Si vous peuplez tout seul la solitude du monde, alors vous êtes un humoriste.
Lorsqu'on a l'impression que l'être que vous aimez le plus au monde risque de vous échapper à tout jamais, on analyse chaque mot, chaque geste, chaque silence aussi.
Le dictionnaire regorge de sentiers qui se croisent et s'entrecoupent. Un labyrinthe où il est agréable de se perdre, un dédale où l'on bute à chaque pas sur des pierres précieuses.
Pour être heureux en ménage, il faut être ou homme de génie marié à une femme tendre et spirituelle, ou se trouver, par l'effet d'un hasard, tous les deux excessivement bêtes.
Il y a toujours un fond de mélancolie sur les sommets du bonheur.
Toutes les femmes libérées finissent quand même par vous parler de leurs rideaux et des couches de leur petit ange, un jour ou l'autre.
La différence entre se mettre en scène soi-même et être dirigé par quelqu'un d'autre, c'est celle qu'il y a entre se masturber et faire l'amour.
Le suicide n'est pas un acte. On est saisi par le suicide comme par un vertige, on subit le suicide.
C'est souvent comme ça avec la féerie : l'horreur n'est jamais loin.
Les poètes parlent une seule langue, même s'ils ne se comprennent pas entre eux.
Les peuples n'ont pas le temps de tourner, de soupeser, de comparer, les actes d'un président.
Vieillir, c'est autre chose aussi. C'est se désintéresser.
Jargon. Langue factice dont les gens d'une même cabale conviennent afin qu'on ne les entende pas tandis qu'ils l'entendent entre eux.
Nous autres Orientaux nous créons de la beauté en faisant naître des ombres dans des endroits par eux-mêmes insignifiants.
La politique consiste à choisir entre le désastreux et le désagréable.
Les beaux-arts, c'est ce qui ressemble le plus aux mythes de la création ; à la main du démiurge qui, de la matière, extrait les formes, les anime, recrée la vie.
Le pire de tous les états de l'âme est l'indifférence ; il faut croire ; l'incroyance est la ruine non seulement des individus, mais des sociétés.
Quand un homme est assez heureux pour avoir une belle-mère très bien conservée, il lui est facile de la tenir pendant un certain temps en échec, pour peu qu'il connaisse quelque jeune célibataire courageux.
Les odeurs n'ont pas de sexe.
"On ne fait pas ce qu'on veut", dit-on souvent. C'est "On ne fait pas ce qu'on peut", qu'on devrait dire.
J'ai souvent remarqué, pour ma part, que les cocus épousaient de préférence les femmes adultères.
En tout amour il y a de l'égoïsme. Qui nous aime nous permet d'être nous-mêmes.
La Bible n'est-elle pas l'un des premiers almanachs visant à manipuler les masses : elle est bourrée de truismes qui réconfortent les simples d'esprits en mal de directives.
C'est là le plus beau cadeau que la télévision - une certaine télévision - peut offrir à nos sociétés : permettre à chaque professeur d'enseigner, comme Socrate, de pratiquer, comme lui, la maïeutique avec ses élèves.
L'objet aimé n'existe pas, il n'est que le fruit de notre imagination.
- Angéla, tu es infâme - Non, je suis une femme...
Un homme se console d'être doux en affirmant qu'il est féroce quand il s'y met.
Labeur, pour la jeunesse, assaisonne à souhait Tous les mets.
Un père biologique est-il forcément écolo ?
Les ténèbres sont les mêmes pour tous, et personne ne sait où il va aborder.
Mais quand même... pas question de faire "vieille" comme métier... plus tard !
Et la surface de l'eau n'est que lumière, Mais au-dessous ? Troncs d'arbres sans couleur, rameaux Enchevêtrés comme le rêve, pierres Dont le courant rapide a clos les yeux Et qui sourient dans l'étreinte du sable.
Il faut être patient si l'on veut apprendre à connaître les animaux.
Le coeur peut donner un pardon que la bouche doit parfois retenir.
Poser sa tête sur un oreillerEt sur cet oreiller dormirEt dormant rêverÀ des choses curieuses ou d'avenir,Rêvant croire à ce qu'on rêveEt rêvant garder la notionDe la vie qui passe sans trêveDu soir à l'aube sans rémission.
En vain l'on s'obstine à ne consulter que son coeur ; on est condamné tôt ou tard à écouter la raison.
Il y a autant de chemins qui mènent à Dieu qu'il y a d'êtres humains. Car même à l'intérieur de la foi, le chemin de chaque homme est entièrement personnel.
Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville.Et contre eux la campagne est mon unique asile.
Le monde devient chaque jour plus hostile, le contact des êtres plus décevant.
Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. Comme si j'avais des mots en guise de doigts ou des doigts au bout de mes mots.
Je voudrais vous dire pourquoi mon âme pleureQuand tout aime et refleurit,Pourquoi elle gémit à la fuite de l'heureQui part sans apporter l'oubli.
Je veux passer ma vie à lire des poèmes en attendant que le grand Poète me cueille.
Les bons moments venaient toujours après la pluie... en petite culotte, jupon brodé... les plus beaux yeux du monde sont ceux de l'amour. Et je parle surtout du physique, ce par quoi tout commence et tout s'achève.
Je voudrais, convoitant l'impossible en mes voeux,Enfermer dans un vers l'odeur de tes cheveux ;Ciseler avec l'art patient des orfèvresUne phrase infléchie au contour de tes lèvres ;
Quand l'homme a voulu imiter la marche, il a créé la roue, qui ne ressemble pas à une jambe. Il a fait du surréalisme sans le savoir.
Une vie dans l'abondance et le confort bourgeois est en contradiction avec l'esprit d'une sainte pauvreté et sépare du pauvre crucifié.
Je ne suis ni Athénien ni Grec, mais citoyen du monde.
À la question de savoir quel vin il trouvait agréable à boire, il répondit : " Celui pour lequel les autres paient. "
Je n'ai pas besoin de quelqu'un qui voit ce qui est bien chez moi. J'ai besoin de quelqu'un qui voit le mal et qui me veut toujours.
Le meilleur remède contre le christianisme est la lecture de la Bible.