On peut choisir son régiment, mais partout il faut marcher au pas.
Un vrai livre se termine là où il doit commencer.
On ne sait jamais pourquoi on meurt.
Rien ne suscite autant l'amour de la littérature que d'apprendre que l'écrivain a été fourré au gnouf pour avoir réveillé la libido de millions d'individus...
Quand tout est facile, il n'y a rien de vraiment important.
Si deux hommes sont d'accord sur tout, c'est qu'un seul des deux pense.
C'est une grande difformité dans la nature qu'un vieillard amoureux.
Elle est si parfaitement laide qu'elle devient vraiment jolie dans son miroir déformant.
L'auto-stoppeuse est une passagère avec laquelle on sait quand on part, mais avec laquelle on ne sait jamais jusqu'où ça peut aller.
La tragédie russe a ceci de spécifique que d'abord elle suscite le rire, ensuite l'horreur, et enfin une indifférence obtuse.
Cette façon, si remarquable chez un chrétien, de porter sa croix, mais en sautoir.
La vie des autres, c'est encore la vie après tout.
Que vous donnez de force aux mots, et que vous en donnez peu aux choses.
L'innocence est toujours impossible à démontrer.
Un véritable réaliste, s'il est incrédule, trouve toujours en lui la force et la faculté de ne pas croire, même au miracle, et si ce dernier se présente comme un fait incontestable, il doutera de ses sens plutôt que d'admettre le fait.
La littérature est une drogue dure.
La mode est la pire des prostituées.
Il y a quelque chose de poignant à ce qu'une partie de son bonheur soit déjà dans le passé.
Le paradis terrestre est partout quand nous le voulons.
Les sentiments personnels ne doivent pas compter, quand il s'agit de la patrie, de la vie nationale.
Il ne faut pas confondre le succès et le mérite.
Les gens ne se guérissent jamais de l'illusion qu'ils se forgent du bonheur d'autrui. L'homme ne se trouve-t-il pas toujours seul à souffrir ?
Y a-t-il quelque chose de plus insignifiant que la vérité ? Oui : être obligé de la raconter.
Souffrances et joies se tiennent solidaires. L'on ne peut être heureux que dans la mesure où l'on souffre. L'égalité se fait dans l'ordre de l'intensité.
La Bible est un livre si diversifié que les enthousiastes et les fourbes peuvent y puiser tous les matériaux nécessaires pour appuyer leurs extravagances ou leurs projets dangereux...
Les gens qui obéissent ressemblent généralement trait pour trait à ceux qui commandent.
L'Etre divin n'est que l'être de l'homme dans sa subjectivité sans bornes et absolument libre.
Ici-bas, accomplir sa tâche de tout son coeur et de toutes ses forces, ne fait pas plus d'effet que de jeter une pierre dans la mer.
La maladie est une conviction...
Une mise en scène c'est comme une maison qu'on construit. On doit s'intéresser à toutes les parties de l'édifice.
A tous les hommes échoit de se connaître eux-mêmes et d'avoir l'esprit clair.
Les savants et les philosophes sont des romanciers sublimes qui canalisent leurs passions dans une autre direction.
Dans le lait des rêves il tombe toujours une mouche.
Le monde et la science ont leurs données propres, qui se touchent et ne se pénètrent pas. L'une nous montre à quel but nous devons viser, l'autre, le but étant donné, nous donne les moyens de l'attendre.
Rendre l'homme capable de grandes choses, bien qu'il soit un porc, tel est le problème.
L'ordre règne dans les gènes pendant que les défenseurs des sciences cognitives s'efforcent de découvrir dans le cerveau l'ordinateur de leurs rêves.
La vie sexuelle de chacun est en partie composée de fantasmes, en partie inspirée de modèles littéraires, de mythes, d'histoires ainsi que d'images et de films.
Que redoute-t-on quand un homme fixe sa vie avant d'avoir "mené la vie de garçon" ? On craint que la solidité du mariage ne résiste pas au déchaînement subit de l'instinct viril. Juste crainte, mais qui n'est pas moins fondée pour la femme.
Il faut renoncer à savoir, mais il ne faut pas renoncer à juger.
L'amour est un sentiment tarabiscoté dont nous ne connaissons pas les ressorts.
L'âge d'or ? Un vieux fantasme, une nostalgie d'apparat.
Je veux bien monter sur les barricades pour réclamer la grasse matinée, mais pas avant midi.
La mort ronge tous les jours ce que nous appelons vivre, et la vie avale sans arrêt notre désir du néant.
C'est le jeûne qui fait le saint, et la sobriété, l'homme de bon sens.
Singulier monde, que celui du rêve ! Les pensées, les paroles intérieures, en dedans, se pressent, fourmillent. Tout ce petit monde se hâte de vivre avant le réveil, qui est sa fin, sa mort à lui.
Il y a deux choses que l'on voit de l'espace. L'Himalaya et le déficit de George Bush.
Ne cherchons pas à être l'exemple, soyons le devoir.
J'étais une actrice muette, un corps. J'appartenais aux rêves, à ceux que l'on ne peut briser.
Ce qui est intéressant, avec la vieillesse, c'est que le désir s'ajuste miraculeusement aux moyens.
Fast Food, ça veut dire nourriture rapide, et après c'est Fast Cabinets ! Tu sais ce que ça veut dire ?