N'est-ce pas toujours ainsi que cela commence ? D'abord l'envie, puis le besoin d'écrire et, finalement, l'oeuvre littéraire qui apparaît à mesure qu'on se raconte.
Quand on se fout de la morale, le moral est meilleur.
On se demande parfois pourquoi la mémoire s'acharne à retenir certaines histoires aussi anodines que banales.
Rien n'est jamais joué si l'on se refuse à subir.
Avec un saucisson à l'ail, on se sent moins seul.
Quand on voit tous ces top models anorexiques et qu'on sait ce qu'on les paye on se dit que ça fait cher le kilo.
Quand on débarque dans la vie active, on se trimbale avec les bagages de ses parents. Et puis, on lâche les valises de son passé pour faire les siennes.
On se livre d'autant plus vivement aux plaisirs qu'on se sent près de les perdre.
On n'est jamais trompé, on se trompe soi-même.
Vous savez ce que j'aime ? Vieillir. Avec l'âge, on se bonifie.
Personne n'est propriétaire du bonheur, on a parfois la chance d'avoir un bail, et d'en être locataire. Il faut être très régulier sur le paiement de ses loyers, on se fait exproprier très vite.
On se demande, si en matière de bonté, le Diable n'est pas plus généreux que le bon Dieu.
Les premières étreintes sont toujours un peu ratées. On se jette l'un sur l'autre, à l'aveuglette ; poussé par trop de hâte on ne prend pas le temps de faire connaissance avec une peau, une odeur, un sexe étrangers.
On se shooterait à la vitamine C si cela avait été illégal...
Il arrive qu'en refermant un ouvrage on se sente jaloux de ses futurs lecteurs, pour la simple raison que cette expérience leur reste à découvrir.
Peut-être la politique est-elle l'art de mettre les chimères à leur place ? On ne fait rien de sérieux si on se soumet aux chimères, mais que faire de grand sans elles.
Être sage, c'est quand on se trouve devant une montagne voir cette montagne, et rien d'autre. Une vie, en principe, n'y suffit pas.
En voyant le dimanche matin les gens jouer au tiercé on se met à penser que l'homme est la moins noble conquête du cheval.
On se lasse de tout, sauf de l'argent.
Tout prend, à mesure qu'on vieillit, l'allure du souvenir, même le présent. On se considère soi-même comme déjà passé.
Rien ne vaut l'expérimentation quand on se met à douter du réel ce qui revient, assez paradoxalement, au même qu'à douter de la fiction.
Le théâtre est toujours une émotion très présente en moi. Entendre les trois coups, le rideau qui se lève et le murmure de la salle, puis on se lance.
C'est trop facile de s'appuyer sur les autres, un jour on se retrouve dans un champ de béquilles.
Une oeuvre littéraire fabrique une multitude de situations fictives dans lesquelles on se projette, dans lesquelles on devient un autre.
Le plaisir solitaire, à force, c'est pas très bon pour le mental. On se dépeuple.
Quand on sort d'un pénitencier on se réfugie plus volontiers dans un bordel que dans une cathédrale.
Plus on vieillit, plus on se rend compte que ce n'est pas ce qui se passe, mais comment on s'y prend.
Plus on se sent pécheur, plus on est chrétien.
On fait sa première communion pour en finir avec la religion. On passe son bac pour en finir avec les études. On se marie pour en finir avec l'amour.
Les folies, c'est toujours pareil, dès qu'on a ce qu'on voulait, on se demande un peu pourquoi on l'a voulu !
Ne te crois pas persécuté, on se fait encore plus d'illusions sur ses ennemis que sur ses amis.
Quand on se méfie de la pauvreté de sa vie intérieure, il faut emporter de bons livres.
Amitié, degré supérieur de l'amour, sanctuaire où l'on se retire pour méditer le bonheur de l'être aimé.
Je vis dans un espace maximum alors qu'en ville on se bat pour un mètre carré qui définit l'espace.
La fidélité, c'est une idée creuse, une vanité aveugle, comme si on tenait quelque chose, comme si on se croyait immortel, comme on l'était.
A tout âge, en tout temps, en tous lieux, dans quelque situation qu'on se trouve, l'estomac influe prodigieusement sur le cerveau.
On n'est jamais aussi vainqueur ni aussi vaincu qu'on se l'imagine.
C'est très mystérieux, la mort. On la porte en soi, on se l'imagine, on la caresse, puis subitement, quand elle est là, on ne la reconnaît plus.
Si l'on va au fond des choses, on se rend compte que le monde n'a jamais été plus ou moins brutal qu'il ne l'est aujourd'hui ; tout cela dépend du regard que tu portes et de la vie que tu as choisi de vivre.
On se souvient de choses parcellaires, même les souvenirs sont bouffés, rongés.... J'essaie de les retenir, les choses, les petites choses.
La tragédie, c'est lorsqu'on se coupe le doigt. La comédie, c'est quand on tombe dans une bouche d'égout ouverte et que l'on meurt.
La paresse ne peut se passer de travail ; on se repose voluptueusement que si l'on a pu se fatiguer.
On n'écoute plus ce que les gens disent. On se contente de regarder comment ils le disent, quel regard ils ont en le disant, et si leur cravate est assortie à leur pochette.
Il faut accomplir nos rêves, autrement on se fane et on meurt.
Souvent on se cherche faute de savoir aimer.
Quand on se met à parler de Dieu, ce n'est déjà plus de Dieu que l'on parle.
Plus l'heure fatale approche, plus on se trouve important. Sans cela, la vie vaudrait-elle la peine d'être vécue ?
Pour échapper à la souffrance, le plus souvent on se réfugie dans l'avenir. Sur la piste du temps, on imagine une ligne au-delà de laquelle la souffrance présente cessera d'exister.
On ne se dérobe pas à l'amour impunément. On est toujours rattrapé, où qu'on se cache.
La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s'examine n'avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte.