Il faut faire attention aux mots, car souvent ils peuvent devenir des cages.
La vie m'a tant giflé que la tête m'en tournait comme la vis d'un tabouret de piano.
L'on est bien faible quand on est amoureux.
Qui épouse la femme épouse les dettes.
Je ne suis jamais plus occupé que quand je n'ai rien à faire.
Le génie a besoin de liberté pour vivre.
Crois-moi, vivre ignoré, c'est vivre heureux, et l'on ne doit pas s'élever au-dessus de sa sphère.
C'est de la folie que d'entreprendre quelque chose au-dessus de ses forces.
L'un sème, l'autre récolte.
Le déluge n'a pas réussi : il en est resté un homme.
Voici mon opinion sur la poésie : les vers sont de petites prisons cellulaires où la pensée est coffrée.
La culture actuelle n'est que le début d'un long travail, qui durera peut-être des milliers d'années, pour qu'un jour enfin l'humanité connaisse la vérité d'un véritable Dieu.
Croire en Dieu, c'est vivre par quelque chose qui n'existe d'aucune manière dans le monde, sinon dans le langage ambigu de ces phénomènes que nous appelons chiffres ou symboles de la transcendance.
Toute vie est un échec puisque aussi la mort la termine.
Les conjurations, lors même qu'elles réussissent, ont le plus souvent de très funestes conséquences, parce qu'elles se font presque toujours contre le tyran et non contre la tyrannie.
Si quelqu'un une fois pour toutes, était capable de "prouver" l'existence de Dieu, il n'y aurait plus au monde un seul incroyant mais où serait, alors, le mérite des croyants ?
Les chats sont la preuve que tout n'a pas un but dans la nature.
Et qu'est-ce que l'amour ? Quelque chose d'effrayant, de monstrueux, qui dévore le coeur et dirige toutes vos pensées. Un sentiment disproportionné par rapport au coeur humain parce qu'à la mesure d'un dieu.
Dans la vie, il faut choisir : être riche ou bachelier.
Ecrire, c'est une liaison d'amour avec soi et les choses, et les moments et les gens. Ecrire, c'est comme vivre une vie parallèle à sa vie de chaque jour ; c'est le vase purificateur de l'âme et de ses mouvances.
Les tapeurs sont des gens qui vivent au-dessus de nos moyens.
Moins un journal a d'abonnés, plus il est libre.
Une doctrine, quelle qu'elle soit, politique, religieuse ou sociale, ne se produit jamais sans trouver plus de contradicteurs que d'adeptes, et ne recrute quelques soldats qu'après avoir fait beaucoup de martyrs.
Il est plus aisé, et éminemment plus scientifique, de traquer le passé que d'esquisser l'avenir.
Un militant sans coeur est un être dangereux ; un militant sans sexe, un malade.
Si un de vos amis a des ennuis, ne lui demandez pas si vous pouvez faire quelque chose. Réfléchissez à ce que vous pouvez faire et faites-le.
Ceux qui repoussent la pitié sont souvent les plus pitoyables.
Les historiens sont les éteignoirs de l'esprit. Ils réduisent la guerre de Troie à une querelle de marchands...
C'est à travers les fonctions corporelles que les hommes parviennent à la conscience et à l'intelligence du monde.
On va en enfer pour ne pas avoir froid.
Il n'est pas impossible que la prolifération des automobiles entraîne un accroissement de la lecture.
Brèves sont pour les pauvres hommes les douceurs de la vie.
Il ne reste en France du catholicisme que le bruit des cloches.
La principale différence entre le boucher et le banquier c'est qu'il y en a un des deux qui ne dira jamais : "Il y en a un peu plus, je vous le mets ?"
Il y a peu de mauvaises phrases dont un grand auteur ne saurait faire une bonne en la déplaçant.
Une idée nouvelle est un coin que l'on ne peut faire entrer que par le gros bout.
Le motif pour lequel se produisent les disputes n'est jamais aussi grave que le malaise qui en découle.
Je chante pour mon vallon en souhaitant que dans chaque vallon un coq en fasse autant.
Les pauvres ont un penchant à donner à de plus pauvres qu'eux... Quand on vit au jour le jour, ce n'est pas changer son état que de se démunir... Donner quand on possède, voilà qui est difficile.
Les sots, les ignorants, les gens malhonnêtes, vont prendre dans les livres des idées, de la raison, des sentiments nobles et élevés, comme une femme riche va chez un marchand d'étoffes s'assortir pour son argent.
On se pose toujours en s'opposant.
On va chercher dans les sectes un peu de cette chaleur que produisent les inquiétudes et les désarrois partagés dans un monde gagné par le froid de l'indifférence.
A la longue on joue de plus en plus mal le rôle qu'on s'est octroyé.
La plupart des amitiés sont hérissées de "si" et de "mais" et aboutissent à de simples liaisons, qui subsistent à force de malentendus.
Pour peu qu'on tâche de se perfectionner, on voit les autres rapetisser, comme s'ils s'enfonçaient dans le sable.
La dissimulation farde les amitiés nouvelles et recrépit les vieilles haines.
La police n'a pas d'autorité. Normal : vous avez vu dans quoi ils roulent et comment ils sont habillés ?
Les lois de l'humour sont très sévères : on ne peut pas se moquer des victimes, des noirs, des homos, des musulmans, des juifs, des handicapés... moi je dis : de qui se moque t-on ?
Je suis un homme aux vices coûteux... j'ai donc toujours besoin d'argent.
Les inventions qui ne sont pas connues ont toujours plus de censeurs que d'approbateurs.