Un arbitre est chargé de couper la poire en deux au moyen du fil à couper le beurre.
La renommée est dangereuse ; son fardeau est léger à soulever, pénible à supporter et difficile à déposer.
Car dans l'homme jamais l'espérance n'est vaine.
Les gens heureux meurent entiers ; ils se dissolvent d'un coup ; ils ont eu ce qu'ils voulaient.
Chacun de nous sent d'instinct que les plus beaux sentiments du monde ne valent pas une seule bonne action.
Le pessimiste pense que toutes les femmes sont des garces. L'optimiste l'espère bien.
Heureusement, le passé ne meurt jamais complètement pour l'homme. L'homme peut bien l'oublier, mais il le garde toujours en lui.
Les voyageurs parlent d'une espèce d'hommes sauvages, qui soufflent au passant des aiguilles empoisonnées. C'est l'image de nos critiques.
Imagine qu'il n'y ait ni pays, ni religion.
L'égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions.
L'auteur doit céder la parole à son oeuvre.
L'inquiétude amène la vieillesse avant le temps.
Un homme à qui personne ne plaît est bien plus malheureux que celui qui ne plaît à personne.
Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui.
Une menace, une promesse, une insolence, une courtoisie : cette balance est celle des affaires.
On ne demande conseil que pour appuyer ses convictions.
Le monde est sa propre magie.
La loi ne peut pas tenir compte des personnalités, des physiologies. Alors, dans la moitié des cas, elle est criminelle et dans l'autre moitié, imbécile.
La force, c'est ce que tu fais avec ce que tu as.
Il y a deux époques dans la vie d'un écrivain : la première, où il parle de lui, et la seconde, où il parle de lui-même.
Si les découvertes scientifiques ont à la fois donné à l'humanité le pouvoir de créer et le pouvoir de détruire, alors elles sont en même temps un énorme défi et une grande épreuve.
En France, il n'y a qu'une chose que les honnêtes gens redoutent plus que les bandits : la justice !
Il est un système dont nous ne parviendrons pas à sortir avant longtemps : le solaire.
S'incliner devant la raison des sots, c'est l'héroïsme des gens d'esprit.
Car pour les pin-up Il faut des pick-up.
Une grande partie du génie réside dans la capacité de tirer profit, pour soi et sa science, de tous les incidents de la vie.
Les parents sont plus indulgents, en vieillissant, et les aînés s'en rendent compte.
Il faut bien donner un nom à ce qui n'a pas de nom, à ce qui est impalpable... Tout compte fait, c'est là le métier des philosophes et de la philosophie.
La vérité est mise sous clé comme un trésor inestimable par ceux qui l'estiment bien peu.
Qui se grise de rêverie est d'autant plus prêt au délire qu'il prolonge son extase.
Si les hommes vivaient en moyenne six cents ans, les centenaires auraient l'air de blancs-becs.
La féerie est un monde vivant que l'imagination de l'enfant est seule capable de créer à sa démesure ; les fées ont été inventées par les adultes pour tuer la féerie des lieux.
Saisir l'à-propos est, en toutes choses, le plus grand mérite.
La création est l'art de prédire son passé.
Si les grands hommes n'avaient pas commis d'erreurs, nous ne saurions pas qu'ils ont existé.
Dieu ne s'offre que dans l'anéantissement de l'esprit. La nuit intérieure est préalable à toute contemplation de Dieu.
C'est horrible de se rendre compte que vous n'apprenez à vivre que lorsque vous êtes sur le point de mourir.
Il n'y a rien de plus irritant que les choses dont on ne peut saisir la nature. Elles mettent au défi notre manie de tout nommer, de tout ranger par catégories précises.
Auprès des politiciens, les finesses de l'étiquette, les subtilités de la diplomatie comptent moins que le succès.
Le temps ne vaut que par ce qu'on y met.
Il y a deux éducations : la première que l'on reçoit au lycée, la seconde que l'on se donne à soi-même ; la première est indispensable, mais il n'y a que la seconde qui vaille.
Les gens compliquent tout pour avoir l'impression de vivre.
Les problèmes ne surgissent jamais dans le vide.
L'idiotie constituée est plus forte et plus féroce que la grâce - mais c'est la grâce qui nous aime et que nous aimons parce que c'est elle et elle seule qui nous fait hommes.
Essayant de donner, on voit qu'on n'a rien, Voyant qu'on n'a rien, on essaye de donner, Essayant de donner, on voit qu'on n'est rien, Voyant qu'on n'est rien, on désire devenir, Désirant devenir, on vit.
Enseigner, c'est toujours jouer aux Danaïdes : ce qui est acquis aujourd'hui est perdu demain.
Dieu ne va jamais au secours que des gens qui savent nager.
Le manichéisme en histoire est une sottise.
Sommes-nous donc si malheureux, qu'il y ait quelque chose qui soit défendu, même dans l'usage de ce qui est permis ?
L'Evangile parle à chacun de nous sa langue.