La pensée qu'on avait écartée et qui revient, il faut y prendre garde : elle veut vivre.
Le génie est une question de muqueuses. L'art est une question de virgules.
La pierre est immortelle... l'érosion aussi.
Une langue qu'on défend est un peu comme une femme qu'on aime : il est toujours agréable d'en parler.
Les femmes absolument belles n'ont de pudeur que juste ce qu'il faut pour faire valoir leur beauté.
- Et ça représente quoi ? - Cela représente un million.
Tout ce qui se mesure finit, et tout ce qui est né pour finir n'est pas tout à fait sorti du néant, où il est sitôt replongé.
Les ours passent et ne se ressemblent pas.
Sous sa carapace de lâcheté, l'homme aspire à la bonté et veut être aimé. S'il prend le chemin du vice, c'est qu'il a cru prendre un raccourci qui le mènerait à l'amour.
Vieux foin est difficile à enflammer, plus difficile à éteindre.
Aucune civilisation n'est durable si elle n'est pas capable de donner un sens à l'effort, de justifier l'écoulement du temps.
La langue est le ciment des actes ; non seulement elle les rend explicites, mais elle en conserve l'empreinte.
Les rêves sont le combustible qui alimente le feu du désir.
Le diable nous demande rarement plus que de le laisser faire.
Dès que l'homme est trop heureux, il reste seul ; et il reste seul, également, dès qu'il est trop malheureux.
En voyage, comme dans le reste de la vie, ce long voyage, le plaisir, paie l'énergie.
"L'envie de savoir" est le plus puissant moteur humain.
C'est bien connu, les bourgeois ont toujours eu la conscience étroite. Ils s'accommodent de la morale individuelle conventionnelle pour mieux refuser la morale sociale et politique.
Comment renoncer aux usances câlines, au confort, au bien-être indolent de la vie ?
Chaque fois que tu allumeras une cigarette, médite. Ou bien tu fumeras moins, ou bien tu vas beaucoup méditer.
A quoi bon pleurer sur ce qui aurait pu être ?... Les hommes sont-ils donc les artisans de leur propre malheur ? Peuvent-ils se soustraire aux forces du destin ?
Il y a des gens qui trouvent le moyen d'être heureux toute leur vie, rien qu'en faisant des bêtises avec décision.
La langue est une prison. La posséder, c'est l'agrandir un peu.
Il y a satisfaction, joie animale à combattre un ennemi qui n'est pas invincible.
Le renard en sait beaucoup, mais celui qui le prend en sait davantage.
On admire toujours ce qu'on ne peut vraiment comprendre.
Quand tu parles, parle en homme libre et non en esclave.
Ce ne sont jamais les excès qui tuent, mais ce qui les contrarie.
Le meilleur moyen d'éviter la propagande, les mensonges, les faussetés, c'est de cesser de lire.
Le pouvoir est un moyen comme un autre d'engendrer une guerre contre l'absurde.
Pas étonnant que nos solitudes soient plus nombreuses, le sentiment de notre isolement, plus vif. Chaque homme, en sa conscience, recommençant l'éternité.
L'incertitude ne vaut guère mieux qu'un refus.
La chasse a toujours été la distraction favorite des hommes de guerre en temps de paix, c'est-à-dire dans les périodes plus ou moins brèves où la chasse à l'homme n'est pas ouverte.
On peut toujours s'échapper d'une prison. Mais de la liberté ?
Le TGV, trop rapide, est un mauvais coup porté au livre.
Aimer, c'est aussi posséder, c'est aussi triompher de la joie de sentir un autre vibrer comme soi...
L'essentiel dans une pièce de théâtre, c'est d'abord la structure.
Je fais confiance aux électeurs Et j'en profite pour faire mon beurre.
Ne discutez jamais avec les gens qui achètent l'encre par bidon de cinq litres.
Un parapluie, c'est la misérable transsubstantiation de la cape et de l'épée.
Cultivez-vous, puis oubliez.
1) L'alcool permet de se sentir bien même en compagnie d'écrivains. 2) L'alcool facilite le contact avec les gens qui n'ont jamais lu un livre. 3) Grâce à l'alcool, on peut, même si l'on est germaniste, paraître inventif et spirituel.
Quand on est jeune, on échafaude un programme de travail dont on s'imagine qu'il durera toute la vie et résistera à n'importe quel cataclysme.
Vouloir tout voir et tout savoir sur chacun d'entre nous, c'est tenter de réaliser une véritable "police des images", qui serait à la paix ce que la "guerre des images" est déjà aux derniers conflits internationaux.
Sans personnage, pas de roman.
Est un fou qui révèle à sa femme ce qu'il veut garder secret.
La meilleur preuve que les Français se lavent peu, c'est qu'ils paraissent beaucoup plus propres le dimanche !
Méfiez-vous des gens bardés de diplômes, ce sont, statistiquement, les plus lâches.
Il est consolant de penser que si la folie ne gagne rien au contact de la raison, en revanche, la raison s'altère au contact de la folie.
Faisons bien les honneurs au moins de notre esprit.