La lâcheté rend subtil.
Nous vivons avec des idées qui, si nous les éprouvions vraiment, devraient bouleverser toute notre vie.
L'eau seule est éternelle.
Quand il est converti, un cannibale, le vendredi, ne mange que des pêcheurs.
N'apprenez jamais à faire quoi que ce soit ; si vous n'apprenez pas, vous trouverez toujours quelqu'un d'autre qui le fera à votre place.
Je préfère l'incinération à l'enterrement et les deux à un week-end avec ma femme.
Un homme peut être amoureux comme un fou, mais non pas comme un sot.
Le zèle des amis est parfois plus néfaste que la haine des ennemis.
Ne révèle pas aux autres le malheur qui te frappe.
Je m'estime peu quand je m'examine ; beaucoup quand je me compare.
Je voudrais être mort : c'est un souhait fréquent qui prouve, du moins quelques fois, qu'il y a des choses plus précieuses que la vie.
Vous faites le ménage de l'univers avec les ustensiles du raisonnement. Bon. Vous arrivez à une saleté bien rangée.
Bourgeois est un de ces mots amphibies qui sont ou un éloge ou une injure, selon la personne qui s'en sert et la manière dont elle le prononce.
Laideur : infirmité qui fait le désespoir d'une femme et la joie de toutes les autres.
Tout le monde fait des bêtises. Le fin du fin, c'est de les faire au moment où personne ne regarde.
Il nous faut tout simplement savoir si nous voulons entendre Dieu, non pas là où nous avons envie de l'entendre, mais là où il nous parle vraiment.
Pour qu'il y ait le moins de mécontents possibles il faut toujours taper sur les mêmes.
La célébrité continuera d'être une façon d'espérer durer dans le souvenir des autres et d'obtenir par là une parcelle d'immortalité.
Pour qui a des racines, fuir n'a pas grand sens, puisqu'il implique un retour.
Il n'y a que deux sortes d'êtres agissant sur la terre : les monstres et les saints... Les autres ne font qu'exister.
Il y a deux espèces de pauvres, ceux qui sont pauvres ensemble et ceux qui le sont tout seuls. Les premiers sont les vrais, les autres sont des riches qui n'ont pas eu de chance.
C'est la vanité des hommes qui explique la parure des femmes.
La parole a été donnée à l'homme ; mais c'est la femme qui l'a prise.
Un coeur qui n'aime plus ou qui n'aime rien a cessé de battre.
Quand l'enfant dit à sa mère : j'ai faim, ou je veux dormir, il reste près de l'animal ; quand il dit : voilà ce que j'ai fait ce matin, il commence à être un homme.
Beaucoup de sportifs ont des choses à dire. Peu sont entendus.
L'angoisse, au fond, n'est qu'un dérivé de l'espoir.
Il est des idées dont la rencontre est aussi présente que celle des êtres.
La fin du monde, c'est quand on cesse d'avoir confiance.
Le mot entre partout, mais il lui est parfois difficile de ressortir.
La terre a moins de rois que le ciel n'a de dieux.
Il y a des êtres mystérieux, toujours les mêmes, qui se tiennent en sentinelles à chaque carrefour de notre vie.
Rien ne peut servir à tout, mais tout peut très bien servir à rien.
Il y a quelque chose de plus grand que l'homme dans l'amour physique, dans la volupté, dès qu'on y met un peu de son âme.
La perversité est le don d'additionner des valeurs imaginaires et des sensations en un idéal.
Les progrès de la civilisation vont de pair avec ceux de la cuisine.
Osons être nous-mêmes, car nul n'est mieux placé que nous pour le faire.
Il y a du supplice dans la passion, le mot l'indique.
La mémoire est aussi un tombeau.
Rien n'est beau comme la voix humaine, quand elle est belle.
La religion commence peut-être au bord de la détresse.
Ce n'est pas ce que nous ignorons qui nous pose des problèmes. C'est ce que nous tenons à tort pour vrai.
Il y a trois sortes de personnes : celles qui refont toujours les mêmes erreurs, celles qui ne refont plus les mêmes, puis celles qui utilisent les erreurs des autres pour ne pas en faire.
La bonté mal pratiquée n'est pas de la bonté.
N'épousez jamais un homme que vous n'admirez pas. C'est fatal.
La médecine est née du mal, si elle n'est pas née de la maladie et si elle a, au contraire, provoqué et créé de toutes pièces le malade pour se donner une raison d'être.
Un niais est aussi nécessaire au mélodrame qu'un tyran est indispensable.
Le théâtre a toujours été une école pour les jeunes, les gens à demi-cultivés et les femmes, qui, possédant encore le bas talent de se tromper ou de se laisser tromper, sont accessibles à l'illusion et à la suggestion de l'auteur.
On est toujours plus sincère quand on prend à témoin plusieurs au lieu d'un seul Dieu.
En art, c'est-à-dire en amour, il faut que l'intelligence suive comme un suiveur suit une femme avec l'idée de l'entretenir.