Prends Dieu comme ami. Il est réconfortant pour un étranger d'avoir un complice en pays inconnu.
Jamais passion ne fut plus justifiée par la raison que la mienne.
Si vous regardez un jeu, c'est distrayant. Si vous y jouez, c'est une récréation. Si vous le travaillez, c'est du golf.
Une mère sait mieux.
La création apparaîtra bientôt comme une activité socialement nécessaire, un travail utile et non plus un loisir.
Toute civilisation est hantée, visiblement ou invisiblement, par ce qu'elle pense de la mort.
Ma mémoire est fantasque - et parfois il m'arrive de parler très fort à l'oreille d'un myope.
Il faut observer la convenance dans le détail et l'ordre dans l'ensemble.
Critiques. L'une des nombreuses méthodes qu'affectionnent les imbéciles pour perdre leurs amis.
L'altruiste est un égoïste raisonnable.
La civilisation est-elle distincte de la barbarie ou bien en est-elle à un stade avancé ?
On ne meurt pas d'un trou à son pantalon, sauf si l'on est scaphandrier.
Il est indispensable d'aller au collège. C'est le seul moyen d'apprendre ce qui n'a aucune importance.
Sachez que dans la vie l'homme doit traverser un pont très, très étroit, mais ce qui est essentiel, le plus essentiel, c'est qu'il n'ait pas peur. Pas peur du tout.
Les gourmands font leur fosse avec leurs dents.
Avouer qu'on a eu tort, c'est prouver modestement qu'on est devenu plus raisonnable.
L'homme naît perfectible, l'animal naît parfait.
Les serments les plus forts ne sont que de la paille dans le brasier des sens.
Ayant créé le ciel et la terre, les étoiles et les plantes et les bêtes, l'homme et la femme, Dieu referme sa porte en disant : "Et maintenant je n'y suis pour personne".
Pour trouver Dieu en réalité, il faut descendre jusqu'à cette profondeur de soi où l'homme n'est plus qu'image de Dieu ; là même où au jaillissement de soi, il ne se trouve plus que Dieu.
Il est odieux de défendre et risible d'attaquer une société dont on profite.
On devient malheureux mais on naît solitaire.
L'ironie n'est jamais que parade, cuirasse plus ou moins efficace contre l'angoisse.
On met des fils de fer autour des pelouses pour arrêter les gens qui vont y déposer des statues.
L'âge, en nous libérant de nos passions égocentriques, nous rend disponibles, plus aptes à redécouvrir les êtres qu'on a aimés.
On hait, on admire ; on hait si l'on ne peut atteindre ; on admire ce que l'on croit un jour pouvoir posséder.
Prêtez aux pauvres, et demandez à emprunter aux riches, vous serez bientôt délivré des uns et des autres.
Les vieillards sont assez enclins à doter de leurs chagrins l'avenir des jeunes gens.
Les hommes ne se donnent la peine de se faire beaux que lorsqu'ils vont mourir. Comme s'ils voulaient être encore plus regrettés...
L'inquiétude est toujours vanité.
L'humoriste est un homme qui est rarement bienveillant et n'est jamais heureux.
Les héros ont réponse à tout.
C'est au moment où l'on rejette tous les principes qu'il convient de se munir de scrupules.
Est-ce parce qu'ils ont pris de la bouteille que certains êtres sont bouchés ?
Se suicider constitue la pire des ingratitudes. Se suicider, c'est se reconnaître incapable d'assumer le cadeau de la vie.
Il faut avoir le courage de regarder la mort en face : elle est là aussi dans la bêtise, les faiblesses, la laideur des autres, mais si on insiste un peu, ces mauvaises apparences se lèvent et c'est la vie qui apparaît.
Les mains sont des symboles et parfois des révélations.
Le nom est plus qu'une désignation de la personne. Il est indissolublement lié à l'être. Nommer quelqu'un, nommer un objet, c'est le connaître à fond, jusque, dans ses parties les plus secrètes.
La misère rend ingénieux.
Il faut toujours vouloir vivre parce que c'est beau aussi.
La proportion, c'est le coeur de la beauté.
Beaucoup du charme des hommes est fait de l'ennui des femmes.
Visible, nous le verrions le poète ; voyant, il nous verrait ; et nous pâlirions dans nos pauvres ombres, nous lui en voudrions d'être si réel, nous les malingres, nous les gênés, nous les tout-chose.
Lire, pour le vrai lecteur, ne serait-ce pas traduire une langue autre en la sienne ?
L'art scénique, le seul qui tire l'oeuvre de sa fixité irrémédiable, de son irrémédiable solitude, est le plus beau et le plus tragique de tous. Il vit comme la vie, il meurt comme la vie.
Il y a trop d'eau, trop de froid et pas assez de pétrole dans les pays froids et pas assez d'eau, trop de chaleur et plein de pétrole dans les pays chauds. A part ça, Dieu n'est pas alcoolique.
On ne tire pas sur les pintades qu'on a dans son filet.
Les échecs ne sont pas le champ de l'intelligence, du talent, de l'imagination, mais tout bêtement celui de la pure logique mathématique.
Je trouve qu'un travail, ça doit rester purement alimentaire, sinon c'est l'invasion.
C'est la compagnie des autres femmes qui pousse beaucoup de femmes à se marier.