Nous sommes ainsi. Quoique nous fassions, la question immédiatement se pose à savoir si nous n'aurions pas dû faire le contraire.
La pierre de touche du succès n'est pas que le problème soit difficile, mais qu'il soit différent de celui de la veille.
C'est dans la vertu qu'on rencontre les pires excès.
Le bien est d'un exemple dangereux, il exalte les forts mais aigrit les faibles.
Ce qui se passe dans les profondeurs de l'homme se passe également dans celles de Dieu.
Seule la marge d'erreur ou d'ignorance qui se glisse dans l'évaluation de deux individus l'un par l'autre détermine vraiment la marge d'absence qui s'établit entre eux.
Les jours sont faits pour sonner l'un après l'autre comme une volée de cloches. C'est le coeur de l'homme qui leur sert de battant. Si le coeur n'y est pas, les jours sont tristes.
Comme elle avait parfois des remords, elle s'imaginait qu'elle avait du coeur.
L'homme le plus sage n'est jamais suffisamment prévenu contre sa propre vanité.
Les prétentions sont une source de peines, et l'époque du bonheur de la vie commence au moment où elles finissent.
Un écrivain peut finir par devenir un simple jongleur de mots plus ou moins adroit. Il peut en arriver à oublier l'essentiel : cette source qui coule au fond de nous et qui est le véritable lieu de rencontre des êtres.
Les despotes eux-mêmes ne nient pas que la liberté ne soit excellente ; seulement ils ne la veulent que pour eux-mêmes, et ils soutiennent que tous les autres en sont indignes tout à fait.
L'homme est un enfant qui s'est bouché.
Tout ce qui est partagé s'amoindrit, sauf l'amour.
L'homme est un roseau pensant inconsolable et gai.
L'âge ne sépare pas les êtres qui se ressemblent.
Les chambres de ceux qui sont morts jeunes sont le sanctuaire de leur absence, mais aussi le refuge de la lâcheté des vivants.
La loi de l'évolution est la plus importante de toutes les lois du monde parce qu'elle a présidé à notre naissance, qu'elle a régi notre passé, et dans une large mesure, elle contrôle notre avenir.
L'amour est le problème des gens qui n'ont pas de problèmes.
Qu'ils sont beaux les mots auréolés par le souvenir de leur long usage.
On entend par "chef d'oeuvre", en matière littéraire, un ensemble de vers ou de lignes dont on ne conçoit pas qu'un seul mot puisse être remplacé par un autre.
OVNI : Si ces engins proviennent réellement d'une autre planète, alors c'est que la civilisation qui les a conçus doit avoir des millions d'années d'avance sur la nôtre. Ou que ces gens ont du pot.
La perfection de la justice consiste à aimer beaucoup les choses grandes, et peu les petites.
Les maux de l'imagination n'ont d'entrée dans l'esprit qu'autant que la faiblesse veut leur en donner.
C'est bien une habitude de l'homme que de mettre de la pensée là où la nature avait jeté du hasard.
La gloire, c'est d'abord une belle plage. On se roule dans son sable fin, puis, bientôt, on sent une odeur mauvaise, celle des poissons que les femmes viennent vider sur le bord.
On ne doit pas pratiquer la vivisection sur la poésie, sous peine de tuer l'émotion.
On ne veut point perdre la vie, et on veut acquérir de la gloire.
Jésus se fait entendre à l'âme qui sommeille, Et l'appelle à la vie, où son jour nous conduit.
La louange à propos rend toute chose aisée.
Les vengeances tardives n'ont pas la saveur qu'on leur imagine, parce qu'elles ont moisi.
L'accouplement passe pour être un comportement universel : il n'est qu'une occupation partagée par une majorité.
Toute proposition littéraire est fondée sur des malhonnêtetés intermédiaires : la mémoire, la culture, le désir, le langage.
Les querelles idéologiques sont quelquefois moins sérieuses que les luttes d'intérêt.
Et quant à Serge, même s'il me restait un million d'années à vivre, je ne pourrais jamais plus aimer quelqu'un autant que je l'aime lui.
Celui qui est maître de lui-même est plus grand que celui qui est le maître du monde.
Pour celui qui bosse sur un chantier, le troquet est un havre, une gourmandise, un endroit où l'on se réchauffe et où l'on discute.
La névrose n'est pas une maladie mais une souffrance, qui peut se transmettre de génération en génération tant qu'on n'a pas compris de quoi il s'agissait. Un petit événement caché, honteux, dans la vie de quelqu'un peut aussi gâcher la vie de ses descendants.
Il n'y a pas de vrai bonheur sans les arts, les lettres et les sciences.
Généreuses, intrépides, enthousiastes, d'une piété exaltée, aimant le danger et aimant l'amour, auquel elles demandent beaucoup et donnent peu, elles sont surtout éprises de renom et de gloire.
La première règle et la plus fondamentale est de considérer les faits sociaux comme des choses.
C'est simple : pour empêcher un Haïtien de rêver, il faut l'abattre.
Il arrive toujours ce moment où l'on ne se reconnaît plus dans le miroir à force de vivre sans reflet.
Il faut, à certaines heures, que l'homme soucieux, anxieux, tourmenté, se retire dans la solitude et qu'il ouvre un livre pour y chercher un principe d'intérêt, un thème de divertissement, une raison de réconfort et d'oubli.
- Autour de moi, je vois le monde tel qu'il est.- Et moi ? Comment est-ce que je le vois ? demande Las Casas.- Comme vous rêveriez qu'il fût.
Une vie riche d'espérances, mais trop pauvre de réalités.
Le dieu de la guerre déteste ceux qui hésitent.
L'esprit de l'observateur doit être passif, c'est à dire se taire.
Pour tout ce qui existe, il est une saison. Oui. Un temps pour détruire et un temps pour construire. C'est cela. Un temps pour garder le silence et un temps pour élever la voix.
Souris-tu ? Le bonheur me vient illuminer.Hais-tu ? Vers l'ennemi je pointe mon épée.Des pleurs te viennent-ils ? Mon âme est endeuillée,Et dans mon coeur s'agite un démon révolté.