Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux.
Certains journalistes parlent d'un livre sans l'avoir feuilleté par conscience professionnelle afin de se trouver dans les conditions exactes d'ignorance du public auquel ils s'adressent.
A un moment donné de notre existence, nous perdons la maîtrise de notre vie, qui se trouve dès lors gouvernée par le destin. C'est là qu'est la plus grande imposture du monde.
La modestie n'est souvent que dépit contre soi. On se diminue par fureur d'être déjà trop peu.
Il y a autant de faiblesse à fuir la mode qu'à l'affecter.
Ce qui est dans les grands splendeurs, somptuosité, est dissipation, folie, ineptie dans le particulier.
La femme ne sait plus même être courtisane !
L'Internet serait une toile comme les autres si elle n'avait ses millions d'araignées...
Pour aimer assez, il faut aimer trop !
Je sens que je suis libre mais je sais que je ne le suis pas.
Quand je pense à ce que j'ai vécu, j'ai l'impression de n'avoir fait qu'égarer mes corps par les chemins.
Une femme que nous entretenons ne nous semble pas une femme entretenue tant que nous ne savons pas qu'elle l'est par d'autres.
Les enfants peuvent être ici nos guides ; voyez chez eux le rire succède vite aux larmes.
Je préférerai toujours les choses aux mots, et la pensée à la rime.
L'homme naît avec des sens et des facultés ; mais il n'apporte avec lui en naissant aucune idée : son cerveau est une table rase qui n'a reçu aucune impression, mais qui est préparée pour en recevoir.
Au sommet de la puissance, on ne voit plus rien du tout.
Il me faut du nouveau, n'en fut-il point au monde.
Les abus invétérés ne se corrigent qu'avec le temps.
Un peu de passion augmente l'esprit, beaucoup l'éteint.
Pourquoi les mots, cette précision brutale qui maltraite nos complications ?
Ils ne savent pas que sans poésie, c'est eux qui sont morts.
On fabrique de la probité avec toutes sortes de vices, comme on fait du papier blanc avec des guenilles de mille couleurs.
Je ne sais pas si je crois en Dieu. Mais, tout au moins suis-je sûr, grâce à l'histoire qui me recueille, de croire en ceux qui de tout temps et partout ont cru en Lui.
Il n'est guère facile de vivre après la mort. Il faut parfois pour cela perdre toute une vie.
Les hommes grandissent et s'entre-tuent pour savoir qui est le plus grand.
Le rêve du méchant est son premier supplice.
Plus un peuple est intelligent plus ses divisions sont graves.
On parle du courage d'un condamné à mort qui marche jusqu'au lieu de l'exécution : il en faut parfois autant pour garder une façade acceptable en allant au-devant de la souffrance quotidienne.
Pendant que l'on écrit publiquement sur des péchés intimes, moi, j'ai entrepris d'écrire en cachette sur des péchés publics.
L'habitude aveugle, sourde et muette, affadit la conscience.
Il ne faut surtout pas adorer un homme ; surtout pas le lui dire ! Ils deviennent tous intolérables, inutilisables, quand ils l'apprennent.
Tout journal qui n'augmente pas sa masse d'abonnés, quelle qu'elle soit, est en décroissance.
Toutes les forêts du monde n'auraient pu fournir le papier nécessaire à l'encyclopédie de l'ignorance.
Libération de la femme. C'est comme celle des prix, ça profite surtout aux intermédiaires.
Ce n'est pas tous les jours qu'on peut se révéler à soi-même son courage.
Si les grands hommes n'avaient pas commis d'erreurs, nous ne saurions pas qu'ils ont existé.
La foi cautionne toutes les paroles de Dieu.
Une petite ville est un endroit où il n'y a pas d'endroit où on ne devrait pas aller.
Une longue jeunesse est devant les choses.
Il faut que les buts que tu te fixes soient clairs et précis dans ton esprit avant de chercher à les atteindre. Garde-les en mémoire jusqu'à ce qu'ils deviennent une seconde nature.
Le plaisir, ce n'est pas la vie. Comme c'est vide, quand l'amour n'est pas là à qui servir de cadre.
Plus que l'homme, la femme tient à se tenir à la hauteur de l'opinion qu'on se fait d'elle.
La conquête d'un pays se fait aussi par les mots.
Un sot qui a un moment d'esprit étonne et scandalise, comme des chevaux de fiacre au galop.
Les remords sont les plaisirs sadiques du christianisme.
On ne se fait pas toujours une langue propre à son coeur.
Il n'y a pas plus de rectitude dans le caractère et l'activité d'un diplomate que dans un tire-bouchon.
Les citations sont les pilotis de l'écrivain fantôme : sans elles, il s'enfoncerait doucement dans le néant.
La guerre ne salit pas l'idéal, c'est l'idéal qui purifie la guerre.
L'histoire de la lecture est celle d'une exclusion, d'une renonciation.