Il est embarrassant d'expliquer des réflexions : c'est comme si l'on se rétractait.
On se demande pourquoi Dieu créa le genre humain, s'il avait l'intention d'en plonger les quatre-vingt-dix-neuf centièmes dans des fournaises remplies de vipères !
Personne ne se repose jamais vraiment, on imagine qu'on se repose ou qu'on va se reposer mais c'est juste une petite espérance qu'on a, on sait bien que ça n'existe pas, ce n'est qu'une chose qu'on dit quand on est fatigué.
Ecrire ses mémoires n'est cohérent que si l'on se tue à la fin.
En amour, on ne s'explique pas, on se fait comprendre.
Si l'on se forme soi-même suivant les conseils qu'on donne aux autres, alors, bien dirigé, on peut diriger autrui. En effet, il est difficile de se maîtriser.
Le plus déroutant est d'enchaîner les films. À force, on se coupe d'un quotidien nécessaire.
On se consacre pas à la poésie ; on s'y sacrifie.
Votre étude sur la dépendance fait largement réfléchir. Comme toutes les choses très simples et qui, rappelées à l'esprit, soudain apparaissent évidente, on n'avait jamais pensé à y penser. Et voici que vous obligez à le faire et que s'ouvrent des horizons infinis. On se découvre soumis à un nombre de dépendances quasiment illimité.
Lorsque l'on fait du bien aux autres, on se nourrit soi-même.
À ne pas savoir danser, on sacralise la danse, on lui donne tout son pouvoir. Toutes les années perdues en apparence font le bonheur présent. Et l'on se venge enfin du carcan de l'adolescence.
La vie serait impossible si l'on se souvenait, le tout est de choisir ce qu'on doit oublier.
Un rude animal qui, par l'élémentaire exercice de sa vitalité, répand le sang et sème la mort, on se souvient qu'historiquement, c'est sous cette forme d'archétype féroce que se manifesta, à la conscience et à l'esprit des meilleurs, la révélation de la société capitaliste.
L'hosto, quand on y a séjourné longtemps et qu'on a failli y clamser, on y reste toujours un peu. Il vous fascine, vous obsède... on se dit qu'on y reviendra un jour ou l'autre. Il est l'image de notre mort...
On se console souvent d'être malheureux par un certain plaisir qu'on trouve à le paraître.
Je n'ose pas dire à Paul qu'on se perd à vouloir trop haïr.
Si l'on se bat, on peut être battu.
Toutes les émotions positives, joie, bonheur, surviennent quand on se sent en lien harmonieux avec le monde, alors que les émotions négatives sont toujours des marqueurs de rupture entre le monde et nous, que ce soit la colère, la tristesse ou la peur.
Savourer encore quarante pages de Mustang, c'est un meilleur rapport qualité-prix que pour tant d'oeuvres littéraires qu'on se doit de lire sous peine de délabrement intellectuel. Aujourd'hui comme hier, c'est bon de mépriser la prescription.
La politesse est d'abord un cadeau qu'on se fait à soi-même.
Nous formons un couple heureux. On se connaît par coeur, on se porte,on s'admire. Quand des gens méchants disent qu'il y a des tensions entre nous car Jean travaille plus que moi, c'est complètement faux.Je suis heureuse pour lui. Je l'aime.
On se console de ne pas mettre sa conduite au niveau de ses principes, en considérant combien ils sont élevés.
On se construit sur ce qu'on a vécu, en reproduisant ou en exorcisant.
Plus on se sent incompétent, plus on a envie de se battre.
Si la justice était bien observée, on se passerait de protection.
On n'est pas des gensdelettres. Si on se donne tout ce mal fou ce n'est pas pour le résultat mais parce que c'est le seul moyen de tenir le coup sur cette foutue planète.
C'est cela l'amour, une élection : lorsque l'on se choisit l'un l'autre, sans autre raison que l'amour.
Plus on est chiant, plus on se fait respecter.
On s'y évade de la règle de trois, des participes vraiment passés. On se conjugue plutôt dans le futur... mentir, voler, arnaquer, maquereauter...
Qui souvent s'examine n'avance en rien dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte.
On se souvient des chefs de file, mais on ne connaît pas forcément ceux qui ont contribué à faire de ces chefs de file de grandes et hautes personnalités.
On se prélassait là jusqu'à la nuit... à moins qu'un orage, une ondée nous déhotte.
Mais la paresse ne veut pas dire ne rien faire.Elle veut dire faire ce qu'on a décidé de faire parce qu'on l'aime, parce que l'on se construit en le faisant, parce qu'on se libère, parce qu'on s'amuse...
L'amitié, c'est comme la fraternité : Quelque chose de commun dont on se passe aisément.
C'est important quand on est peintre ou danseur, ou bien quand l'on représente l'art pour lequel on se passionne, de bien le représenter.
Quand on n'a pas de mémoire, on se répète : quand on en a, on répète les autres.
Le devoir : aimer ce que l'on se prescrit à soi-même.
Comment tuer la peur, me demandé-je ? Comment toucher au fantôme, comment le prendre à sa gorge de fantôme ? C'est une entreprise dans laquelle on se précipite en rêve et dont on se félicite d'être sorti comme un chien trempé, les membres frissonnants.
On se trompe souvent est estimant trop les hommes, mais rarement en les estimant peu.
Il en est des différentes formes de psychothérapie comme des religions ou des partis politiques : moins on en attend, mieux on se porte.
A la quarantaine, on se débarrasse des emmerdeurs.
À lire des livres de médecine, on se persuade toujours d'éprouver les douleurs dont ils parlent.
Ça vaut le coup de se fâcher avec quelqu'un si on le voit tous les jours. Parce que si on se fâche avec quelqu'un qu'on ne voit que tous les ans, ça vaut pas le coup, on n'en profite pas.
En jouant un rôle, il arrive qu'on se trouve soi-même.
Je crois que l'on devient ce que notre père nous a enseigné dans les temps morts, quand il ne se souciait pas de nous éduquer. On se forme sur des déchets de sagesse.
On s'enferme dans son silence ; on se fait coffrer dans ses paroles.
Mais on finit toujours par s'inventer une manière de faire face à l'absence. Au début, on compte les jours puis les semaines, enfin les mois. Advient inévitablement le moment où l'on se résout à admettre que le décompte se fera en années; alors on commence à ne plus compter du tout.
On vit avec l'idée qu'il peut se passer quelque chose de grave. On prend les transports en commun, on se met en terrasse pour fumer une clope, on va voir un concert. On va danser. Et on sait désormais que parfois, on ne reviendra jamais chez soi.
Si on ne maîtrise pas la chanson, on se retrouve dans le syndrome du chanteur constipé.
Elle ne voulait pas savoir le comment des choses, mais le pourquoi. Ce qui peut être gênant. On se demande le pourquoi d'un tas de choses et on finit par se rendre très malheureux, à force. Il vaut bien mieux pour cette pauvre fille qu'elle soit morte.