, et tous nos efforts tendent à la passer brièvement.
Il y a bien moins de difficultés à résoudre un problème qu'à le poser.
Faites-vous des amis prompts à vous censurer.
Etre femme est terriblement malaisé, puisque cela consiste surtout à avoir affaire aux hommes.
La bohème n'est pas un chemin, c'est un cul-de-sac.
Le temps et l'espace sont infinis, et pourtant on n'en a jamais assez.
On a mille définitions de Dieu. On n'en a qu'une de la vie : Dieu.
Je ne me sens vivre qu'à partir de l'instant où je sens mon inexistence. J'ai besoin de croire à mon inexistence pour continuer à vivre.
La vérité ne nourrit pas son homme.
Toute philosophie pourrait se réduire à rechercher laborieusement cela même que l'on sait naturellement.
Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et ne tiendra aucun compte de l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent.
Nous ne gagnerions, à nous marier, que le loisir de nous quereller à notre aise.
Etre heureux, c'est s'oublier, c'est être vide...
Les gens, ils trouvent que le monde est bien comme il est, tout juste comme il est et chacun d'eux, provisoirement, puise le sens de sa vie dans celle de l'autre.
C'est sur la terre que s'engagent les dépenses, mais le grand livre où on les apure est au ciel.
Lorsque deux hommes se comprennent, ne sont-ils pas très près de devenir des amis ?
Les statistiques ont une particularité majeure : elles ne sont jamais les mêmes selon qu'elles sont avancées par un homme de gauche ou par un homme de droite.
L'attribut le plus sacré d'un temple, c'est que c'est un endroit où les hommes pleurent ensemble.
De l'irréel résulte l'impuissance ; ce que nous ne pouvons concevoir, nous ne pouvons le maîtriser.
Tout organisme social qui doit se réformer le fait plus facilement par additions que par soustractions.
La faim justifie les classes moyennes.
Les amitiés de l'adolescence, rien ne peut en effacer complètement la trace dans notre coeur. Ce que nous avons de meilleur, nous le devons à la pureté et à la grandeur des sentiments qu'elles nous ont fait éprouver.
La poursuite chimérique de la perfection est toujours liée à quelque manque sensible, souvent à l'impuissance d'aimer.
Causer, n'est-ce pas produire ? Peut-être que la gratuité du créateur est plus pure quand il sait que ce qu'il crée ne sera que la flambée d'un moment.
Vierge et martyre, c'est un pléonasme.
Se pencher sur le sommeil a de quoi émerveiller. Se pencher sur les lits a de quoi vous faire peur.
L'habileté que l'on exerce dans l'amour ne vient pas de la ruse, elle vient de la disposition qu'on a d'aimer.
Plus nous éprouvons d'amour pour quelqu'un, plus nous souhaitons lui manifester nos qualités et lui cacher nos défauts.
Voler est un acte de conquête où l'on défie les forces les plus puissantes et les plus fondamentales de la nature.
La vérité et l'ordre couche ensemble, ils font des petits. Les lois, les déterminismes.
La misère rend lucide.
Ce ne sont pas ceux qui sont insensibles qui font les meilleurs médecins. Ce sont ceux qui ont le plus d'imagination.
En tant de choses de nos vies persiste un élément imprécis, inexplicable, qui nous fait douter de leur réalité.
Nous portons tous la mémoire du passé même si, parfois, nous ne savons plus clairement ce que nous nous rappelons.
Ne plus se souvenir, c'est peut-être ça, vieillir.
Même dans le secret des coeurs amoureux, la vanité l'emportera toujours.
Le ridicule ne s'exprime qu'au premier âge d'une passion.
Tous les cultes ou systèmes religieux de la terre sont fondés sur un Dieu qui s'irrite et qui s'apaise.
En terme de préhistoire, on parle de l'âge de pierre, de l'âge du fer, de l'âge du bronze. En survolant toute l'histoire de l'humanité, ne devrait-on pas parler de l'âge du bois, du charbon, du pétrole ou de l'atome ?
Notre monde parviendra un jour à un raffinement tel qu'il sera aussi ridicule de croire en Dieu qu'aujourd'hui de croire aux fantômes.
Le bon écrivain ne fait pas de littérature.
Le christianisme en France est en train de devenir folklorique.
Un niais est aussi nécessaire au mélodrame qu'un tyran est indispensable.
Le code du théâtre est beaucoup moins riche que la variété des simulacres de la vie.
Les calamités sont de deux ordres : le malheur qui nous atteint et le coup de chance qui arrive aux autres.
La vie appartient à ceux qui aiment, et là où règne l'Amour, l'homme est vraiment le roi.
La vie serait plus intéressante avec un générique et des rires enregistrés.
Ce ne sont pas les êtres qui existent réellement, mais les idées.
J'ai décidé d'affronter la réalité, alors dès qu'elle se présente bien, prévenez-moi.