Le travail le plus fatigant n'est pas celui que l'on fait mais celui qui nous reste à faire.
Le plus heureux des hommes est celui qui désire le moins le changement de son état.
Quand la racine est sauve, le feuillage revient étendre sur la maison son ombre.
La renommée est dangereuse ; son fardeau est léger à soulever, pénible à supporter et difficile à déposer.
Toute tentative en vue de diviser quoi que se soit par deux devrait, a priori, nous inspirer une extrême méfiance.
Dieu nous juge tous entiers et d'un regard, et non pas comme les hommes, sur des sentiments et des actes isolés.
La poésie n'est autre chose que la santé du discours.
La force temporelle véritable réside aujourd'hui dans les industriels, et la force spirituelle dans les savants.
L'homme qui a un peu usé ses émotions est plus pressé de plaire que d'aimer.
Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours.
Qui se venge en secret, en secret en fait gloire.
En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être.
Achetez la presse, et vous serez maîtres de l'opinion, c'est-à-dire les maîtres du pays.
Un livre n'est excusable qu'autant qu'il apprend quelque chose.
L'esprit de la conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu'à en faire trouver aux autres. Celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit l'est de vous parfaitement.
Ces mains qui fermeront mes yeux et ouvriront mes armoires.
N'espérez pas aller faire des courses avec votre femme et rapporter ce pour quoi vous étiez sorti.
Il y a un plaisir délicieux à serrer dans ses bras une femme qui vous a fait beaucoup de mal, qui a été votre cruelle ennemie pendant longtemps et qui est prête à l'être encore.
Il ne se voit pas d'âmes qui, en vieillissant, ne sentent l'aigre et le moisi.
La question du mariage et du célibat n'est que la question de savoir s'il vaut mieux être endommagé d'une façon que de l'autre.
Rester marié devrait être considéré comme un des beaux-arts
Ne crayonnez pas dans les marges d'un livre les bêtises que l'auteur a oubliées dans le texte.
Si les découvertes scientifiques ont à la fois donné à l'humanité le pouvoir de créer et le pouvoir de détruire, alors elles sont en même temps un énorme défi et une grande épreuve.
En France, il n'y a qu'une chose que les honnêtes gens redoutent plus que les bandits : la justice !
Il semble qu'il y ait, dans toute destinée, comme un rythme régulateur des événements, et qu'à chaque période de violence et de tumulte succède inévitablement une période de détente et de stagnation.
Ce sont les petites précautions qui conservent les grandes vertus.
Les hommes, tous les hommes, même les plus charmants, sont un peu tyrans et fats.
Règle d'optique : tout semble plus grand de loin.
La ruse des gouvernants est vieille comme le monde. La ruse des gouvernés est bien jeune.
Le langage sert généralement à parler et à penser ; en politique, il sert à se taire.
Tendre mère ! Vous ne m'abandonnez pas, même en rêve.
Le Français est un paresseux qui travaille beaucoup. L'Anglais un paresseux qui ne fait rien. L'Allemand un travailleur qui se donne du mal. L'Américain, un travailleur qui sait s'arranger pour ne pas faire grand chose.
Il y a un espoir souverain dans les yeux des jeunes filles.
La libéralité n'est souvent qu'une sorte de timidité.
Le citoyen est une variété de l'homme ; variété dégénérée ou primitive, il est à l'homme ce que le chat de gouttière est au chat sauvage.
Dans l'usage ordinaire, la première question que l'on fait sur une femme que l'on ne connaît point, c'est, est-elle belle ? La seconde, a-t-elle de l'esprit ? Il arrive rarement que l'on fasse une troisième question.
Une création bien ordonnée commence par un refoulement bien concentré.
La Cour a ses raisons que la démocratie est juste assez imbécile pour ignorer.
Ce n'est pas tous les jours qu'on peut se révéler à soi-même son courage.
Tombe-t-on en amitié comme on tombe en amour ?
L'inquiétude est toujours vanité.
Le talent est plein de pensées, le génie est la pensée. Le talent est une citerne, le génie une fontaine.
Les morts sont toujours grands. Ce n'est pas sans conséquence : on pourrait en déduire que, pour être petit, il faut être vivant.
Avec deux malheurs on peut faire une grande catastrophe.
On ne doit jamais rêver au passé ou à l'avenir ; on doit rêver au présent...
L'oisiveté est peut-être aussi la mère de la paresse.
Par où entrer dans cette vie pour avoir le droit d'en être...
Le talent que l'on a profusion ne console pas de celui que l'on préférerait.
C'est la société qui fait l'ordure...
On est toujours responsable de ses malheurs.