Le ciel est pour ceux qui y pensent.
Nous sommes du bonheur de nous-mêmes artisans, et fabriquons nos jours ou fâcheux ou plaisants.
La nuit dissimule les défauts et est indulgente à toutes les imperfections ; à ces heures-là, toute femme semble belle.
Dans l'imagination, il y a une révélation du Moi à lui-même.
Dieu nous juge tous entiers et d'un regard, et non pas comme les hommes, sur des sentiments et des actes isolés.
Chacun de nous sent d'instinct que les plus beaux sentiments du monde ne valent pas une seule bonne action.
Comment peut-on croire à ce que l'on crée alors que la publicité donne aux personnages tellement plus de réalité qu'on ne pourrait le rêver ?
Le temps est aussi pollué que l'espace. Je viens de passer un sale quart d'heure qui m'a convaincu.
Toute vie mérite qu'on s'y attache.
La jeunesse n'a qu'un temps.
Qui se venge en secret, en secret en fait gloire.
Soyez chacal, ou soyez loup, Les juges sont plus forts que vous. Ecoutez-moi (la chose est sûre), Méfiez-vous d'la magistrature.
On ne doit jamais donner d'ordre à une femme que lorsqu'on est bien sûr d'avance d'être obéi.
Incompréhensible que Dieu soit, et incompréhensible qu'il ne soit pas.
Souvent trop d'abondance appauvrit la matière.
L'expérience est une qualité qui vous permet de ne jamais recommencer une sottise de la même manière.
Le rire seul échappe à notre surveillance.
La musique est le langage des passions, mais toutes les passions ne gagnent pas à être mises en musique.
L'avenir appartient à l'Eglise qui aura les portes les plus larges.
Le public est gouverné comme il raisonne. Son droit est de dire des sottises comme celui des ministres est d'en faire.
Nous voulons tellement manquer de temps qu'il est devenu ringard de laisser paraître qu'on en a.
Il est un système dont nous ne parviendrons pas à sortir avant longtemps : le solaire.
Les affaires, c'est du Darwinisme, seul le plus adapté survit.
S'incliner devant la raison des sots, c'est l'héroïsme des gens d'esprit.
La mort, seul bien des tristes affligés.
Les enfances se ressemblent toutes, dans leur grandeur comme dans leur misère originelles. On ne connaît guère mieux son enfance que les enfances inconnues et secrètes des autres enfants.
Tout en lisant l'histoire de la vie, il faut en feuilleter toujours le roman.
Ne dois-je donc jamais entendre une de ces charmantes créatures m'appeler maman, me tirer par ma robe, me tyranniser ?
Qui se grise de rêverie est d'autant plus prêt au délire qu'il prolonge son extase.
L'avantage de l'ordinateur est double. Il perçoit beaucoup plus vite et paye encore plus lentement.
Rien n'est plus dangereux que ces consciences endormies, satisfaites ! Ces consciences raisonnables dont la vie se retire peu à peu.
Lorsqu'on écrit, il faut tout imaginer, toujours, mais les coups d'oeil qu'on peut jeter sur la vie d'autrui fournissent des clous sur lesquels accrocher les histoires et les personnages qu'on invente.
J'ignore ce que sont les heures de félicité que l'amant goûte avec la bien-aimée avant le mariage ; mais les heures d'enivrement qu'elle connaît dans un magasin de couture lui passent sous le nez.
L'homme moderne communique souvent mieux avec sa souris qu'avec sa langue.
Les gens discrets ne le sont que parce qu'ils manquent d'imagination.
Les plaisirs de l'amour sont toujours en proportion de la crainte.
En soi les buts de l'écrivain sont louables, mais il faut avoir du génie pour les réaliser et ça c'est quelque chose d'immatériel que Dieu seul peut donner selon son bon plaisir.
Rien ne rend si complètement misérable qu'une crainte continuelle.
C'est lorsque nous avons l'impression de donner le plus que nous sommes le plus égoïstes.
Pour juger de quelqu'un, il faut lui avoir vu jouer le dernier rôle.
Quel crime de lèse-million que de démontrer aux riches l'impuissance de l'or !
Avec deux malheurs on peut faire une grande catastrophe.
Il n'y a que deux attitudes : se résigner ou se révolter. Toutes deux exigent la même liberté et la même lucidité. Malheureusement, nos révoltés sont encore et toujours beaucoup trop résignés, et nos résignés beaucoup trop révoltés.
Il n'y a rien de plus irritant que les choses dont on ne peut saisir la nature. Elles mettent au défi notre manie de tout nommer, de tout ranger par catégories précises.
Auprès des politiciens, les finesses de l'étiquette, les subtilités de la diplomatie comptent moins que le succès.
Il ne peut y avoir ici-bas de bien-être parfait sans la patrie.
C'est utile, une révolution. Ça met des freins au gouvernement, ça le force à agir, à pencher d'un certain côté. Mais pas plus. L'état demeure.
L'artiste est un sculpteur de neige.
On oublie toujours que l'infini n'a pas non plus de commencement.
On se souvient toujours des dates importantes... le lendemain.