Vous savez ce que j'aime ? Vieillir. Avec l'âge, on se bonifie.
Quand on débarque dans la vie active, on se trimbale avec les bagages de ses parents. Et puis, on lâche les valises de son passé pour faire les siennes.
On se livre d'autant plus vivement aux plaisirs qu'on se sent près de les perdre.
Un berger est plus dangereux pour une jeune fille qu'un loup : on a peur de l'un et l'on se fie à l'autre.
Plus on vieillit, plus on se rend compte que ce n'est pas ce qui se passe, mais comment on s'y prend.
Quand on se fout de la morale, le moral est meilleur.
Personne n'est propriétaire du bonheur, on a parfois la chance d'avoir un bail, et d'en être locataire. Il faut être très régulier sur le paiement de ses loyers, on se fait exproprier très vite.
On n'est jamais trompé, on se trompe soi-même.
Quand le miel manque, on se contente de mélasse.
Tout prend, à mesure qu'on vieillit, l'allure du souvenir, même le présent. On se considère soi-même comme déjà passé.
De nos jours, la différence entre le mal et le bien est très mince : le mal c'est lorsque l'on se fait prendre !
Rien ne vaut l'expérimentation quand on se met à douter du réel ce qui revient, assez paradoxalement, au même qu'à douter de la fiction.
C'est trop facile de s'appuyer sur les autres, un jour on se retrouve dans un champ de béquilles.
En voyant le dimanche matin les gens jouer au tiercé on se met à penser que l'homme est la moins noble conquête du cheval.
Une oeuvre littéraire fabrique une multitude de situations fictives dans lesquelles on se projette, dans lesquelles on devient un autre.
Être sage, c'est quand on se trouve devant une montagne voir cette montagne, et rien d'autre. Une vie, en principe, n'y suffit pas.
Quand on sort d'un pénitencier on se réfugie plus volontiers dans un bordel que dans une cathédrale.
Le plaisir solitaire, à force, c'est pas très bon pour le mental. On se dépeuple.
Ne te crois pas persécuté, on se fait encore plus d'illusions sur ses ennemis que sur ses amis.
On n'est jamais aussi vainqueur ni aussi vaincu qu'on se l'imagine.
Les folies, c'est toujours pareil, dès qu'on a ce qu'on voulait, on se demande un peu pourquoi on l'a voulu !
On se souvient de choses parcellaires, même les souvenirs sont bouffés, rongés.... J'essaie de les retenir, les choses, les petites choses.
Quand on a quelque chose à cacher, on se met à jouer un rôle. Cela oblige tout le monde autour de vous à se transformer en acteur.
Amitié, degré supérieur de l'amour, sanctuaire où l'on se retire pour méditer le bonheur de l'être aimé.
Je vis dans un espace maximum alors qu'en ville on se bat pour un mètre carré qui définit l'espace.
On ne se dérobe pas à l'amour impunément. On est toujours rattrapé, où qu'on se cache.
On fait sa première communion pour en finir avec la religion. On passe son bac pour en finir avec les études. On se marie pour en finir avec l'amour.
À manger trop vite, on se brûle la bouche.
C'est très mystérieux, la mort. On la porte en soi, on se l'imagine, on la caresse, puis subitement, quand elle est là, on ne la reconnaît plus.
Quand on ne sait même plus ce qu'on doit revendiquer, on se contente d'émeutes.
Souvent on se cherche faute de savoir aimer.
Pour échapper à la souffrance, le plus souvent on se réfugie dans l'avenir. Sur la piste du temps, on imagine une ligne au-delà de laquelle la souffrance présente cessera d'exister.
Il arrive qu'en refermant un ouvrage on se sente jaloux de ses futurs lecteurs, pour la simple raison que cette expérience leur reste à découvrir.
Quand on se conduit mal, on ne blesse personne plus que soi-même.
On est impuissant à trouver du plaisir, quand on se contente de le chercher.
Le théâtre est toujours une émotion très présente en moi. Entendre les trois coups, le rideau qui se lève et le murmure de la salle, puis on se lance.
Peut-être la politique est-elle l'art de mettre les chimères à leur place ? On ne fait rien de sérieux si on se soumet aux chimères, mais que faire de grand sans elles.
Si l'on va au fond des choses, on se rend compte que le monde n'a jamais été plus ou moins brutal qu'il ne l'est aujourd'hui ; tout cela dépend du regard que tu portes et de la vie que tu as choisi de vivre.
La paresse ne peut se passer de travail ; on se repose voluptueusement que si l'on a pu se fatiguer.
On se demande parfois pourquoi la mémoire s'acharne à retenir certaines histoires aussi anodines que banales.
On n'écoute plus ce que les gens disent. On se contente de regarder comment ils le disent, quel regard ils ont en le disant, et si leur cravate est assortie à leur pochette.
Quand on se méfie de la pauvreté de sa vie intérieure, il faut emporter de bons livres.
Vie de famille ou de bureau, on se hait mais on ne se quitte pas.
A tout âge, en tout temps, en tous lieux, dans quelque situation qu'on se trouve, l'estomac influe prodigieusement sur le cerveau.
Jeune, on se passe très aisément d'esprit dans la beauté qu'on aime, et de bon sens dans les talents qu'on admire.
Si au lieu d'interpréter les faits, on se contentait d'en tenir compte, tout irait moins mal dans les familles et les états.
- J'le vois ce soir, il est au spa. - Ose pas ? - Au spa. - Il ose pas ? - Il est AU SPA. - Et pourquoi ? - Pourquoi quoi ? - Pourquoi il ose pas ? - Bah, je sais pas [...] ► Lire la suite
La tragédie, c'est lorsqu'on se coupe le doigt. La comédie, c'est quand on tombe dans une bouche d'égout ouverte et que l'on meurt.
Il y a ceux qu'on aime et ceux avec qui on se plaît.
Plus l'heure fatale approche, plus on se trouve important. Sans cela, la vie vaudrait-elle la peine d'être vécue ?