Le mariage a sa graisse, où l'on s'enlise.
On aime un être à la mesure du mal qu'on peut lui faire.
L'Académie française est une sorte de musée, mais de personnages encore en vie.
Un entrepreneur qui ne connaît pas par coeur toutes ses parts de marché ne gère pas, il règne.
Nous n'avons rien à nous que le temps.
Monument. Structure destinée à commémorer quelque chose qui ne demande aucune commémoration, ou bien ne peut pas être commémoré.
Comprendre, c'est presque l'inverse d'exister.
Il n'y a pas de cimetière assez grand pour engloutir le passé.
Etre formé dans son propre intérêt, c'est pour les privilégiés.
Le ciel ! Quel dommage qu'on ne puisse y aller qu'en corbillard.
Si vous avez des larmes, préparez-vous à les verser.
Un avare ne possède pas son bien, mais son bien le possède.
Les lieux communs ont un intérêt éternel.
Il n'est d'habitude dont on ne se déshabitue.
Je fais dire aux autres ce que je ne puis si bien dire tantôt par faiblesse de mon langage, tantôt par faiblesse de mes sens. Je ne compte pas mes emprunts, je les pèse.
Il faudrait parvenir à cette sagesse élémentaire de considérer les ténèbres où nous allons sans plus d'angoisse que les ténèbres d'où nous venons. Ainsi, la vie prend son vrai sens : un moment de lumière.
On ne surmonte jamais l'envie d'écrire.
Toujours nous sommes interrompus, jamais nous ne sommes achevés.
Je composerai jusqu'a la décomposition.
Devis : Toujours dépassé. Comme les délais.
L'écriture ne m'a jamais quittée.
Je t'apprendrai l'amourAvec des gestes tendresJe te dirai les motsQue tu rêves d'entendreJe te découvriraiPour la première foisQuand tu vas t'endormirDormir tout près de moi.
Une naissance illustre ne pare point véritablement l'homme, et chez les héros le courage en tient lieu.
La nature de la maladie est aussi obscure que la nature de la vie.
L'enfant est un placement à long terme sans intérêt dont on perd le capital au bout de trente années.
Cet indifférence brutale, cet isolement insensible de chaque individu au sein de ses intérêts particuliers, sont d'autant plus répugnants et plus blessants que le nombre de ces individus confinés dans cet espace réduit est plus grand.
Si l'Histoire a conservé, au-delà des siècles le souvenir des chrétiens livrés aux lions, des croyants persécutés par l'Inquisition et de tous les massacres perpétrés par les hommes au nom d'un prince ou d'un dieu, c'est que l'injustice ne connaît pas d'oubli.
L'écrin de l'inspiration c'est souvent le silence qui la précède. En précurseur de la pensée, il ouvre l'esprit, disperse les nuages de notre ciel du dedans pour libérer sa lumière, qui nous est si souvent invisible...
Tout ce qui m'arrive est un cadeau de la vie.
L'étoile du Sud assombrit son regard et penche sa tête brune sur son cou charmant. Le régiment féminin des comètes à ses pieds s'amuse et voltige : jolis canaris dans la cage des éclipses.
Est-ce que deux anges se fuient au Paradis ?
Ce n'est pas du premier coup que l'on trouve son équilibre et la simplicité de la vie au milieu de toutes les complications de la richesse. Il y faut de l'entêtement.
Les germes artistiques sont mystérieux, pleins de caprices et de bizarreries : ils ont des poussées soudaines et de longues éclipses, des hâtes superficielles et des retards féconds.
Nous donnons aux choses une individualité arbitraire.
Une religion n'existe pas sans croyants. Un texte ne devient sacré et éventuellement dangereux que parce qu'un lecteur fanatique décide d'appliquer au premier degré ce qui est écrit dans son livre de chevet.
C'est utile quand la vie vous sourit de savoir qu'elle va vous passer à tabac et quand on tâtonne dans les ténèbres que la lumière va revenir. Ça donne de la prudence, ça donne de la confiance. Ça aide à relativiser ses états d'âme. Du moins ça devrait.
La frénésie du changement serait aussi néfaste que la surdité et la cécité qui nous occultent ce que nous sommes.
Nous sommes tous des survivants, mais combien d'entre nous transcendent la survie ?
J'aime des poètes, des écrivains dont je n'ai lu que trois phrases. J'en ai aimé le mystère. Trois phrases suffiraient à définir une oeuvre.
Il semble y avoir une caractéristique humaine perverse qui aime rendre les choses faciles difficiles.
Si vous voulez - c'est une ultime tentative -Pour le règne du bien je verserai mon sang.Déjà le sang devient une simple salive ;L'oiseau de paradis, un oiseau commerçant.
Le blasphème est porte ouverte sur l'enfer.
De qui ? : "Un seul regard déclenche une passion, un assassinat, une guerre".
L'auteur d'avant-garde est un peu comme le sorcier des sociétés dites primitives : il fixe l'irrégularité pour mieux en purifier la masse sociale.
La poésie moderne, en effet, puisqu'il faut l'opposer à la poésie classique et à toute prose, détruit la nature spontanément fonctionnelle du langage et n'en laisse subsister que les assises lexicales.
Nous avions un monde en commun dont nous percevions des aspects différents. Nous étions riches de ces différences.
La France est multiraciale, et elle le restera. C'est une évidence. Mais il ne faut pas se tromper de leçon. Elle l'est grâce à sa passion d'unité. Elle a pu être multiraciale parce qu'elle a toujours refusé d'être « pluriculturelle » ou « polyethnique ».
Je me demandais ce qui, plus tard, nous serait commun. Déjà, nous n'avions ni le même physique, ni la même histoire. Lorsqu'il pourra choisir, pourquoi pencherait-il pour une nationalité mineure, une religion vaincue et des moeurs attardées ? Peut-être ne se souviendra-t-il que de sa mère et cherchera-t-il à m'oublier comme une tare familiale !
Qui a colonisé ne saurait s'étonner d'être envahi à son tour.
Si vous pensez comme la majorité, ne pensez pas.