La tragédie russe a ceci de spécifique que d'abord elle suscite le rire, ensuite l'horreur, et enfin une indifférence obtuse.
Le rire est contagieux, comme la petite vérole.
Mon antirides, c'est le rire !
Il y a dans le rire des vertus secrètes d'inquiétude et de lucidité. Un homme qui rit ne peut rester bien longtemps un salaud.
L'artiste nous apporte l'esprit, le milieu fournit l'image, et le drame de l'art tourne autour du point d'équilibre où cet esprit et cette image se voient contraints de s'accorder.
Que veux-tu de mes larmes que je ne pourrais te donner par le rire ?
Certaines personnes nous font rire un peu plus fort, rendent nos sourires un peu plus vrais et rendent nos vies un peu mieux.
Plus le tort que les hommes commettent contre un individu ou un peuple est cruel, plus leur haine et leur mépris pour leur victime sont profonds.
La beauté du monde qui disparaîtra bientôt a deux extrémités : celle du rire et celle de l'angoisse, coupant le coeur en deux.
Il faut une sacrée dose de courage et de tempérament pour dire à un Noir : "Oublions la politique et devenons amis." C'est le drame de l'apartheid, ce système déshumanise les rapports entre personnes.
Le rire est le propre de l'homme, car l'esprit s'y délivre des apparences.
Jamais d'incompatibilité d'humeur dans un ménage où la femme rit toujours quand son mari ressort une vieille plaisanterie et où le mari s'abstient de rire quand sa femme arbore une nouvelle toilette.
Parce que le mépris remplace la moquerie, et que le mépris est silencieux.
Le pire pêché envers nos semblables, ce n'est pas de les haïr, mais de les traiter avec indifférence ; c'est là l'essence de l'inhumanité.
Le drame du cocu, c'est le drame de l'homme : la connaissance.
J'aime dans le chat cette indifférence avec laquelle il passe des salons à ses gouttières natales.
Qu'est-ce que la tragédie ? C'est l'affirmation d'un lien horrible entre l'humanité et un destin plus grand que le destin humain.
Petite gaieté et grand accueil font un joyeux festin.
Notre amour c'est l'amour de la vie, le mépris de la mort.
La tragédie de l'homme, c'est que quand il peut faire quelque chose, il finit toujours par le faire.
J'entends rire les morts quand on parle de dieux.
Dans mes livres, j'ai voulu raconter la tragédie de ce continent torturé et l'espoir des hommes et des femmes qui luttent pour un monde meilleur.
La tolérance, c'est le mépris bourgeois de l'autre.
À l'époque, on ne savait rien de la vie privée de Batman. J'ignore même si le mépris de mon père était dû à la possibilité que Batman fut une tapette ou à une intuition plus profonde et cruelle.
Toute amitié est un drame inapparent, une suite de blessures subtiles.
J'ai toujours été frappé par le comportement d'ivrogne des enfants en bas âge : ils bégaient, titubent, trébuchent, passent sans transition du rire aux larmes et réciproquement. Qu'est-ce que ce serait si, en plus, ils buvaient de l'alcool !
La tragédie de la vie est que nous vieillissons trop tôt et que nous devenons sages trop tard.
Ce que vous savez aujourd'hui peut affecter ce que vous faites demain, mais pas ce que vous avez fait hier.
Il y a toujours une certaine méchanceté à rire de quelqu'un et la méchanceté est bien le signe le plus évident d'impuissance que je connaisse.
Le témoignage d'une bonne conscience nous porte à regarder avec mépris les folies du monde.
Nous n'avons pas assez de larmes pour tous les malheurs du monde, il faut bien rire de quelques uns d'entre eux.