Il ne faut pas oublier avec quelle rapidité les visions du génie deviennent des mets en conserve pour intellectuels.
L'âge que nous vivons est dangereux ; comme il serait ennuyeux s'il ne l'était pas.
Pour une femme le premier baiser est la fin du commencement. Pour un homme, c'est le commencement de la fin.
La vie m'a tant giflé que la tête m'en tournait comme la vis d'un tabouret de piano.
La religion est moins un sujet de sanctification qu'un sujet de disputes qui appartient à tout le monde.
L'illusion seule est aisée. La vérité est toujours difficile !
La vache est un mammifère dont les jambes arrivent jusqu'à terre.
Le talent, c'est la hardiesse, l'esprit libre, les idées larges.
Nous ne pouvons attendre de bienfaits de la nature ; notre devoir est de les lui arracher.
Le mal a deux façons de nuire : en faisant le mal, et en faisant le bien.
Nous nous faisons plus de mal que les autres ne peuvent nous en faire.
Rien ne peut jamais marcher si l'on songe à tout ce qu'il faut pour que ça marche.
Le journalisme consiste pour une large part à dire "Lord Jones est mort" à des gens qui n'ont jamais su que Lord Jones existait.
La justice est une si belle chose, qu'on ne saurait trop cher l'acheter.
Quand je regarde l'Histoire, j'y vois des heures de liberté et des siècles de servitude.
On fait toujours semblant de confondre les juges avec la justice, comme les prêtres avec Dieu. C'est ainsi qu'on habitue les hommes à se défier de la justice et de Dieu.
Pourquoi l'Europe est-elle si économiquement nécessaire et si profondément ennuyeuse ?
La psychanalyse est un examen où on est sûr de se faire étendre.
L'adversaire peut à la fois avoir le tort de parier que Dieu n'est pas, et mettre dans le mille lorsqu'il découvre et dénonce les raisons basses que nous avons de croire en Dieu.
Mon père ne m'a jamais expliquer la vie, il vivait, et me laissait le regarder.
Personne n'est absolument libre, car il y a aussi les esclaves de leur indépendance.
Les autos ont remplacé les fiacres, et les camions, les charrettes à foin ; mais aucune invention n'a remplacé l'homme lui-même.
La femme ? Elle est comme l'amour qu'elle inspire.
Tous les crimes sont venus de la tyrannie, qui fut le premier de tous.
Le rêve du méchant est son premier supplice.
L'essence de l'homme ne serait-elle pas d'être un être qui peut témoigner ?
Comme les ennemis sont mortels, il n'est somme toute que d'attendre.
J'enseigne l'art de tourner l'angoisse en délice.
Ce n'est pas la perfection des crimes qui manque, mais la véritable intelligence des criminels.
L'âge, en nous libérant de nos passions égocentriques, nous rend disponibles, plus aptes à redécouvrir les êtres qu'on a aimés.
Les hommes ne sont point faits pour être entassés en fourmilières mais épars sur la terre qu'ils doivent cultiver. Plus ils se rassemblent, plus ils se corrompent. Les villes sont le gouffre de l'espèce humaine.
Quand on a "une dent" contre quelqu'un, il est inutile de mâcher ses mots.
Les générations ne communiquent guère entre elles et ne le désirent pas.
Les hommes à femmes se divisent en deux catégories : les portefeuilles et les portefaix !
Moins un journal a d'abonnés, plus il est libre.
Tout, chez tout le monde, n'est que divertissement, dérivatif à la mort.
Une doctrine, quelle qu'elle soit, politique, religieuse ou sociale, ne se produit jamais sans trouver plus de contradicteurs que d'adeptes, et ne recrute quelques soldats qu'après avoir fait beaucoup de martyrs.
Il n'y a pas d'endroit agréable, puisque notre corps nous empêche de sortir.
Les grandes trahisons sont toujours effacées par l'histoire.
Seul celui qui a franchi la lisière de la mort pourrait enseigner, seul il sait.
C'est ça, être vieux. C'est d'avoir un seul endroit où aller, et d'être obligé d'y aller.
Seule. On ne l'est jamais, même en dépit des apparences. Il y a toujours une multitude d'êtres à qui nous demeurons nécessaires.
Excentricité. Méthode de distinction si peu coûteuse que les sots l'utilisent pour accentuer leur incapacité.
La renommée des grands hommes devrait toujours se mesurer aux moyens dont ils ont usé pour l'acquérir.
Si tu te résous toi-même, le problème du monde est résolu.
On peut fort bien vivre sans âme, il n'y a pas de quoi en faire une histoire, cela arrive très souvent. Le seul problème, c'est que les choses ne viennent plus vers vous, quand vous les appelez par leur nom.
A mesure que les peuples montent en civilisation, les gouvernements descendent en police.
Tout est magie, ou rien.
L'écriture spécifiquement féminine, cela n'existe pas ! L'écriture est universelle.
L'accumulation des connaissances n'est pas la connaissance.