L'histoire d'un amour, c'est le drame de sa lutte contre le temps.
Les impressions des expériences spirituelles ont donné à ma vie future sa forme et son contenu.
En bon policier, il était capable de camoufler sa personnalité à volonté, de devenir aussi inoffensif et banal qu'un meuble.
L'animal poursuit sa proie ; l'être humain court après son salut.
C'est la sélection des détails et non pas leur nombre, qui donne à un portrait sa ressemblance.
Qui ne sait mettre sa volonté dans les choses, y met au moins un sens : cela revient à croire qu'une volonté s'y trouve déjà.
Jamais un mari ne sera si bien vengé que par l'amant de sa femme.
Si un homme était immortel, réalisez-vous ce que serait sa note de boucher ?
On a tous la possibilité de faire de la politique dans sa vie quotidienne. On peut tous être un peu responsables.
Les courses d'avions ne demandent pas nécessairement beaucoup de courage mais une certaine folie et un total mépris de sa propre vie.
C'est par un amour surhumain qu'on dépasse sa nature.
Une fois dans sa vie, fût-ce pendant trois quart d'heure, tout le monde a été à l'avant-garde de quelqu'un.
L'opposition fondamentale qui constitue l'armature de toutes les oppositions binaires dont l'homme se sert pour exprimer ses pensées et ses raisonnements prend sa source dans la confrontation de l'identique au différent.
Comment peut-on empêcher une grosse dame de chanter quand on a oublié sa mitraillette ?
Qui peut supporter une offense, peut mieux prendre à son point le temps de sa vengeance.
La vraie amitié n'est point impérieuse ; c'est une liaison libre et délicieuse, dont le coeur et l'esprit, la raison et le temps, ont ensemble formé les noeuds toujours charmants ; et sa chaîne, au besoin, plus souple et plus liante, doit prêter de concert, sans qu'on la violente.
Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse.
Ce qui m'intéresse dans Brice, ce n'est pas « Je t'ai cassé » ou « Salut, ça farte ? » que la presse a retenus, c'est ce personnage en attente sur sa planche sur une mer d'huile qui dit : « Le surf, c'est pas un sport, c'est un rêve. »
Nulle passion n'est plus forte dans le coeur de l'homme que le désir de faire partager sa foi.
Niaiserie d'une époque où chacun cherche les événements dans le journal au lieu de les voir sur sa route.
Avoir le courage de regarder sa vie en face, de n'y voir rien d'ajusté, rien d'harmonieux. Le courage de tout casser, de tout saccager.
Il n'existe aucun être, aucune substance mais, non plus, aucune institution humaine qui ne finisse par vieillir. Cependant, chaque institution doit se croire éternelle, sous peine de s'abandonner elle-même. L'acier le plus dur s'amollit, tous les éléments se désagrègent. Aussi surement que la terre aura sa fin, toutes les institutions trouvent un jour la leur.
La nuit, toute chose prend sa forme et son vrai aspect. De même qu'on ne distingue que la nuit les étoiles du ciel, on aperçoit alors sur la terre bien des choses qu'on ne voit pas le jour.
Celui qui viole le droit des peuples a peu de chances de bien terminer sa vie.
L'homme moderne communique souvent mieux avec sa souris qu'avec sa langue.
On a beaucoup discuté la question de savoir si la femme n'était pas un être radicalement débile. Sa débilité n'est qu'apparente ; elle a, en effet, de meilleurs principes de vie que l'homme.
Avant que la nuit tombeNe ferme pas la tombe;Car elle m'avait ditDe venir cette nuit,De venir dans sa chambre:« Par ces nuits de décembre,Seule, en mon lit étroit,Sans toi, j'ai toujours froid. »
Notre oeil trouve dans le monde sa raison d'être, et notre esprit s'éclaire en se mesurant avec lui.
Nos cauchemars, c'est notre âme qui balaye devant sa porte.
L'homme recommence toujours tout, même dans sa propre vie.
Une théorie fondée sur un nombre infini d'axiomes contient toujours sa propre contradiction.
Le créateur, ce n'est pas parmi les personnages qu'on doit le chercher, ses secrets sont dans sa manière de créer.
Lorsqu'on a rendu autant de gens heureux avec des disques, on n'a pas le droit de prétendre qu'on a raté sa vie.
Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui.
Ce qui donne au romancier le sentiment de l'échec, c'est l'immensité de sa prétention.
Nul ne peut veiller sur sa solitude, s'il ne sait se rendre odieux.
Retrouve-t-on sa jeunesse ? On refait une fortune, mais efface-t-on une ride ?
C'est dans sa durée que la vie se change en survie et le temps en éternité. C'est en naissant, et à chaque instant de votre vie, que vous êtes entrés en votre immortalité.
Mais quel, quel est ce paysOù frappe la nuitLa loi du plus fort ?Diego, libre dans sa têteDerrière sa fenêtreS'endort peut-être...
Un pédant, enivré de sa vaine science, n'a souvent fait qu'un sot.
Afin de se maintenir, l'économie est en permanence obligée de créer et de répandre davantage de technologie. C'est comme si l'enfant à naître dévorait sa mère dans le ventre de celle-ci.
Les bêtises d'une époque donnée sont pour la science des époques suivantes aussi précieuses que sa sagesse.
Il ne faut pas confondre partir et fuir. On n'échappe pas à sa condition humaine.
La Chine devient semblable à une huître qui s'entrebâillerait vers le grand large, mais demeurerait inébranlablement fixée du rocher par sa dure coquille totalitaire.
Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du Salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit.
Contempler sa bibliothèque, c'est rêver qu'on ne saurait mourir avant d'avoir lu tous les livres qui la remplissent.
L'homme a sa loi ; il se l'est faite à lui-même ; la femme n'a pas d'autre loi que la loi de l'homme. La femme est civilement mineure et moralement esclave. [...] Une réforme est nécessaire.
Faire l'amour à sa femme, c'est comme tirer un canard endormi.
Elle avait de grands yeux, vifs, clairs, humides et brillants, et sa carnation naturelle laissait deviner à fleur de peau la jeune vigueur des battements de son coeur. Son corps s'attardait avec grâce aux confins de l'enfance : elle avait presque dix-huit ans, serait bientôt femme, mais la rosée sur elle se voyait encore.
Il existait, naguère, un exercice auquel devait se livrer tout candidat à l'élection : la rédaction de sa profession de foi. Nous avons gardé la profession, mais nous avons perdu la foi.