Je sais jusqu'où je peux aller et jamais en tout cas je ne prendrai le risque de nuire à ma santé. On n'emporte pas l'argent dans sa tombe. C'est à chacun de prendre ses responsabilités.
Le repentir est le dernier profit que l'homme tire de sa faute.
La vie empêche la vie. La formule de Pasteur est belle dans sa nudité.
Quel ravage un être peut causer par la seule force de sa séduction.
Lire, c'est emprunter ; en tirer profit, c'est rembourser sa dette.
Chaque fois que nous mentons à quelqu'un, nous lui faisons le compliment de reconnaître sa supériorité.
Etre un homme, c'est diminuer sa part de comédie.
L'emballage d'un écrivain qui a réussi, c'est sa légende, les anecdotes qu'on raconte à son sujet, les mots d'esprit qu'on lui attribue... même sans jamais l'avoir lu.
Le texte de l'autre doit être lu, interrogé sans merci mais donc respecté, et d'abord dans le corps de sa lettre. Il y a dans le respect de la lettre l'origine d'une sacralisation.
On fausse son esprit, sa conscience, sa raison, comme on gâte son estomac.
Invoquer sa postérité, c'est faire un discours aux asticots.
Pensez de temps en temps qu'il y a un homme qui donnerait sa vie, pour garder une vie que vous aimez à côté de vous.
Protéger son coeur et sa dignité est plus important que d'analyser les émotions d'une personne qui se cache derrière un texto de trois mots. J'ai appris cette leçon à force d'essayer de comprendre des gens qui ne méritaient pas mon attention.
L'homme n'est assuré de sa vie ni de sa mort, il est fragile autant que feuille de bananier ou écume sur les eaux.
On ne va jamais jusqu'au fond de sa solitude.
Si nous avions vécu avec quelqu'un cent vingt ans, et si on nous demandait ce que nous pensons de lui, pour ne pas trahir la complexité de sa personnalité, il nous faudrait répondre : "Je commence seulement à le connaître."
L'ennui avec les interviews, c'est qu'il faut répondre du tac au tac à un journaliste tout ce qu'on n'a pas su se répondre à soi-même toute sa vie.
Ne cours jamais te prodiguer au-dehors avant de t'être donner audience à toi-même. Comment voudrais-tu que les autres s'intéressent à une créature qui ne trouve pas en elle de quoi jouir de sa propre société ?
L'amour physique lui-même a sa morale, surtout quand il n'en a pas.
Je souhaitais et craignais à la fois de voir M. Rochester le jour qui suivit cette nuit sans sommeil. Je voulais entendre à nouveau sa voix, mais craignais de croiser son regard.
Pour manquer utilement à sa parole, encore faut-il avoir une parole !
Dieu est totalement libre, même à l'égard de sa propre existence.
C'est d'avoir été et de ne plus être qui arrache à l'homme le dernier lambeau de sa joie.
Quelle chose terrible que l'amour, s'il ne peut couler d'un coeur à l'autre, librement, dans toute sa fraîcheur !
Il importe peu qu'un homme prenne la bonne route ou la mauvaise, pourvu seulement qu'il la suive avec sincérité et dévotion, jusqu'à sa fin, car toute route le conduira à son but.
Nous sommes dans la préhistoire de l'esprit humain.Cela signifie pour chaque individu doit sortir de sa propre barbarie intérieure.
Le plaisir et la douleur sont les deux extrêmes de la sensibilité : son moyen terme est le calme vivant ; sa nullité, la mort.
Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il soit déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne sera pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.
On décrit mal sa joie au milieu des malheurs ; et sa plus douce idée est un sujet de pleurs.
Qui Dieu veut punir, il le punit dans sa raison.
Un homme qui "régularise" en épousant sa maîtresse convertit ses "actions de jouissance" en "obligations".
La vraie fin de l'homme, ce n'est pas la mort, c'est sa perfection.
Il faut étaler au théâtre la passion de l'amour dans toute sa force, ou ne pas la traiter.
La présence de la mort rafraîchit toujours les expériences, c'est sa fonction : nous aider à méditer sur cette chose étrange qu'est le temps.
La nature semblait avoir moulé sa tête pour l'Empire ou pour le gibet, taillé ses bras pour étreindre une nation ou pour enlever une femme.
Rien n'est plus beau qu'un pauvre qui s'accroche à sa dignité, et rien n'est plus laid, qu'un riche qui l'a perdue.
La raison consiste souvent à bien choisir sa folie.
On porte son passé, tout son passé dans sa chair et son âme, et il continue de nous miner jusqu'à la ruine.
On doit défendre sa famille, même contre la loi.
Ayant été son apôtre, hélas ! ayant travaillé et souffert assez longtemps pour qu'il devint un chrétien, l'excessive médiocrité de sa nature exigeât que je fusse payé aussitôt de la plus affreuse ingratitude et que je contemplasse en lui le plus extraordinaire avortement de la grâce.
Le malheur ne distingue pas et dans sa course errante, il se pose aujourd'hui sur l'un et demain sur l'autre.
Il y a, dans la déconstruction, une figure auto-interprétative qui n'impose sa nécessité qu'en accumulant les forces qui tentent de la refouler.
Qui par la parole s'engage, met sa barbe en gage.
Il n'y a de vrai et de solide esprit que celui qui prend sa source dans le coeur.
Les humains vivent mieux lorsque chacun d'eux est à sa place lorsque chacun d'eux sait où il se situe dans le schéma des choses. Détruisez cette place, vous détruirez la personne.
Quand un homme se respecte, il est enfin créé à sa propre image.
Chaque homme est étranger à l'univers, appartient aux objets, aux repas, aux journaux - qui l'enferment dans sa "particularité"-, le laissent dans l'ignorance de tout le reste. Ce qui lie l'existence à tout le "reste" est la mort : quiconque [...] ► Lire la suite
L'antispéciste, pour sa part, ne méprise pas la différence. Il essaye de la comprendre. Cela commence évidemment par les humains.
L'homme atteint chaque étape de sa vie en tant que novice.
Un drogué est paré à toute éventualité. il peut voir sa grand-mère morte, grimper le long de sa jambe, un couteau entre les dents. Mais personne ne peut avoir assez de cran pour soutenir un trip pareil !