On croit toujours pouvoir s'en tirer mieux que les autres ; c'est l'excuse de la jeunesse.
Une bataille est un drame en trois actes. On commence par s'ennuyer ferme, puis on est terrifié et pour finir on est mort.
Il y a un indicible bonheur à savoir tout ce qui en l'homme est exact.
Lieu du texte, lieu pluriel et contradictoire, le théâtre reste un art fragile, minoritaire par nature, trop éphémère pour modifier en profondeur le tissu social. Néanmoins, l'art du théâtre est un art profondément moral.
Il faut écrire ses mémoires avant de ne plus en avoir.
Une disposition intensivée à l'alcool parmi les chercheurs en littérature entraîne également une plus grande sociabilité.
La Bible n'est-elle pas l'un des premiers almanachs visant à manipuler les masses : elle est bourrée de truismes qui réconfortent les simples d'esprits en mal de directives.
Ne pas croire en quelque chose, c'est retomber en enfance.
La télévision est le premier pouvoir en France, et non le quatrième.
Ou on tire les ficelles, ou on essaie de s'en débarrasser.
On est assez mièvre pour s'écrier devant les nouveau-nés : Ah qu'il est mignon ! Il ne sont jamais beaux, il n'y a que la naissance en elle-même qui soit belle.
La paix, la paix à tout prix, nous clament tant de braves gens qui, en se conjoignant, aux lâches, aux amis des brutes et aux antisémites ordinaires peuvent s'ils n'y prennent garde, assurer le triomphe des forces du mal et de la régression.
Beaucoup de faux pas ont été faits en restant immobile.
Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d'opinions, ou bien si tard, que ça n'en vaut pas la peine.
Une armée affamée est en fait pire qu'aucune armée.
N'allez pas vers des hommes qui sont prêts à se suicider et tournent en rond à la recherche de normalité.
Mais tout change sans cesse en nous comme hors de nous ; même les paroles que je prononce en ce moment me changent.
En donnant aux gens le pouvoir de partager, nous rendons le monde plus transparent.
Sauf pour les dictateurs et les imbéciles, l'ordre n'est pas un fin en soi.
Ne courez jamais après une femme ou un taxi. Il en passera d'autres.
Il n'est pire misère, parce qu'on veut faire le bonheur d'un peuple, que de croire en lui.
Pour toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta droite, en sorte que ton aumône demeure secrète ; et ton Père qui voit dans le secret te le revaudra.
Toutes immatérielles et fragiles qu'elles paraissent en présence des faits brutaux, les idées demeurent plus longtemps. Elles survivent aux hommes, aux cataclysmes de la nature et de l'histoire.
La vérité dépasse peut-être la fiction en cela qu'elle est infiniment plus décevante.
Croire en l'au-delà, ça ne suffit pas. Il faut croire aussi en la vie.
Pas étonnant que nos solitudes soient plus nombreuses, le sentiment de notre isolement, plus vif. Chaque homme, en sa conscience, recommençant l'éternité.
Si l'on avait autant de soin d'être ce qu'on doit être que de tromper les autres en déguisant ce que l'on est, on pourrait se montrer tel qu'on est, sans avoir la peine de se déguiser.
Les nombres ont-ils un mode d'existence en dehors de la tête de celui qui les pense ?
Le présent se dégrade, d'abord en histoire, puis en nostalgie.
Le cinéma ne peut plus m'envoyer dans la stratosphère. Des films, il en sort comme il se vend des chaussures.
Je suis extrêmement ambitieuse. Je ne comprend pas que les gens aient peur de le dire. Je ne veux pas vendre mon âme au diable mais je veux le succès et je ne vois pas en quoi c'est mal.
Si les giboulées ne viennent pas en mars, elles viennent en avril.
Je crois au pouvoir des femmes. En tant que nourricieres, nous avons une capacité unique à prendre soin et à partager et à rendre le monde meilleur.
Je sors du taxi et c'est probablement la seule ville qui en réalité semble mieux que sur les cartes postales, New York.
J'avais été choquée par une déclaration d'Ariel Sharon prétendant que les mères palestiniennes envoyaient leurs enfants en première ligne.
Il ne faut pas croire, en Corse, aussi les coqs chantent. Tous les jours. Vers seize heures.
Se croire un personnage est fort commun en France.
Les rendez-vous ne seraient pas désagréables si les gens ne vous faisaient pas perdre tant de temps à vous expliquer pourquoi ils sont en retard.
Nous sommes des aveugles-nés en face de l'insondable inconnu qui nous enveloppe ; mille et mille questions surgissent sans réponse possible.
Il n'y a qu'une manière d'être heureux par le coeur : c'est de ne pas en avoir.
Je n'ai d'indulgence pour aucune faute ; j'en ai pour tous les coupables.
La sagesse devrait se trouver en abondance ; qui, en effet, l'utilise ?
Aux maux désespérés, il faut des remèdes désespérés, ou il n'en faut pas du tout.
Il n'y a pas de mathématiques modernes. Ces deux mots anodins font pourtant régner la terreur dans des millions de foyers où les parents, angoissés, "sèchent" sur des problèmes donnés à leurs fils en quatrième.
Le bon sens et l'ironie, en France, sont nés le même jour.
Il n'existe qu'un seul ordre parfait : celui des cimetières. Les morts ne réclament jamais et ils jouissent en silence de leur égalité...
Chez la plupart des hommes, l'incroyance en une chose est fondée sur la croyance aveugle en une autre.
La poésie, c'est la prise en charge du quotidien, c'est la découverte du présent dans ce qu'habituellement on cherche à fuir.
Ne retenir, des parcelles de vérités entrevues, que celles qui vous aident à survivre, c'est peut-être, en fin de compte, la seule sagesse.
Celui qui invoque l'histoire est toujours en sécurité, les morts ne se lèveront pas pour témoigner contre lui.