Avec trop, on se perd. Avec moins, on se trouve.
Après tout, on vit à l'époque du kleneex. On fait avec les gens comme avec les mouchoirs, on froisse après usage, on jette, on en prend un autre, on se mouche, on froisse, on jette.
Je suis venu ici ce soir parce que quand on se rend compte que l'on veut passer le reste de sa vie avec quelqu'un, on veut que le reste de sa vie commence le plus tôt possible.
Le vin fait parler beaucoup, et l'on se confie trop dans ces moments d'ivresse.
On n'est un zéro que si on se considère comme tel.
L'homme craint la vérité encore plus qu'il ne l'aime. Disons mieux ; il craint la vérité parce qu'il l'aime. Comme ces femmes trop belles qu'on se détourne de regarder beaucoup.
Nous ne vivons pas des temps ordinaires. La généralisation de la solitude est l'une des mutations les plus frappantes de l'époque. Je considère que les pouvoirs publics ont une responsabilité. Quand on fait le bilan des allocations, des aides de toute nature, on se rend compte qu'en réalité ils poussent les gens à vivre seuls.
Après une bonne querelle, on se sent plus léger et plus généreux qu'avant.
S'il a de longues cornes, on se méfiera même du plus doux des boeufs.
On dit souvent bien du mal de la bureaucratie, et moi tout le premier, mais ce jour-là j'ai dû reconnaître son mérite. Si l'on se met à manger le papier, c'est la bureaucratie qui nous fera vivre, car c'est elle la plus grande productrice de papier du monde !
Il n'y a qu'une seule façon de rester fidèle, c'est de garder une distance physique. Tant qu'on se tient à trois mètres du corps désiré, les chances que ça dégénère se réduisent considérablement.
Tant parle on qu'on se contredit.
On se trompe toujours en trouvant l'amour parce que c'est fait pour être cherché, tourner autour, en orbite.
Est-ce qu'on se connaît trop ? Non, jamais. On tente de se reconnaître et on finit avec un inconnu.
Le regard de l'ami devrait nous livrer notre propre image avec exigence. L'amitié se tiendrait alors dans une réciprocité sans faille, guidée par le même principe d'amour : le respect qu'on se doit à soi-même pour que les autres nous le rendent, naturellement.
Toujours nous trouverons qu'on se fait du tort en ne voulant pas faire simplement ce qui est juste et que telle est l'origine de tous les malheurs.
Quand on écrit ses mémoires, on se fait deux sortes d'ennemis. Ceux dont on parle. Et ceux dont on ne parle pas.
La sempiternelle dramaturgie des campagnes électorales : avant, on rêve, après, on se réveille.
La vie plus elle devient courte, plus on se dit qu'on ne l'a pas assez troussée de belle manière.
On ne peut regretter que ce qu'on se rappelle.
La condition de l'animosité, c'est l'ignorance du grief originel.On ne se souvient plus du pourquoi de l'animosité, on se contente de l'entretenir comme un feu, on réchauffe les braises.
Jusqu'à vingt-cinq ans, on est immortel, enfin on se croit immortel.
On se trompe presque à coup sûr quand on prétend résoudre ce calcul par l'application des données psychologiques déjà acquises, par une sorte de prolongement logique du caractère connu de la vie passée.
On se plaint d'être méconnu, tout en se croyant beaucoup plus connu qu'on ne l'est.
Jamais il ne s'était vu un coeur plus simple. Le langage moderne a déshonoré, autant qu'il a pu, la simplicité. C'est au point qu on ne sait même plus ce que c'est. On se représente vaguement une espèce de corridor ou de tunnel entre la stupidité et l'idiotie.
Vous souffriez donc pour avoir accepté les barbares ! Vous, que je pris pour intercesseurs, vous n'avez même pas compris la nécessité de l'isolement, le bienfait de l'univers qu'on se crée. Vous ignoriez qu'il faut être Un homme libre !
On se réfère au passé quand l'avenir ne fait pas rêver.
Par compassion on fait nôtre la misère des autres, et ainsi, en les soulageant, on se soulage aussi.
Au fond, on n'aime pas le bonheur. On tricote soi-même son désespoir, on se donne un mal pour ça !
On se comporte autrement lorsque l'on est artiste. On réclame autre chose. On est toujours conscient d'être à part. On décide seul de nourrir cette demande en soi.
On se préfère toujours à ce qu'on aime.
Très vite, on culpabilise, et ça n'arrange rien. Il y a les handicapés, les cancéreux, les sidéens, tous ceux qui viennent de perdre quelqu'un. De quel droit peut-on se sentir mal, être si mal ? Et puis c'est beaucoup plus stupide encore, mais on se sent vexé. On ne meurt pas.
Comment savoir si cette journée n'est pas la dernière ? On croit qu'on a le temps. Et puis, tout d'un coup, ça y est, on se noie, fin du temps réglementaire. La mort est le seul rendez-vous qui ne soit pas noté dans votre organizer.
Quand on est bien lesté, on se lève, on siffle les chiens, on arme les fusils, et on se met en chasse.
J'aime bien les artistes, mais du côté production, on se fade un paquet de crétins.
On se trompe souvent en estimant trop les hommes et presque jamais en les estimant trop peu.
Il arrive quelques fois qu'on se délecte d'un chagrin, qu'on s'en fait un jouet torturant qui ronge le coeur.
Certaines personnes pensent que le design se limite à l'apparence d'un objet. Mais en creusant un peu plus, on se rend compte qu'il s'agit de la façon dont il fonctionne.
L'affection que m'envoyaient les gens, j'avais l'impression que ça pouvait me guérir de tous les maux. C'est d'une telle force qu'on se dit: je suis immortel maintenant.
On se demande ce qu'il y a de nouveau. Il y a de nouveau que c'est toujours la même chose.
Jusque là, on se savait mortel, et tout à coup, on se sent mortel.
Pour la plupart des gens, l'amour est devenu une chose si ennuyeuse qu'on se met à plusieurs pour en venir à bout.
Si l'on songe à la stupidité des gens dans leurs agissements et à l'agrément de leur conversation, on se dit que tout le monde irait peut-être mieux s'ils parlaient davantage et s'ils agissaient moins.
On se donne comme on peut une existence, une durée, une sorte de gloire, une garantie contre la mort.
Personne n'est à l'aise si on se rappelle sans cesse le passé.
On ne se suicide pas parce que l'on est désespéré, on se suicide pour garder un peu d'espoir.
Il y a des hommes si intelligents qu'on se demande si quelque chose peut encore les intéresser.
Personne ne dit de soi, et surtout sans fondement qu'il est beau, qu'il est généreux, qu'il est sublime : on a mis ces qualités à un trop haut prix ; on se contente de le penser.
Le sommeil diurne est comme le péché de la chair: plus on en a eu, plus on le voudrait, cependant qu'on se sent malheureux, rassasié et insatiable en même temps.
Quand on s'est compris, on peut courir dans l'immense sphère armillaire et s'imaginer que, comme l'écureuil en cage, on joue, on se joue.