Je vais bientôt avoir 50 ans et j'ai toujours plus ou moins eu quelqu'un pour m'épauler. Les choses sont différentes désormais.
Les problèmes sont le prix du progrès. Ne m'apportez que des problèmes. Les bonnes nouvelles m'affaiblissent.
Les personnes qui ne connaissent pas encore ma grand-mère sont priées de se dépêcher. On ferme le cercueil à 14 heures.
Les conducteurs de taxi parfois se mettent en grève. Ce sont des moments difficiles où l'on n'en trouve pas. Comme d'habitude.
A force de chercher de bonnes raisons, on en trouve ; on les dit ; et après on y tient, non pas tant parce qu'elles sont bonnes que pour ne pas se démentir.
Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard.
Le bon sens et l'ironie, en France, sont nés le même jour.
L'on doit se taire sur les puissants : il y a presque toujours de la flatterie à en dire du bien ; il y a du péril à en dire du mal pendant qu'ils vivent, et de la lâcheté quand ils sont morts.
Quand les combles sont en feu, il ne sert plus à rien de prier ou de récurer le plancher. Il est néanmoins plus pratique de prier.
Les pauvres sont aussi nécessaires dans un état que les ombres dans un tableau.
Quand je dis que 95% des gens sont des imbéciles, 100% d'entre eux sont d'accord !
Sans contraintes il n'est pas de progrès. Attraction et Répulsion, Raison et Énergie, Amour et Haine, sont nécessaires à l'existence de l'homme.
On se persuade mieux, pour l'ordinaire, par les raisons qu'on a soi-même trouvées, que par celles qui sont venues dans l'esprit des autres.
La foi transporte les montagnes. C'est vrai. La raison les laisse où elles sont. C'est mieux.
Les bonnes actions accomplies dans la jeunesse sont les vivres de la vieillesse.
Nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos mains, nos yeux. Substituer des livres à tout cela, ce n'est pas nous apprendre à raisonner, c'est nous apprendre à nous servir de la raison d'autrui.
Les sensations fortes ne sont pas dans la victoire, mais dans l'action.
Ceux qui croient que seules les grandes oeuvres du passé existent sont des pauvres imbéciles incapables de faire confiance à la vie.
Nous ne trouvons guère de gens de bon sens, que ceux qui sont de notre avis.
On ne fait pas assez attention aux passions amoureuses des enfants ; elles sont pourtant les plus absolues, les plus exclusives...
Les noms de baptêmes sont faits pour être dits par ceux qui nous aiment, et pour être inconnus à ceux qui n'aiment pas.
Simone Weil disait: il y a assez peu de gens, finalement, qui savent que les autres existent. Qui, tout simplement, sont "au courant" de ça: que les autres existent.
J'ai toujours cru que le style était plus important que la mode. Ils sont rares, ceux qui ont imposé leur style alors que les créateurs de mode sont si nombreux.
Les paroles d'un poète sont déjà ses actions.
Ce qu'il y a de plus réel pour moi, ce sont les illusions que je crée avec ma peinture. Le reste est un sable mouvant.
L'érudition n'est pas la science, de même que les matériaux ne sont pas l'édifice.
On a beau reconnaître que nos joies sont fabriquées de chimères, elles ont quand même cet avantage de nous réconforter comme des rayons de soleil. Et pourvu que l'on se sente rayonnant, on ne regarde plus de quel côté vient la lumière.
Les caprices de l'espèce femelle ne sont pas bornés à une seule partie du monde ni à un seul climat, mais sont en tous lieux les mêmes.
Les masses sont l'inertie, la puissance du neutre.
Les concerts ne sont jamais de la vraie musique, vous devez renoncer à y entendre toutes les plus belles choses de l'art.
Les enfants gais doivent cesser de se tuer parce qu'ils sont obligés de se sentir inutiles par des actes d'intimidation cruels et implacables.
Les Anglais sont le seul peuple qui ait trouvé le moyen de limiter la puissance d'un homme dont la figure est sur un écu.
Il y a deux espèces de pauvres, ceux qui sont pauvres ensemble et ceux qui le sont tout seuls. Les premiers sont les vrais, les autres sont des riches qui n'ont pas eu de chance.
Tous les pays se ressemblent. Tous les amours sont une invitation au voyage. Ce sont les voyages seuls qui diffèrent.
L'Ecriture nous dit que les années de l'homme sur la terre sont de soixante-dix. Il faut en conclure qu'au-delà, c'est du temps emprunté à l'éternité.
Les citations sont à la lecture ce que les bandes annonces sont au cinéma...
Les ténèbres sont les mêmes pour tous, et personne ne sait où il va aborder.
La foi et le doute vont de pair, ils sont complémentaires. Celui qui ne doute jamais ne croira jamais vraiment.
Les amitiés grégaires sont souvent superficielles, car se voir en bande, c'est se parler en meute, quand le tête-à-tête favorise l'écoute et la profondeur du dialogue.
Qui sont nos ennemis ? Qui sont nos amis ? C'est une question de première importance pour la révolution.
Le mieux dans la vie, ce sont les passions qu'on peut pousser jusqu'au bout de ses ambitions.
Il y a 50 ans que le peuple et les intellectuels sont séparés. Il faut qu'ils ne fassent plus qu'un.
On devrait avoir le courage de tromper de temps en temps les jolies femmes avec des femmes qui ne sont pas jeunes et qui sont laides. Ca leur apprendrait à vivre.
Le sublime et le ridicule sont si proches qu'on ne saurait les séparer.
Les superstitieux sont dans la société ce que les poltrons sont dans une armée : ils ont, et donnent des terreurs paniques.
Au joug depuis longtemps, ils se sont façonnés ; ils adorent la main qui les tient enchaînés.
Les cimetières sont les vestiaires de la résurrection.
Les moments les plus difficiles sont ceux qui donnent le plus de satisfaction.
De quelle espèce sont donc tous ces gens, dont l'âme n'a pour assise que l'étiquette, dont toutes les pensées et tous les efforts ne tendent pendant des années qu'à avancer d'un siège vers le haut bout de la table ?
Sous les haillons sont les louis d'or.