Je ne sais pas si je crois en Dieu. Mais, tout au moins suis-je sûr, grâce à l'histoire qui me recueille, de croire en ceux qui de tout temps et partout ont cru en Lui.
Les chats sont là pour nous apprendre que sur terre tout n'a pas son utilité.
Il y a des coeurs qui n'arrivent que par la lassitude jusqu'à la tendresse.
C'est encore dans la marine qu'il y a le plus de marins.
On n'a jamais fini de faire son devoir.
A quoi sert la pudeur ? Elle sert à paraître plus belle quand on est belle et à paraître moins laide quand on l'est.
On se plaît au récit des maux qu'on ne sent plus.
Il faut sauver l'espérance. C'est le grand problème de ce siècle.
C'est une espèce de bonheur, de connaître jusqu'à quel point on doit être malheureux.
Ce n'est pas tous les jours qu'on peut se révéler à soi-même son courage.
L'homme moderne communique souvent mieux avec sa souris qu'avec sa langue.
Dieu ne s'offre que dans l'anéantissement de l'esprit. La nuit intérieure est préalable à toute contemplation de Dieu.
Une erreur vigoureuse et vigoureusement cultivée entretient du moins les germes de la vérité.
Dans les conférences de cadres, il ne s'agit plus de travailler, mais de parler sur le travail.
L'avenir n'est pas réel. Un rêve qui peut se réaliser ou pas. Le passé seul existe vraiment.
Il est plus aisé, et éminemment plus scientifique, de traquer le passé que d'esquisser l'avenir.
La vérité ne fait pas de politique... et réciproquement.
Vivre signifie être conscient, joyeusement, jusqu'à l'ébriété.
On ne guérit pas d'un mal en s'en occupant tout le temps.
La démolition c'est comme la morale, ça fout tout par terre.
La littérature, c'est la vie intérieure qui devient de la vie.
Quand on use ses jours à écrire, c'est qu'on y est contrainte par je ne sais quelle force occulte. On est sommée de continuer sa mémoire comme si on était déjà morte.
Par où entrer dans cette vie pour avoir le droit d'en être...
C'est un crime public que d'agir comme si Dieu n'existait pas.
Si jamais j'acquiers la Sagesse, je serai assez sage, j'imagine, pour en tirer parti.
On ne pense pas à tous les frais que nous avons, nous autres bigames. Deux mariages, vous savez, ça vaut un incendie.
La neige séjourne longtemps sur les sols pierreux, mais disparaît vite sur les terres cultivées.
Quand je serai grand, je ne lirai pas le journal, je ne m'intéresserai pas aux grands problèmes et je n'irai pas voter. Comme ça, je pourrai me plaindre de ne pas être représenté par le gouvernement.
Le présent, ce point invisible, ce néant qui avance lentement vers la mort.
Quand on chasse le crotale, généralement on ne le trouve pas... et il n'est pas rare qu'il ait mordu avant qu'on l'ait vu.
Avec le temps, on ne vit plus que des sentiments mitigés : plus rien n'est plein, ni les bonheurs ni les malheurs ; toute chose à son ombre, qui s'allonge et où l'on pourra se reposer.
La pratique du zapping procure au téléspectateur l'illusion de la sélection consciente, alors qu'il ne répond souvent qu'à des réflexes immédiats d'ennui passager.
Les hommes de paille ont des poutres dans les yeux.
Une variété de l'homme de lettres est le monsieur "qui fait des travaux".
La mort n'est que la dernière nuance de la vie.
Il est généreux de se ranger du côté des affligés.
Je prends acte, pour l'autre vie, de ma conduite en celle-ci.
Aux orgueilleux Dieu résiste et combat, et leur orgueil soudainement se rabat.
Ce que nous vivions là, et nous en étions conscients tous les quatre, c'était un peu de rab. Un sursis, une parenthèse, un moment de grâce. Quelques heures volées aux autres...
La bravoure est dans le sang ; le courage est dans l'âme. La première est une espèce d'instinct, le second est une vertu.
Rien ne vaut la vie des autres pour ne pas vivre la sienne.
D'une certaine manière, « la pensée » ne veut rien dire.
L'amour n'est pas seulement une flamme, c'est une forge. Aimer, c'est brûler, certes ; c'est se consumer l'un l'autre, mais pour bâtir ensemble.
Le bonheur c'est ce qu'on cherche quand on s'aime beaucoup soi-même et qu'on ne sait plus quoi se faire pour se faire plaisir.
Et si l'on disait le contraireOu si l'on ne disait rienSi l'on construisait les phrases à l'enversOu si l'on soulevait demainQui serait l'adversaire ?Entre nous qui serait le plus malin ?Et si l'on disait le contraireOu si l'on ne disait plus rien ?
Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l'autre. C'est comme si j'avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout des mots.
J'ai besoin de reconstituer l'histoire de notre amour pour en saisir tout le sens. C'est elle qui nous a permis de devenir qui nous sommes, l'un par l'autre et l'un pour l'autre. Je t'écris pour comprendre ce que j'ai vécu, ce que nous avons vécu ensemble
Par exemple être ailleursAvoir envie d'être ailleursRien faireAvoir envie de rien fairePrendre des ruesMarcher dans les avenuesCroiser les gensAvec les soucis d'argentSentir son coeur vide éperdumentComme s'il ne pouvait plus sentir les sentiments
La seule chose qui mérite d'être écrite est le coeur humain en conflit avec lui-même.
La confiance est quelque chose avec laquelle vous êtes né. Je sais que j'en ai eu des tonnes à l'âge de 15 ans.