Le malheur d'être riche, c'est qu'il faut vivre avec des gens riches.
Le mal a deux façons de nuire : en faisant le mal, et en faisant le bien.
Un enfant qui joue n'est pas puéril.
Il vaut mieux employer notre esprit à supporter les infortunes qui nous arrivent qu'à prévoir celles qui nous peuvent arriver.
Ce sont les événements qui commandent aux hommes et non les hommes aux événements.
Quand on veut plaire dans le monde, il faut se résoudre à apprendre beaucoup de choses qu'on sait par des gens qui les ignorent.
Tout ce qui est sage a déjà été pensé : il faut essayer seulement de le penser encore une fois.
Il n'y a au monde que deux classes d'hommes : ceux qui ont et ceux qui gagnent. Les premiers se couchent, les autres se remuent.
On ne demande conseil que pour appuyer ses convictions.
On ne doit pas plus exhiber sa culture que ses biceps. Il faut qu'elle saille sous la phrase comme les muscles sous le vêtement.
On est fidèle à soi-même, et c'est tout.
Pour le diplomate, le dernier mot de l'astuce est de dire la vérité quand on croit qu'il ne la dit pas, et de ne pas la dire quand on croit qu'il l'a dit.
Les voies de Dieu sont impénétrables, dit-on. Assurément. Je n'aurais jamais accepté, en aucune façon, de servir un Dieu dont les voies auraient été à la portée de la compréhension de l'homme.
Si les découvertes scientifiques ont à la fois donné à l'humanité le pouvoir de créer et le pouvoir de détruire, alors elles sont en même temps un énorme défi et une grande épreuve.
Il semble qu'il y ait, dans toute destinée, comme un rythme régulateur des événements, et qu'à chaque période de violence et de tumulte succède inévitablement une période de détente et de stagnation.
Quiconque recueille avec foi un simple précepte, est digne de recevoir l'esprit saint.
On a beau trouver la force dans le droit, celle du nombre sera toujours supérieure.
Tout ce qui m'importe peut être vite dit. La vérité est courte.
Une grande partie du génie réside dans la capacité de tirer profit, pour soi et sa science, de tous les incidents de la vie.
Si tous les gens qui s'aiment se mariaient, ça ferait du beau ! Tous ces divorces en perspective. Et toute une morale à refaire. L'Eglise n'y tiendrait plus.
On conduit les enfants par la raison de l'autorité et les hommes par l'autorité de la raison : c'est au fond, la même chose, car la raison est la première autorité, et l'autorité la dernière raison.
Il n'y a qu'un précepte : s'aimer. Aimer les autres est un a posteriori.
N'essayez pas d'avoir le dernier mot. Vous pourriez l'avoir.
Les bonnes consciences ne sont pas celles qu'on gave de prescriptions, mais de lumière.
C'est une espèce de bonheur, de connaître jusqu'à quel point on doit être malheureux.
L'argent n'arrive pas dans les mains fermées.
Il n'y a pas de désir que la puissance de l'analyse ne parvienne à dissoudre.
Tout le monde sait comment élever des enfants, sauf ceux qui en ont.
Plus les individus sont détruits, plus grand est leur désir de se rattacher à une collectivité.
Pour être ambitieux, il faut haïr ceux qui se mettent en travers de notre chemin.
Tout est bonheur aux gens qui s'aiment.
Semblable à l'amour, la mission de l'art est de révéler l'homme à lui-même.
Nous sommes tous fait pour l'amour ; c'est le principe même de l'existence et sa seule fin.
Le paradis est plein d'imbéciles qui croient qu'il existe.
L'amour de notre langue s'identifie avec l'amour des mères qui nous l'apprennent !
Les notaires c'est comme les avocats, moins t'en vois, plus t'as d'quoi.
La mort nous trouvera bien partout où nous irons. La mort, c'est lorsqu'on la fuit qu'elle s'attache à nos pas ! Il est bien rare que ceux qui la désirent la voient venir.
Le poète et le tyran font rarement bon ménage.
L'enfer existe. Il est la part du plus grand nombre.
On ne définit pas le succès une fois pour toutes, dans l'abstrait. Il se mesure aux servitudes particulières surmontées.
La seule supériorité réelle de l'homme jaillit du sens de l'absurde qui le saisit quand il se réfléchit, quand il se demande ce qu'il est venu faire en ce monde.
Rêver : très bien ; vivre quand même !
Mais où le théâtre prendrait-il son impulsion décisive sinon dans le royaume de la liberté ?
Certains ne sont pas plus portés à la grande mystique que les hyènes ne le sont à la grande ablution.
On ne tire pas sur les pintades qu'on a dans son filet.
Il y a deux sortes d'écrivains comme il y a deux sortes de chasseurs, ceux qui vont acheter leur gibier chez le marchand de comestibles, et ceux qui le rapportent de la chasse.
Certains critiques ressemblent assez à ces gens qui, toutes les fois qu'ils veulent rire, montrent de vilaines dents.
Le plus grand plaisir, c'est d'être admiré.
L'écriture, c'est comme un iceberg, avec un dixième émergé. La partie émergée, c'est le premier roman. Ensuite, il y a le deuxième, le troisième... A chaque roman, on va plus profond.
La peur de paraître a sûrement un rapport avec celle d'être.