Deux regards qui se croisent, c'est un peu d'éternité reconnue.
Les séductions de la chair sont moins distrayantes que celles du coeur et de l'esprit.
On doit donner au problème une forme telle qu'il soit toujours possible de le résoudre.
L'espoir est un sentiment qui ne meurt qu'avec l'homme.
Il n'y a que les gens médiocres pour penser à tout.
L'artiste, et c'est en quoi il se distingue du commun des mortels, offre en pâture aux sarcasmes non seulement son physique et son moral, mais son oeuvre.
Les inscriptions sur les tombes ressemblent parfois à des avis de recherche.
L'amour maternel est le plus éminent des sentiments égoïstes, ou, pour dire autrement, le plus énergique des sentiments altruistes.
La politique ce n'est pas une science exacte, c'est une science humaine.
La jeunesse s'instruit par intuition. Si l'on ne savait que ce qu'on apprend on ne saurait rien.
La vie, c'est peindre une image, et non faire une somme.
Comment renoncer aux usances câlines, au confort, au bien-être indolent de la vie ?
Le sommeil, aventure sinistre de tous les soirs.
N'interroge pas les années que tu as vécues mais l'instant dont tu profites.
Il y a quantité d'hommes heureux en cette vie, mais le bonheur comme le bien ne fait pas de bruit et il est plus difficile de le découvrir.
En vieillissant on devient de plus en plus obsédé, de moins en moins sexuel. Heureusement qu'il nous reste le baisemain.
Un homme est malheureux quand il a trop besoin des autres.
Comme tout irait mieux si on donnait le pouvoir à ceux qui ont la flemme de le prendre.
Notre destinée n'est pas un phénomène présent à nos regards ; elle embrasse un passé qui nous est invisible, un avenir qui l'est également.
Le désir parfois ne rend pas clairvoyant, parce qu'il y a l'espoir...
Soyez bref, car les discours qui n'en finissent pas ne plaisent pas.
La meilleure façon de se taire c'est de parler avec ses mains.
Ma mort est comme une sentinelle, lasse de tout ce qu'elle a pris.
Dépendez de quelqu'un, et vous vivrez en enfer.
La réalité s'affronte bien facilement, lorsque disparaissent les gargouilles impitoyables de l'imagination.
Le vrai philosophe doit toujours s'étonner.
C'est lorsque la religion atteint son apogée, sa plus haute puissance, qu'elle fait commettre le plus de crimes.
Le latin n'est pas une langue marrante. D'ailleurs elle en est morte.
On nous a dressés à attrister la vie en trouvant la Nature hostile dans la plupart de ses phénomènes familiers.
Le théâtre partage ses limites avec la religion. La religion n'est que du théâtre qui veut être vrai.
Jamais réalisé ne veut pas dire irréalisable.
On ne marchande pas avec les rêves, les hasards et les coïncidences.
Il est agréable d'oublier la sagesse à propos.
Il y a trois choses qui nous accompagnent jusqu'à la mort : le sang, l'urine, et les excréments.
Une vieille fille, c'est la veuve d'un célibataire.
La paranoïa des gens connus est sans limites.
Comme de toute chose, il y a un secret du vin ; mais c'est un secret qu'il ne garde pas. On peut le lui faire dire : il suffit de l'aimer, de le boire, de le placer à l'intérieur de soi-même. Alors il parle. En toute confiance, il parle.
La pensée idéologique est toujours contre quelqu'un. Elle est toujours un instrument de violence. Elle en est imprégnée, empoisonnée.
C'est parce qu'il attend peu du mariage que l'homme n'en désespère pas et qu'il ne voudra plus en sortir même en cas de faillite - comme on tient à un emploi qui ne vous donne plus de plaisir mais assure toujours vos fins de mois.
La télévision c'est le monde à temps plein, à ras bord de souffrance, impossible à voir dans ces conditions, impossible à entendre.
L'imminence de la mort n'est pas seulement une obsession personnelle, c'est une manière de se rendre à la nécessité de ce qui se donne à penser, à savoir qu'il n'y a pas de présence sans trace et pas de trace sans disparition, donc sans mort.
On quitte d'abord la maison de ses parents, et ensuite, parfois, on quitte la maison de son premier mariage, et c'est toujours la même peine qu'on ressent, celle de se sentir, une fois pour toutes, orphelin.
Seul le fou qui rit ne s'entend pas pleurer.
Que redoute-t-on quand un homme fixe sa vie avant d'avoir "mené la vie de garçon" ? On craint que la solidité du mariage ne résiste pas au déchaînement subit de l'instinct viril. Juste crainte, mais qui n'est pas moins fondée pour la femme.
Le goût de la vie l'emporte sur celui du meurtre, de beaucoup.
Il faut préserver coûte que coûte tous les acquis démocratiques, laïques et républicains arrachés par des décennies de lutte du peuple.
Un homme amoureux, qui plaint l'homme raisonnable, me paraît ressembler à un homme qui lit des contes de fées, et qui raille ceux qui lisent l'histoire.
La frugalité contient toutes les vertus.
L'erreur enivre ; l'indifférence assoupit : mais ni l'une ni l'autre ne comble le vide de l'âme.
La pluie est quelque chose que les Britanniques font mieux que personne.