C'est la pensée toute vivante qui dicte le style immortel. Dès qu'elle a trouvé ce qu'elle cherche, elle n'est plus.
Le chemin du devoir est toujours proche, mais l'homme le cherche loin de lui.
La pensée ne livre rien de la pureté et des profondeurs de l'âme ni de la vie du coeur, sinon les motifs qui la conduisent.
Toute la création est fiction et illusion. La matière est une illusion pour la pensée ; la pensée est une illusion pour l'intuition ; l'intuition est une illusion pour l'idée pure ; l'idée pure est une illusion pour l'être. Dieu est le mensonge suprême.
Les cris des bêtes sont des sténographies sensorielles dans l'espace. Tel était le langage premier de l'homme.
Si tu veux être homme, ne cherche pas le repos.
Au lieu d'une incapacité quelconque à communiquer, il y a en chacun de nous un mouvement intérieur qui cherche délibérément à esquiver la communication.
L'égoïsme intellectuel est peut-être l'héroïsme de la pensée.
Quand les images sont perdues, l'espace aussi. Quand le son est perdu, le langage aussi.
Chez les uns, le style naît des pensées ; chez les autres, les pensées naissent du style.
L'Amour, la Poésie, c'est par ce seul ressort que la pensée humaine parviendra à reprendre le large.
Le philosophe cherche la vérité et l'artiste, la beauté. Plus ambitieux, le moraliste, artiste et philosophe tout ensemble, cherche, comme une femme, le bonheur.
Je ne cherche pas à comprendre pour croire, mais je crois pour comprendre.
J'attends plus rien de personne, c'est pas les beaux discours qui réchauffent quand je frissonne, si ma pensée profonde avait un intitulé, ça serait : Qu'ils aillent tous se faire enculer.
L'amoureux est un être complexe qui cherche aussi à rendre heureux.
La pensée console de tout et remédie à tout.
L'idiot savant écrit son non-sens dans un meilleur langage que l'ignorant, mais c'est toujours un non-sens.
Les esprits pauvres ou mornes trouvent toujours une désillusion auprès d'un homme illustre : il nous faut une imagination vive pour restituer à celui que nous contemplons l'atmosphère de son oeuvre ; mais une âme de feu transfigure tous ses objets.
Le succès, au lieu d'apporter la liberté, finit par devenir un style de vie.
Ma mère ne voulait pas de moi. Elle m'a dit que j'étais le «fruit d'un viol». Longtemps, j'ai cherché un arbre qui s'appelait le viol...
Une oeuvre littéraire fabrique une multitude de situations fictives dans lesquelles on se projette, dans lesquelles on devient un autre.
Le style de Kant est si lourd que, après sa pure raison, le lecteur aspire à la déraison.
A force de parler le langage de l'ennemi, les idéologues changent d'idées.
Dieu ? Je ne sais pas si j'y crois. J'ai des regrets de ne plus avoir une conception aussi simple de la création et de son créateur.
J'ai cherché à acquérir toutes sortes de connaissances ; j'ai étudié dans toutes les écoles de philosophie, et je me suis enfin arrêté à la seule vraie doctrine, celle des chrétiens, de ces hommes méprisés par tous ceux qui sont dans l'aveuglement et l'erreur.
La politique vue avec la perspective d'un intellectuel diffère beaucoup de la pratique. Dans un cas, c'est un exercice de la pensée critique, dans l'autre une lutte pour le pouvoir.
La pensée véritable et authentique est semblable à une graine ; elle est semée dans la terre fertile du cerveau. Pour qu'il y ait germination, il faut une culture, des engrais intellectuels et l'irrigation par la morale.
Qui cherche l'infini n'a qu'à fermer les yeux.
Un juif se bat avec sa pensée et fait des exercices avec ses idées.
Tous les gens sont pareils : crevant de peur à la pensée de la mort et obsédés par le sexe.
La pensée est le labeur de l'intelligence, la rêverie en est la volupté.