Il y a toujours dans notre enfance, un moment où la porte s'ouvre et laisse entrer l'avenir.
N'espérez pas aller faire des courses avec votre femme et rapporter ce pour quoi vous étiez sorti.
Le devoir, l'honneur ! Des mots à qui on fait dire ce qu'on veut, comme aux perroquets.
Il n'est de bons moralistes que ceux qui ne s'occupent que de la morale d'autrui.
Faites rire vos interlocuteurs pour capter leur attention ; vous pourrez alors dire pratiquement n'importe quoi.
Les ordinateurs, plus on s'en sert moins, moins ça a de chance de mal marcher.
Le fisc est assurément le plus grand des guérisseurs. Il pratique largement "l'imposition" des deux mains.
Les vivants ne sont que des morts qui ne sont pas encore entrés en fonction.
Le succès flatteur est de conquérir et non de conserver.
C'est la pensée toute vivante qui dicte le style immortel. Dès qu'elle a trouvé ce qu'elle cherche, elle n'est plus.
Ce n'est pas pour l'avoir, mais pour l'ôter à une autre, qu'une femme prend un amant.
Paris finit toujours par vous nourrir.
Une femme qui se donne n'est pas toujours une femme qui se perd.
Il ne se passe rien, et quand il se passe quelque chose, c'est la mort.
Pour aller au bout du plaisir, il faut aimer plus que le plaisir.
Tout homme commence le monde, et tout homme le finit.
On parle du courage d'un condamné à mort qui marche jusqu'au lieu de l'exécution : il en faut parfois autant pour garder une façade acceptable en allant au-devant de la souffrance quotidienne.
On ne peut être heureux que parmi ses pairs. Quand on ne peut changer les autres, mieux vaut devenir comme eux...
Je ne parviens pas à savoir quelle partie de moi-même trompe l'autre.
Les apparences extérieures n'ont jamais trompé personne.
Ceux qui recherchent la joie récoltent la douleur.
Les autres, hélas ! C'est nous.
Pour être ambitieux, il faut haïr ceux qui se mettent en travers de notre chemin.
Il faut que les buts que tu te fixes soient clairs et précis dans ton esprit avant de chercher à les atteindre. Garde-les en mémoire jusqu'à ce qu'ils deviennent une seconde nature.
Le plaisir, ce n'est pas la vie. Comme c'est vide, quand l'amour n'est pas là à qui servir de cadre.
L'enfer existe. Il est la part du plus grand nombre.
C'est utile, une révolution. Ça met des freins au gouvernement, ça le force à agir, à pencher d'un certain côté. Mais pas plus. L'état demeure.
Rêver : très bien ; vivre quand même !
Le renoncement est admirable, encore faut-il connaître ce à quoi on renonce.
Les problèmes ne surgissent jamais dans le vide.
Le passé ne sera jamais pire que l'avenir.
Le fanatisme, toujours serviteur du faux. Même au service du vrai, il serait haïssable.
Il te faudra franchir la mort pour que tu vives.
Les citations sont les pilotis de l'écrivain fantôme : sans elles, il s'enfoncerait doucement dans le néant.
Rien ne commence dans l'enfance, même si l'on se berce de premières fois. Tout a déjà pris racine avant, sans qu'on s'en aperçoive.
Il ne manque jamais quelqu'un de trop.
Les enfants adorent s'ennuyer, même quand ils ont des tas de choses à faire.
L'homme est l'animal dont le plaisir est de faire ce qui ne lui fait pas plaisir.
Nos réflexions. Elles sont le fruit de notre commerce avec les autres, du frottement de notre intelligence avec la leur et du travail souterrain que nos lectures et nos conversations effectuent en nous.
La peur de paraître a sûrement un rapport avec celle d'être.
Quand on chasse le crotale, généralement on ne le trouve pas... et il n'est pas rare qu'il ait mordu avant qu'on l'ait vu.
A partir du moment où quelqu'un devient conscient de soi, il a un souvenir du monde et de l'histoire de son temps dont il doit se méfier. Car, ce n'est pas un souvenir exact, c'est même la pire et la plus dangereuse des sources.
L'opposition systématique entre l'inné et l'acquis est devenue absurde.
Les pauvres ont un penchant à donner à de plus pauvres qu'eux... Quand on vit au jour le jour, ce n'est pas changer son état que de se démunir... Donner quand on possède, voilà qui est difficile.
C'est un excellent entraînement intellectuel que d'avoir en soi-même une confiance exagérée.
Du moment que vous prouvez, vous mentez.
Comme nous ne sommes pas sûrs de notre courage, nous ne voulons pas avoir l'air de douter du courage d'autrui.
L'été, pour l'aveugle, c'est peut-être seulement quand bourdonnent les mouches.
L'homme n'est qu'un supplément négligeable dans cet Eden dont il aspire à sortir.
On est fondé à se demander si nos vies ne sont pas, après tout, que des vies artificielles.