La seule façon de renforcer notre intelligence est de n'avoir d'idées arrêtées sur rien, de laisser l'esprit accueillir toutes les pensées.
Souvent on entend mal ce qu'on croit bien entendre.
C'est perdre la vie que de l'acheter par trop de soucis.
Et si je ris de toute chose ici-bas, C'est afin de n'en pas pleurer.
Pourquoi parler ? Pourquoi se mettre en communication avec cet éteignoir de tout enthousiasme et de toute sensibilité : les autres ?
Celui qui t'entretient des défauts d'autrui entretient les autres des tiens.
Il est doux de se croire malheureux, quand on n'est que vide et ennuyé.
Quotidien : tissu d'inepties, écrit, imprimé et vendu en moins de quelques heures ; puis lu, jeté et oublié en moins de quelques minutes.
Il y a une différence entre vivre et exister.
Cherchons nos biens en nous-même, autrement, nous ne les trouverons pas.
On ne doit pas solliciter comme une faveur ce qui est dû comme une récompense.
Le grand acte de foi, c'est lorsque l'homme décide qu'il n'est pas Dieu.
On ne sait, si Dieu doit avoir plus de reconnaissance à l'égard du diable, ou le diable plus de reconnaissance à l'égard de Dieu, de ce que tout se soit ainsi passé.
Auprès des femmes, les paroles doivent être plus respectueuses à mesure que les gestes le sont moins.
Il ne sait rien celui qui sait également tout.
Mort. Etat instantané, sans passé ni avenir. Indispensable pour l'accès à l'éternité.
Une nation ne se fait connaître de l'étranger que par ses mauvais côtés.
Un historien est un écrivain qui s'occupe de choses qui ne sont pas de son âge.
"On pourrait presque..." C'est bon, la vie au conditionnel.
Les rêves sont le combustible qui alimente le feu du désir.
Quand on veut rester maître chez soi, on n'ouvre pas un commerce.
La forme seule conserve les oeuvres de l'esprit.
L'homme est lui-même metteur en scène, décorateur, costumier et acteur de sa propre tragédie. Personne n'y échappe.
A voir certains monuments contre lesquels ils font leurs besoins, c'est à croire que les chiens sont de purs esthètes.
Pour qu'un livre se vende bien, il faut qu'il y ait une belle fille sur la couverture, et il se vendra d'autant mieux qu'il y aura moins de couverture sur la belle fille !
L'impatience - en n'importe quoi - est toujours signe de faiblesse.
Les maris font des confidences, quand ils sont jeunes, qu'ils doivent bien regretter l'âge et la dignité venus.
A quoi bon ergoter, il vaut mieux écouter.
Il y a trois types de joueurs : ceux qui font l'événement, ceux qui le regardent et ceux qui en sont étonnés.
Parmi la foule de ceux qui prétendent croire en Dieu, combien cherchent vraiment à l'imiter.
Le dictionnaire regorge de sentiers qui se croisent et s'entrecoupent. Un labyrinthe où il est agréable de se perdre, un dédale où l'on bute à chaque pas sur des pierres précieuses.
Les larmes, c'est comme les crevettes grises : plus elles sont salées, meilleures elles sont !
Malheur à vous, les riches, car vous tenez votre consolation.
Ce qu'il y a de plus pénible dans l'écriture : la sécheresse, l'intervalle entre deux livres, comme un hiatus dans sa propre durée intérieure. On se croirait en suspens.
La différence entre se mettre en scène soi-même et être dirigé par quelqu'un d'autre, c'est celle qu'il y a entre se masturber et faire l'amour.
Tout acte est un coup de revolver cérébral.
Les censeurs ont perdu d'avance la bataille d'internet...
Ce qui importe à l'homme ce ne sont pas les événements survenus dans sa vie, mais seulement la répercussion de ces événements dans sa conscience.
Chaque crime est un noyau atomique et les éléments récurrents ses électrons, oscillant autour de lui et dessinant une vérité subliminale.
On peut toujours s'échapper d'une prison. Mais de la liberté ?
Un intellectuel médiatique vit du commerce des idées des autres.
Les systèmes économiques qui négligent les facteurs moraux et sentimentaux sont comme des statues de cire : ils ont l'air d'être vivants et pourtant il leur manque la vie de l'être en chair et en os.
La vie n'est qu'un noeud de rancunes inextricables.
Les gens qui passent pour vertueux sont ceux auxquels l'occasion a manqué d'être tentés de mal faire.
Toutes les croyances procèdent de la pensée mythique quand même elles se réclameraient de sa fin. Et c'est par leur mise en scène que lesdites croyances acquièrent les différences qui les distinguent.
Seule nous appartient la part qui suffit à nos besoins. Le reste n'est que du luxe.
On aime ce pour quoi l'on peine et l'on peine pour ce qu'on aime.
Penser la violence comme une exception, comme une anecdote, c'est une erreur totale.
Les pianos devraient être frappés de deux impôts : le premier au profit de l'Etat, le second au profit des voisins.
Pour un homme politique, le fait de trébucher est quelque chose de profondément humain.