L'individu parfaitement équilibré n'a pas toute sa raison.
La société, plus marâtre que mère, adore les enfants qui flattent sa vanité.
Les passions que construit l'acteur avec son corps et sa voix évoquent l'extase de la transe ou de la possession.
Singulier monde, que celui du rêve ! Les pensées, les paroles intérieures, en dedans, se pressent, fourmillent. Tout ce petit monde se hâte de vivre avant le réveil, qui est sa fin, sa mort à lui.
Qui brûle sa maison se chauffe au moins une fois.
Il est vital pour le poète de lever des échos, et de le savoir. Nul mieux que lui ne s'accorde aux solitudes ; mais aussi, nul n'a plus besoin que sa terre soit visitée.
Libre est le romancier, il crée un monde à sa guise, mais il le fait sur le bord du monde qui existe. Sa liberté en est très réduite.
Que redoute-t-on quand un homme fixe sa vie avant d'avoir "mené la vie de garçon" ? On craint que la solidité du mariage ne résiste pas au déchaînement subit de l'instinct viril. Juste crainte, mais qui n'est pas moins fondée pour la femme.
Comme tous les hommes aussi, il était déçu de constater que sa femme était intelligente.
L'amoureux est presque toujours un homme qui, ayant trouvé un charbon ardent, le met dans sa poche croyant que c'est un diamant.
Qu'est-ce que la politesse ? Une convention tacite entre deux hommes, par laquelle chacun dissimule sa vanité au bénéfice de celle de l'autre.
L'art, une bien belle chose, mais que change-t-elle au monde, sinon la couleur de sa misère ?
La véritable paix est apolitique, elle consiste à avoir l'autre dans sa peau, sans réciprocité.
Passer le temps à se rafistoler l'âme. Croire en sa force et puis lâcher prise. Dégringoler. Avoir peur de soi. De la partie inconnue. De celle qui brise.
Il y a une personne avec laquelle nous n'arrivons jamais à être complètement sincères, bien que nous sachions qu'elle nous connaît à fond et que nous puissions compter sur sa bienveillance : nous-mêmes.
Le poète est en face du langage comme le peintre est en face de l'objet. Le langage devient sa matière première.
Celui qui sait sa mort certaine et cesse d'en souffrir peut se repaître de chaque instant.
La femme seule ne doit qu'à elle-même le compte de ses jours. Elle s'habille pour elle, sort à sa guise, rentre à son gré, dispose comme il lui plaît de son temps, de son coeur et de son téléphone. Elle n'a jamais besoin de mentir, ni d'inventer, et elle
Le plus beau cadeau qu'on puisse faire à un enfant, c'est de répondre à sa curiosité, lui donner le goût des belles choses.
C'est lorsque que la nuit tombe que je tombe amoureux; elle atténue mes peines, sa couleur est savoureuse.
Je crois juste que c'est mal, quand un garçon regarde une fille et s'imagine que sa façon de la regarder la rend plus belle qu'elle ne l'est déjà.
- Non mais je rêve. Non mais maintenant, mon fils sors sans cravate ! - Oui alors là, ta gueule Brigitte parce que la dernière fois t'avais oublié sa ventoline.
Que tu lui donnes un crayon Et l'enfant bâtit sa maison.
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.
Une bonne partie de la population ne fait aucun effort de réflexion, et ce n'est pas parti pour s'arranger. Alors ou bien on lutte pour une cause perdue et on y perd sa santé, ou bien on essaie de prendre les choses comme elles sont et de s'y faire.
Les hommes ne peuvent résoudre les uns pour les autres le problème de la sagesse. C'est donc à chacun de le résoudre pour soi, de trouver une sagesse à sa mesure. La sagesse ne s'enseigne pas. A chacun de se [...] ► Lire la suite
Le christianisme dans sa véritable signification détruit l'état.
La vie d'un honnête homme est quelque chose de très plat. Que lui reste-t-il, puisqu'il s'est retranché le désir de plaire ? Il aime sa femme, si l'on peut aimer une femme à qui l'on n'a pas à faire la cour.
Il est plus facile de voir le Pôle Nord, que de voir sa propre colonne vertébrale.
Je ne suis pas un profond jurisconsulte, mais je crois véritablement que si le gouvernement était renfermé dans les limites dont je parle, et que toute la force de son intelligence, de sa capacité fût dirigée sur ce point-là : [...] ► Lire la suite
La profession de modèle, au contraire, destitue la femme complètement et l'exile de sa personnalité, pour la reléguer dans les limbes de la plus ténébreuse inconscience.
Il faut pousser sa volupté jusqu'à la douleur, pour être sûr de l'avoir goûtée tout entière.
Ce qu'il y a de plus pénible dans l'écriture : la sécheresse, l'intervalle entre deux livres, comme un hiatus dans sa propre durée intérieure. On se croirait en suspens.
Pas étonnant que nos solitudes soient plus nombreuses, le sentiment de notre isolement, plus vif. Chaque homme, en sa conscience, recommençant l'éternité.
Ce qui importe à l'homme ce ne sont pas les événements survenus dans sa vie, mais seulement la répercussion de ces événements dans sa conscience.
Un optimiste est un homme qui épouse sa secrétaire en s'imaginant qu'il pourra continuer à lui faire des réflexions sur sa mauvaise orthographe.
L'homme est lui-même metteur en scène, décorateur, costumier et acteur de sa propre tragédie. Personne n'y échappe.
Un long bonheur s'affaiblit par le fait même de sa durée.
Toutes les croyances procèdent de la pensée mythique quand même elles se réclameraient de sa fin. Et c'est par leur mise en scène que lesdites croyances acquièrent les différences qui les distinguent.
Inspirons, s'il est possible, à la nation l'amour de l'architecture nationale. C'est là, l'auteur le déclare, un des buts principaux de ce livre ; c'est là un des buts principaux de sa vie.
Il est triste de quitter sa patrie pour toujours, mais il est pire de ne pas avoir le droit de la quitter.
Sous sa carapace de lâcheté, l'homme aspire à la bonté et veut être aimé. S'il prend le chemin du vice, c'est qu'il a cru prendre un raccourci qui le mènerait à l'amour.
Le coup que l'on voit venir perd la moitié de sa force.
Je suis sûr qu'il regrette le temps où il était dans le ventre de sa mère parce que c'est la seule occasion qu'il aura de voir "ça" de l'intérieur.
Le comble pour un couturier, c'est de se faire arrêter sur l'autoroute à l'embranchement d'une bretelle parce qu'il n'a pas sa ceinture !
La vraisemblance ne se confond pas avec la vérité, ni le réel avec sa représentation.
La couleur existe en elle même, possédant sa propre beauté.
Comme si toute l'impatience du monde trouvait dans le vent sa résolution.
Quand votre jeune voisine sonne chez vous à minuit parce qu'elle a perdu sa clé, téléphonez-vous au serrurier d'abord ?
Au moment où l'Église, par les dispositions prises en 1215 au quatrième concile du Latran pour mieux extirper les survivances du paganisme et pour mieux redresser les déviations hérétiques, fondait sur la cellule paroissiale, raffermie, l'appareil de propagande et de [...] ► Lire la suite