La musique, j'en fais ; alors j'en écoute peu
Il faut se motiver pour s'armer contre la terreur du défaitisme, contre l'hégémonie des cyniques. C'est un combat à mener.
La fiction peut être un moyen d'appréhender le réel, à défaut de pouvoir l'expliquer.
Je remercie le temps. Il me prend dans ses bras et il efface derrière lui la route.
Les choses modernes ne me touchent pas. Pour être ému, j'ai besoin que ça soit ancien, avec un imaginaire d'un autre siècle, de préférence assez lointain.
Ne passez pas tout votre temps à couper du bois au point d'en oublier d'affûter votre hache.
Qui veut changer trouvera toujours une bonne raison pour changer.
Que l'homme est né pour le bonheur, certes toute la nature l'enseigne.
Veux-tu qu'on t'aime ? Ne t'aime pas.
Il n'y a de théâtre vivant que si les auteurs y sont attachés. Ce sont les auteurs autant que les troupes qui font les théâtres.
A cinquante-deux ans, il n'y a que le bonheur et la bonne humeur en général qui puissent rendre un homme séduisant.
Avec toutes les promesses que font nos députés, le budget total des États-Unis serait insuffisant pour un seul département français.
A notre époque, le mépris des proverbes, c'est le commencement de la fortune.
Les femmes ont été assujetties matériellement aux hommes depuis des générations dans le monde entier. Elles en sont venues à se reposer sur l'homme aussi inconditionnellement qu'un enfant sur ses parents.
Quand les saucisses commencent à mordre les chiens, on peut s'inquiéter.
Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de choses, quand on en a, mourir c'est trop.
La seule atmosphère favorable au créateur est celle de la naissance de l'amour. Le mariage ou toute relation permanente avec une femme est la mort d'un grand artiste.
Une jeune fille qui veut plaire en se faisant intéressante plaira surtout à elle-même.
Les vieux, c'est comme les enfants, ils voudraient qu'on les plaigne, mais qui en a pitié ?
La raison parle et le sentiment mord.
Tout le monde le disait ; loin de moi la pensée de soutenir que ce que dit tout le monde doive être vrai.
Pour avoir quelque autorité sur les hommes, il faut être distingué d'eux. Voilà pourquoi les magistrats et les prêtres ont des bonnets carrés.
Je ne crois pas en l'au-delà mais j'emmènerai quand même des sous-vêtements de rechange.
En voulant, on se trompe souvent. Mais, en ne voulant pas, on se trompe toujours.
On peut voir le peu de cas que Dieu fait des richesses, par les gens à qui il les donne.
L'homme est une intelligence servie par des organes.
Lorsqu'on aime trop, ça fait mal.
Certes Dieu n'a pas besoin de l'existence ; c'est bien plutôt l'existence qui a besoin de Dieu.
En politique, il faut toujours laisser un os à ronger aux frondeurs.
Le génie est une habitude que prennent certains.
C'est avoir fait un bien grand pas dans la sagesse que de ne pas avoir besoin de société le soir.
Tenez dans la vie un seul monologue mais mettez l'accent sur un mot sans cesse différent.
Quand on désire pénétrer dans ses sources profondes une oeuvre dramatique, il faut d'abord se demander pour quel public elle a été composée.
Ce qui est ingénieux est bien près d'être vrai.
Il faut toujours se méfier de ses emportements, des excès qui perturbent et finalement qui provoquent le désordre.
Je ne parviens pas à savoir quelle partie de moi-même trompe l'autre.
La féerie est un monde vivant que l'imagination de l'enfant est seule capable de créer à sa démesure ; les fées ont été inventées par les adultes pour tuer la féerie des lieux.
C'est le rôle de l'artiste de s'inquiéter où le monde va.
Etre heureux, c'est mettre en échec les sources de déplaisir.
Une peine d'amour, ça tient compagnie mieux que n'importe quel ami.
Les hommes à femmes se divisent en deux catégories : les portefeuilles et les portefaix !
Rien de plus humain que le divin.
Il n'est point de haine implacable, sauf en amour.
On ne ressuscite pas un amour moribond.
Personne n'est responsable de son destin.
La télé : chaque image y est un évanouissement sans lendemain.
Quand on use ses jours à écrire, c'est qu'on y est contrainte par je ne sais quelle force occulte. On est sommée de continuer sa mémoire comme si on était déjà morte.
Réussir, c'est important. Réussir au-delà de toute espérance, c'est terrible.
Un jour, on ne rêve plus que d'ailleurs.
On dit : retracer une vie. Mais les arabesques et méandres dessinent à la fin un motif plutôt indiscernable : juste une forme évidée. Peut-être ne fait-on que cela : broder sur la musique du temps, avec parfois des cassures.