Il me paraît certain que l'aboutissement normal de l'érotisme est l'assassinat.
Quand un fou paraît tout à fait raisonnable, il est grandement temps, croyez-moi, de lui mettre la camisole.
Une femme n'est rien par elle-même ; elle est ce qu'elle paraît à l'homme qui s'en occupe : voilà pourquoi elle est si furieuse contre ceux à qui elle ne paraît pas ce qu'elle voudrait paraître. Elle y perd son existence.
Je dirai seulement que l'histoire individuelle dans ce qu'elle a de plus singulier, et dans sa dimension sexuelle même, est socialement déterminée. Ce que dit très bien la formule de Carl Schorske : "Freud oublie qu'Oedipe était roi".
S'il n'y avait dans le monde que l'inébranlable, l'impérissable, l'inaltérable bourgeoisie, la littérature ne trouverait pas de matière. Le romancier ne peint jamais un ordre qu'en train de se déranger.
La littérature est la vie même, sous la sa forme la plus pure, la plus attirante, la plus voisine du chant, qui est sur les lèvres avant le mot.
Toute littérature est assaut contre la frontière.
Ce n'est pas de la bigoterie qu'être certain d'avoir raison ; mais cela l'est d'être incapable d'imaginer que l'on puisse se tromper.
Gabriel Matzneff est un homme de l'Antiquité qui vit parmi nous avec un certain nombre de masques.
Le bonheur effectif paraît toujours assez sordide en comparaison des larges compensations qu'on trouve à la misère.
La littérature anticipe toujours la vie. Elle ne la copie point, mais la moule à ses fins.
La littérature ne modifie pas l'ordre établi, mais les hommes qui établissent cet ordre.
Tous les voyeurs morbides entrent par la petite porte et sortent par l'entrée. Il paraît que tout ce qu'ils voient d'elle, c'est qu'elle a l'air toute vieille et mitée, et son nez a déjà pourri... (parle de la mort d'Édith Piaf)
Retrouver son train-train quotidien comme si rien ne s'était passé paraît l'une des choses les plus absurdes de la vie. Mais le train-train quotidien c'est aussi un petit signe d'espoir absurde, le signe que la vie continue.
Il n'y a de certain que le passé, mais on ne travaille qu'avec l'avenir.
Toute oeuvre qui appartient à la littérature française a pour caractère essentiel d'être écrite en français.
- C'est par ici qu'il est passé. - Qui donc ? - Un certain lapin. - Vous en êtes sûr ? - Sur de quoi ? - Qu'il est passé par là. - Qui donc ? - Le lapin. - Quel lapin ?
Le lecteur idéal lit toute la littérature comme si elle était anonyme.
Cela paraît simple : ne chantons-nous pas déjà notre respect et notre amour pour la terre des êtres libres et la patrie des braves ? Oui, mais qu'aimons-nous, au juste ?
L'essentiel est de lire beaucoup. N'importe quoi. Ce qu'on a envie de lire. Le tri se fait après. Et même la mauvaise littérature est nourricière.
La mésentente sexuelle d'un couple n'est jamais anodine.
Le roman policier est-il un genre dans la littérature ou une façon d'écrire hors littérature ?
La postérité, de plus en plus, me paraît ressembler à un voyageur pressé qui fait sa malle, et qui ne peut y faire entrer qu'un petit nombre de volumes choisis.
La littérature vous jette dans la bataille ; écrire c'est une certaine façon de vouloir se libérer ; si vous avez commencé de gré ou de force voue êtes engagés.
Un certain désordre favorise la synthèse.
La littérature ne console guère. Elle donne juste la douce illusion de l'amitié ressuscitée.
Il est important d'avoir un certain degré de désir sexuel, une euphorie, dans l'amour romantique comme dans ses amitiés.
La vraie littérature a son propre calendrier, sa propre liberté qui n'a rien à voir avec la liberté extérieure.
En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un événement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi.
La photographie n'est jamais qu'un chant alterné de "Voyez", "Vois", "Voici" ; elle pointe du doigt un certain vis-à-vis, et ne peut sortir de ce pur langage déïctique.
L'oeuvre qu'on portait en soi paraît toujours plus belle que celle qu'on a faite.