Ne te fais pas d'illusion sur les illusions qui ne sont que l'enfer de nos rêves.
Quand les hommes supérieurs se trompent, ils sont supérieurs en cela comme en tout le reste. Ils voient plus faux que les petits ou les médiocres esprits.
Touchés par la crise, de nombreux marchands d'armes se sont reconvertis dans la lingerie. Les armes de la séduction.
Beaucoup d'hommes sont doués de raison, très peu de bon sens.
L'indépendance et le talent ne sont-ce pas les grands chemins qui mènent aux honneurs ?
Les mains sont des symboles et parfois des révélations.
Les souvenirs sont souvent aussi trompeurs que ceux et celles qui les nourrissent.
Les poètes tentent de greffer aux hommes d'autres yeux et de transformer ainsi le réel. Aussi sont-ils des éléments dangereux pour l'Etat, puisqu'ils veulent transformer. Or l'Etat et ses dévoués serviteurs n'aspirent, eux, qu'à durer.
Les souvenirs ne sont en général, jamais exempts de souffrance.
Les chagrins d'amour sont aussi douloureux en haut qu'en bas. Souvent plus, car plus instinctifs, et plus sincères.
La morale et les lumières sont nos premières nécessités.
La poésie, ce sont des mots avec de la musique à l'intérieur mais qui en sortent.
Nos vies ne sont que d'obscures intermèdes dans les grands jeux électriques de Dieu Le Père.
La vie est essentiellement solitaire et les gens mariés et non mariés diffèrent seulement en ce que nous nous sentons seuls quand nous sommes avec nous-mêmes et qu'ils se sentent seuls quand ils sont ensemble.
Nous sommes à la fois étonnants et étonnés ; les animaux ne sont qu'étonnants.
Il y a les gens qui se respectent, et ceux qui ne se respectent pas. Ces derniers sont les éternels vainqueurs.
Le germe d'un livre ce sont des lectures, plutôt que des expériences et des idées.
Des concepts sans matière sont vides.
Ce ne sont pas les chantiers qui manquent mais la volonté politique.
La pensée de cette lutte universelle provoque de tristes réflexions, mais nous pouvons nous consoler avec la certitude que la guerre n'est pas incessante dans la nature, que la peur y est inconnue, que la mort est généralement prompte, et que ce sont les êtres vigoureux, sains et heureux qui survivent et se multiplient.
Ce carnet était en partie fait de mémoire, les choses qui m'ont le plus touchée n'y sont pas toutes, je n'ai pas osé tout dire.
Il est vrai que les gens à qui je révèle bravement mes soucis sont très heurtés. Réagissent-ils par peur, établissent-ils un parallèle avec leur propre sort? Je continue - pourquoi changer? - sur le mode humoristique qui ne m'a pas [...] ► Lire la suite
Une petite ville, c'est un endroit charmant où ce sont les voisins qui se chargent de surveiller votre femme.
Combien faudra-t-il ajouter de siècles à ceux qui sont derrière nous pour ne plus avoir honte de nos sensations ?
Est-ce parce qu'ils ont pris de la bouteille que certains êtres sont bouchés ?
Toutes les routes sont bonnes pourvu qu'on les suive jusqu'au bout.
Que valent le silence, la contemplation ? Est-ce que ces valeurs peuvent encore être perçues ? Ou le silence et la contemplation sont-ils le fait de ceux qui se murent hors des souffrances d'autrui, de l'évolution du monde et de ses problèmes ?
Toutes nos phrases sont dictées par les nécessités et les illusions de notre situation concrète.
Bonne nouvelle pour les vieux qui peuplent le monde : il est faux de croire que ce sont les jeunes arbres qui donnent le bois le meilleur et le plus abondant.
Il y a une chose que les coups de fusil et de baïonnette sont impuissants à détruire : c'est l'esprit de l'âme, car il est plus fort et résiste à toutes les épreuves.
Peu à peu, au nom de la tolérance (ce qui est, après tout, un bon prétexte) à l'égard de religions qui ne sont pas installées depuis longtemps en France, on a accepté de mettre de côté nos principes pour faire place à autre chose, qui contestait nos principes.
Ce ne sont pas les titres qui honorent les hommes, mais les hommes qui honorent les titres.
Les gens qui ont de l'humour ou qui y sont sensibles sont plus ouverts aux autres.
C'est passionnant pour les gens de définir qui ils sont en relation avec ce que j'écris, que ce soit en l'aimant ou en le détestant.
La victoire et la défaite sont mêlées, confondues, rayons différents d'un même jour solaire.
Que d'époux ne sont séparés que par le mariage !
Tous les gens sont mégalomanes. Ceux qui le montrent, on les traite de malades ; ceux qui le cachent, de modestes.
Dans une république tous sont maîtres, et chacun tyrannise les autres.
Dieu est père, mais il n'y a pas plus mère que lui, disait un Père de l'Eglise. Plus que les paroles, ce sont les larmes qu'il écoute et qu'il comprend.
Les jours sont faits pour sonner l'un après l'autre comme une volée de cloches. C'est le coeur de l'homme qui leur sert de battant. Si le coeur n'y est pas, les jours sont tristes.
Très peu de choses sont urgentes, même en politique.
Converser pendant le sexe, c'est comme parler à un étranger ; les mots sont souvent répétés, les verbes abandonnés au profit d'une charade de gestes, et une feinte compréhension s'exprime dans un sourire.
Tous les révolutionnaires sont des naïfs : ils ont confiance en l'homme ! Quelle tare ! Confiance en l'homme !
Pour celui qui dit, « Je ne crains pas l'eau, » les vagues que le vent excite ne sont qu'une écume blanche.
Les grandes réalisations sont toujours précédées par de grandes pensées.
Les grands poètes sont obscurs pour deux raisons opposées : tantôt parce qu'ils parlent de choses trop grandes pour que n'importe qui les comprenne, tantôt parce qu'ils parlent de choses trop petites pour que n'importe qui les voie.
Les dieux sont nos métaphores, et nos métaphores sont nos pensées.
J'aime mieux être de ces écrivains dont on se demande pourquoi ils ne sont pas de L'Académie, qu'un de ceux dont on se demande pourquoi ils en sont.
Rien n'est jamais complètement neuf, c'est comme les mots, les choses reviennent, elles sont neuves quand même.
La plus vile espèce d'ennemis, ce sont les louangeurs.