Le christianisme ne fait pas sa part à la chair : il la supprime.
L'influence d'un livre ne dure guère plus longtemps que sa lecture.
Je pense à un héros comme quelqu'un qui comprend le degré de responsabilité qui vient avec sa liberté.
La bonne marche harmonique d'un système d'hommes exige que chacun ne soit ni inférieur ni supérieur à sa tâche.
Wimbledon : même les interminables délais imputables à la pluie londonienne font partie de sa personnalité.
Tout homme qui exerce un art, et quel que soit cet art, et même tout homme qui acquiert une oeuvre d'art, cherche à prolonger sa durée biologique, à se rattacher au passé et à se projeter dans l'avenir.
Paris abrite une ethnie intéressante, qui a sa façon de parler, de penser, de se conduire.
Il n'y a rien de plus difficile que de faire ressentir la réalité dans sa banalité. Flaubert aimait à dire : "il faut peindre bien le médiocre". C'est le problème que rencontrent les sociologues : rendre extraordinaire l'ordinaire ; évoquer l'ordinaire de façon à ce que les gens voient à quel point il est extraordinaire.
Ami sincère de l'Amérique, je vois l'esclavage retarder son progrès, ternir sa gloire, fournir des armes à ses détracteurs.
L'ordre de la pensée est de commencer par soi, et par son auteur et sa fin.
Jamais un mari ne sera si bien vengé que par l'amant de sa femme.
Il n'y a pas de justice : Le premier intellectuel venu exhibe l'intérieur de sa tête... on le fête. La plus jolie des filles nues montre très simplement son cul... on la hue.
Quand l'homme regarde la femme, il voit d'un oeil sa moitié et de l'autre sa rivale. La femme voit d'un oeil ou de l'autre, son appui et son maître, même quand elle se croit affranchie.
Un homme riche, quoi qu'il fasse, qu'il jette sa femme vieillie au rebut, qu'il abandonne sa mère sans secours, qu'il vole ceux qui lui ont confié leur argent, garde toujours la considération de ses amis.
L'homme qui s'adjuge, en vertu de sa supériorité intellectuelle, une plus large part de biens terrestres, perd le droit de maudire l'homme fort qui, aux époques de barbarie, asservissait le faible en vertu de sa supériorité physique.
Si l'oeuvre de Dieu est tout entière bonne, c'est qu'elle est tout entière utile au salut de l'homme ; elle n'est donc pas en soi une fin, mais un moyen qui tire sa justification de l'usage que nous en faisons.
Sans que cela soit un devoir, il y a plus d'une mère qui donnerait sa vie pour ses enfants.
Celui qui augmente sa sagesse allonge sa vie.
On peut grandir, et même vieillir, mais pour sa maman on est toujours un
La toilette d'une femme lui donne souvent une partie de sa contenance, et un habillement négligé lui enlève, par conséquent, quelque chose de ses moyens.
Temps vide, désespéré, dont on vole quelques minutes seulement par jour pour sa véritable vie.
W.C. : après avoir tiré la chasse, on perd sa place.
Le suprême triomphe de la raison est de jeter le doute sur sa propre validité.
Ne le plaignez pas trop : il a vécu sans pactes, Libre dans sa pensée autant que dans ses actes.
Nul ne peut veiller sur sa solitude, s'il ne sait se rendre odieux.
Si l'homme demeure immortel, quelle est sa raison d'être ?
Je ne me querellerais pas plus avec une personne à cause de sa religion que son art.
L'homme est le seul animal qui, pour se reproduire, commence par enfoncer sa langue dans la bouche de sa femelle. Toutes les autres bêtes sans exception trouvent du premier coup quels sont les organes adéquats.
Alexander, j'ai bien peur qu'il ait tout pris de moi. Il fait constamment du bruit avec sa bouche et c'est un vrai clown.
Le succès d'une oeuvre littéraire ne confirme pas toujours sa valeur.
La vérité, que personne n'avoue, c'est qu'une fois les illusions enfuies, on passe sa vie à souffler sur le miroir aux regrets. Mais toujours la buée s'efface.
Sa Majesté le Hasard fait les trois quarts de la besogne.
Chacun doit trouver sa solution.
Ne pas avoir le temps de méditer, c'est n'avoir pas le temps de regarder son chemin, tout occupé à sa marche.
Le créateur, ce n'est pas parmi les personnages qu'on doit le chercher, ses secrets sont dans sa manière de créer.
Il ne faut point vouloir juger. On peut à peine comprendre son prochain. En se penchant sur son semblable tout n'est que reflets ou leurre, vu que chaque homme a sa vérité propre et qu'aucune vérité n'est de ce monde.
On a tous la possibilité de faire de la politique dans sa vie quotidienne. On peut tous être un peu responsables.
L'homme n'a pas une seule et même vie ; il en a plusieurs mises bout à bout, et c'est sa misère.
Les courses d'avions ne demandent pas nécessairement beaucoup de courage mais une certaine folie et un total mépris de sa propre vie.
L'histoire d'un amour, c'est le drame de sa lutte contre le temps.
Le corps aussi a sa géographie. S'il est certain que c'est le Nord qui commande, le Sud aussi existe ! S'il n'y avait pas ce que les filles ont au Sud du nombril, par où elle naîtrait, l'humanité ?
Lorsque l'on aime, ou bien l'on n'a point de peine, ou bien l'on aime jusqu'à sa peine.
Comment peut-on empêcher une grosse dame de chanter quand on a oublié sa mitraillette ?
Dieu n'existe que dans nos esprits. Et, si l'homme peut concevoir Dieu, Dieu lui est alors inférieur, n'étant qu'un aspect de sa conscience.
Heureux ceux qui pleurent, car il n'est pas de larmes impures. En chacune d'elles brille un fragment d'éternité, toute larme a sa source dans un autre monde.
Une oeuvre de la langue traduite dans une autre langue : quelqu'un passe la frontière en y laissant sa peau, pour revêtir le costume local.
Les bibliothèques ne servent qu'à cela : offrir des occasions de méditer, penser, réfléchir sa vie, son existence.
La science présente beaucoup de danger, mais il faut lutter contre ces dangers non pas par moins de science mais par davantage de science, une science qui puisse aussi créer sa propre éthique.
Le vrai désir n'est peut-être pas la possession d'un être, mais sa dépossession dans l'attente du plaisir, du rejet du monde où nous sommes enfermés avant d'entrer dans un monde extatique.
Le public a sa part dans la grâce du théâtre, dans sa force esthétique elle-même. Il est la chair de l'émotion.