L'abîme appelle l'abîme.
Le métier de soldat est l'art du lâche ; c'est l'art d'attaquer sans merci quand on est fort, et de se tenir loin du danger quand on est faible ; voilà tout le secret de la victoire.
Les nations étant inévitablement plus bêtes que les individus, toute pensée a le devoir de se sentir en révolte.
Que d'hommes avant nous n'ont-ils rêvé d'arracher l'histoire à sa lourde fatalité du sacrifice.
Nous sommes une espèce jeune, un singe technologiquement sophistiqué, bipède doté d'un cerveau, avec un impact planétaire et des aspirations extraterrestres.
Il faut de l'artifice pour se faire aimer ; il faut chercher avec quelque adresse les moyens d'enflammer, et l'amour tout seul ne donne point l'amour.
Je pense à la barbarie des financiers internationaux, criminels de l'ordre nouveau qui fait rage et pour qui la Vie est devenue marchandise. Je pense surtout aux victimes de tout ça...
Vrai, la vie dispose de nous et nous ne pouvons guère disposer d'elle...
L'homme est une bête qui a un esprit permettant de soumettre les autres bêtes et les autres hommes.
Un jour suffit pour faire monter ou descendre toutes les fortunes humaines.
Dans la poésie, la vie est encore plus vie que la vie même.
L'histoire est encore plus rancunière que les hommes.
Nos mensonges nous engagent mieux qu'aucune vérité.
Vous avez parfaitement le droit de dire à un fumeur qu'il fume trop s'il fume votre tabac.
Le but du poème est d'achever et d'anéantir le poète.
Elle est comme les autres femmes. Elle croit que deux et deux feront cinq si elle pleure assez longtemps et fait assez d'histoires.
Si vous n'allez pas aux obsèques des autres, ils ne viendront pas aux vôtres.
A force de parler le langage de l'ennemi, les idéologues changent d'idées.
Malheur aux détails, la postérité les néglige tous.
Je suis actrice pour pouvoir vivre mille vies.
La raison d'état est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raisons.
La paix rend les peuples plus heureux, et les hommes plus faibles.
L'homme se sent tellement passager qu'il a toujours de l'émotion en présence de ce qui est immuable.
Il y aurait de quoi faire bien des heureux avec tout le bonheur qui se perd en ce monde.
On n'invente qu'avec le souvenir.
Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
Ce serait un moindre mal de mourir si l'on pouvait tenir pour assuré qu'on a du moins vécu.
La femme, ça a toujours un coin, où en appuyant, ça pleure.
La vanité, c'est l'orgueil des autres.
Les demandes scandaleuses font les grandes choses.
J'ai remarqué que ce que les chats préfèrent dans l'être humain n'est pas son habilité à le nourrir, ce qu'ils trouvent normal - mais le fait qu'il soit distrayant.
Ecrire c'est s'empêcher de vivre.
Les désirs inaccomplis demeurent les plus beaux.
Les sourds aiment écouter les conférences, les bègues adorent en faire.
Les prophètes ? Plus ils sont payés, plus ils sont optimistes.
Un traître est un homme politique qui quitte son parti pour s'inscrire à un autre. Par contre, un converti est un homme politique qui quitte son parti pour s'inscrire au vôtre.
Je veux mourir joyeux comme un jeune poète.
On est facilement devenu coupable d'avoir du style, là où il est devenu aussi rare de le rencontrer que la personnalité elle-même.
Le premier pas a faire pour arriver au bien, c'est d'oser confesser l'existence du mal et rompre en visière aux charlatans qui le propagent.
Se sentir solitaire, tant d'esprit que de corps, incline vers la solitude, et la solitude elle-même incline à plus de solitude encore.
Le retard de l'industrialisation est compensé chez nous par le pittoresque.
Si j'avais la foi du mondeEn cette seconde, serais-tu là ?Si j'avais renoncé au mondeEt que rien ne compte serais-tu là ?
"Sale nègre" ou simplement : "Tiens, un nègre".J'arrivais dans le monde, soucieux de faire lever un sens aux choses, mon âme pleine du désir d'être à l'origine du monde, et voici que je me découvrais objet au milieu d'autres objets.
Ce qu'est Heathliff : un être resté sauvage sans raffinement, sans culture un désert aride d'ajoncs et de basalte.
Il y a de la satisfaction à savoir que l'on apporte du bonheur.
Personne ne me mettra dans la tête que c'est gagner sa vie que de la donner à un propriétaire d'usine. La vie est gratuite. Je ne l'ai pas payée et je ne la paierai pas.
Mais dans son pays, même si l'on ne voulait rien leur donner, on parlait gentiment aux mendiants. Dans son pays, on n'enseignait pas aux enfants à jeter des pierres à ceux qui imploraient la pitié.
De René Char me resteront deux phrases glissées dans un carnet : « Le fruit est aveugle, c'est l'arbre qui voit... » et « Celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards, ni patience. »
Il n'y a pas d'amour sans adhésion préalable de la chair.
Je ne suis pas antifrançais, je suis d'abord martiniquais.